ACER
rateur la retire et Fochier indique même ce moyen pour fournir au pus une issue naturelle. Il est cependant nécessaire le plus souvent d'intervenir pour vider l'abcès et l’on ne doit pas craindre de faire alors une longue incision, qui permette à l’abcès de se déterger facilement: on obtient ainsi une cicatrisation beaucoup plus rapide. La ponction, même avec des trocarts de fort calibre, est à rejeter, elle est impuissante à évacuer le pus de ces abcès, qui est, le plus souvent, épais et grumeleux.
Il n'est pas indifférent d'ouvrir l’abcès à n'importe quelle période de son évolution. Une incision précoce, qui donne issue à la térébenthine, en fait avorter l’évolution et beaucoup de malades sont privés, par une intervention intempestive, des avantages de cette médication, si efficace entre des mains exercées. L'abcès doit être ouvert le plus tard possible, et seulement lorsque la fluctuation est très nettement perceptible ; ce qui, en général, ne se produit guère avant le cinquième jour. On ne perd rien à attendre : ces abcès n’ont aucune tendance à la résorption et sont parfois assez lents à se former.
Il est nécessaire de laisser évoluer un abcès aussi longtemps que la fièvre persiste; si l’on procède à l'incision avant que la défervescence ne se soit produite, il faut créer un nouvel abcès de fixation avant de vider le premier. « C’est là, a dit Fochier, une condition de fixation permanente ou plutôt continue, qui me paraît essentielle au succès de la méthode, dans les cas très graves ». |