LOU LS
les différents observateurs, son aspect macroscopique est très variable. Les uns parlent d'un pus louable, jaunâtre, crèmeux ; les autres d’un pus grumeleux, mal lié, semblable à celui des abcès froids. Nos observations personnelles nous ont montré que ces divers aspects dépendent, en grande partie, de l’époque où l’abcès est ouvert. Si l’incision est pratiquée de façon précoce, les éléments cellulaires et conjonctifs n’ont pas eu le temps de subir l’action des ferments protéolytiques développés par les leucocytes dans le foyer de suppuration ; le pus est grumuleux, formé d’une partie séreuse dans laquelle nagent des débris de tissu cellulaire mortifié, de graisse, des globules blancs et de nombreuses hématies. Sous l'action liquéfiante des diastases cellulaires, ces grumeaux disparaissent et le pus prend un aspect homogène, bien lié, analogue à celui des suppurations chaudes. Il est souvent franchement brun, lorsque des ruptures vasculaires ont permis l'épanchemenl de sang dans l'abcès. Si l'évacuation de l’abcès est tardive, l'opérateur se trouve en présence d’une masse de consistance pâteuse, parfois très ferme.
Dans certains cas, enfin, une infection secondaire vient modifier les caractères habituels de ces suppurations et lui donne un aspect caractéristique de l'agent infectant (staphylococcus pyogènes, aureus ; bacille pyocyanique, etc...).