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d’une compresse de gaze à une seule épaisseur ct prise dans le même lien élastique.
Les résultats que nous avons obtenus étaient analogues de ceux de Tarnier et Pinard, mais à la suite d’essais avec des tubes plus petits, nous fûmes frappé de constater que le débit ne restait pas proportionnel à la surface membraneuse, mais que plus le tube était petit, plus le débit relatif était considérable. L’emploi de liquide coloré nous permit de constater que surtout quand la pression était forte, il était impossible de s’opposer avec une simple fixation élastique au passage du liquide entre le verre et la membrane, même en employant un grand nombre de circulaires; c’est pour cette raison que la filtration relative était plus marquée pour une petite surface, car une aire circufaire a une périphérie proportionnelle d'autant plus grande que son diamètre est plus petit.
Nous nous sommes donc attachés dans une deuxième phase à nous opposer à ces fuites difficiles d’ailleurs à déceler, le liquide suintant par capillarité tout le long de la fixation. Nous avons enduit au mastic les bords de deux bocaux semblables, et après fixation de la membrane à l’un d'eux suivant la technique habituelle, nous avons renversé ce dernier sur l’autre en faisant exactement coïncider les deux goulots. La pression assurait la coaptation parfaite à tel point qu’il ne suintait extérieurement aucune gouttelette de liquide. En faisant l’expérience avec l’ensemble des membranes et en utilisant une hauteur d’eau de 22 centimètres (hauteur d’un utérus vers le sixième mois
de Ta grossesse), nous n’avons constaté qu’un écoule-
ment infime de liquide : 1 goutte s’écoulait toutes les 15 minutes en moyenne, avec des variations de 5 à 6 minutes suivant les membranes. L’amnios seul s’est révélé notablement plus perméable et la goutte mettait de 2 à 4 minutes, suivant les cas, pour s’écouler. Le débit dans un cas comme dans l’autre est toujours régulier pour une membrane donnée.
En employant des pressions variables à l’aide du sphygmo-manomètre branché à la partie supérieure du bocal, la filtration est plus rapide. Pour une pres- Sion de 1 centimètre de mercure la quantité double. Pour une pression de 5 centimètres de mercure, l’amnios laisse filtrer en moyenne 1 ou 2 gouttes à la minute.
Tarnier et Pinard prétendent avoir obtenu les mémes résultats avec du liquide amniotique. Nous nous élevons contre cette opinion : le débit pour une même membrane reste bien le même avec de l’eau et avec du liquide amniotique pendant un certain temps. Mais le sebum s’accumulant peu à peu obstrue les pores, même s’il est en petite quantité, et au bout d’une demi-journée la quantité de liquide qui filtre diminue au moins de moitié. Enfin le liquide filtré ne contient jamais ni sibum ni poils si une fausse manœuvre n’a pas amené de perforation des membranes.
Que faut-il penser de ces expériences ?
La surface employée pour la filtration représente environ le dixième de la surface totale des membranes (nous les avons toujours fixées avec une certaine tension). Si l’on rapporte le débit obtenu dans nos expériences au débit total qu’on aurait pu obtenir avec
CNE
l'ensemble des membranes, on arrive aux chiffres suivants : les membranes accolées laisseraient filtrer 4 à 5 centimètres cubes par 24 heures, l’amnios 24 centimètres cubes pour une pression de 22 centimètres d’eau et 120 centimètres cubes pour une pression de 5 centimètres de mercure.
Ces chiffres qui sont des chiffres moyens basés sur 24 essais de filtration, permettraient donc d'expliquer des hydrorrhées assez abondantes surtout si l’on admet que le chorion plus imperméable que lamnios, mais moins résistant, a pu se rompre après la formation d’un sac amnio-chorial.
Mais on est assez mal renseigné sur la pression qui peut régner pendant la grossesse à l’intérieur de l’utérus et déjà Stapfer prétendait à l’impossibilité de l’action d’une pression intrautérine. Pour lui, la paroi musculaire venant s’appliquer contre les membranes ferait office de bouchon et la force qui pourrait faciliter la transsudation, se contre-bouterait elle-même. La formation d’un sac amnio-chorial suffit cependant à prouver que le liquide peut transsuder en dehors de ses enveloppes, et au cours de nos expériences sur les deux membranes réunies, nous avons assisté de façon constante à la formation de ce sac, mais le volume en a toujours été très faible.
Nous pouvons donc conclure à la perméabilité surtout quand l’amnios reste seul en cause et l’observation d’hydrorrhée rapportée par Batbedat vient à l'appui de cette hypothèse. L’amnios et le chorion étaient en effet décollés, sur toute une moitié de leur aire,