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L'article déjà ancien mais fondamental de Bué sur les endométrites gravidiennes complété par les données modernes permet de distinguer deux formes l'endométrite inflammatoire, et l’'endométrite non inflammatoire. La forme classique est la forme inflammatoire ou subinflammatoire de nature infectieuse, sous la dépendance d’une gonococcie, d’une infection puerpérale ou gynécologique ancienne. Les membranes sont épaisses, irrégulières ; de gros lambeaux de caduque adhérent par places au chorion, manquent ailleurs; presque toujours, il y a des hémorragies soit récentes, soit plus anciennes, avec de gros caillots aplatis gris brunâtres et organisés. Le bord placentaire est épaissi, ayant l'aspect dit « Chateaubriand ». La margination est fréquente, des taches blanchâtres peuvent exister sur la caduque inter-utéro-placentaire, et parfois même le placenta est succenturié.
Au microscope on trouve de la congestion ou de la thrombose vasculaire, ou d’abondantes néoformations déciduales ; ailleurs, il y a des plaques de nécrose, des amas leucocytaires pouvant aller jusqu’à la formation de petits abcès ; ou bien on observe de petits kystes glandulaire : la présence de ces kystes et des caillots anciens organisés suffit à prouver que du liquide peut être produit soit par l’écoulement du sérum après la rétraction du caillot, soit par la sécrétion des glandes hypertrophiées et irritées. Des microbes : gonocoques ou colibacilles sont parfois décélables.
À cette forme classique, il convient d’opposer une endométrite non infectieuse qui se rapproche de ce
que les gynécologues décrivent sous le nom de « fausses métrites ». À l'examen microscopique, on ne découvre jamais de microbes, mais un aspect aréolaire plus marqué que normalement dans la couche profonde de la muqueuse, et, même dans la deuxième moitié de la grossesse, il y a des villosités choriales plus ou moins atrophiées, en nombre plus considérable que d'ordinaire, en dehors de l'aire placentaire où seulement elles devraient persister.
Pour bien comprendre la pathogénie de cette fausse endométrite, il faut avoir présentes à l’esprit les transformations successives qui se produisent au cours des premiers mois de la grossesse, dans l’état anatomique des membranes de l'œuf, et en même temps dans la muqueuse utérine. L’œuf des premières semaines fait saillie à l’intérieur de la muqueuse utérine, il est recouvert de toutes parts d’une muqueuse utérine modifiée par la grossesse, devenue hyperémiée, « succulente »; des cellules déciduales y sont apparues, grosses, bouffies, prenant mal les colorants. Le tissu chorial se ramifie, forme des villosités dont les propriétés érosives sont considérables, et.la sécrétion des cellules déciduales jointe à leur désagrégation et à l’arrosion de vaisseaux capillaires, provoque autour de l'œuf Ia formation d’une zone fibrineuse et hémorragique. C’est dans cette zone que les vaisseaux capillaires de l'embryon vont se développer. Certaines sillosités se fixent à la caduque ou sur des traînées de fibrine, ou sur le muscle utérin lui-même ; d’autres flottent librement dans le sang maternel.
Vers le début du troisième mois, la zone basale est