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particulièrement riche en villosités, et formera plus tard le placenta définitif. La zone opposée s’amincit, et on n’y découvre plus que très peu de villosités bien développées. À mesure que l'œuf grandit, la circulation de sang intervilleux disparaît dans cette zone, et le chorion prend un aspect chauve (chorion laeve). C'est à ce moment que la muqueuse utérine qui recouvre l’œuf, et forme la caduane réfléchie s’accole à la caduque vraie.
Parallèlement à la transformation du chorion, la muqueuse utérine primitivement épaisse, s’atrophie progressivement à mesure qu’on s'éloigne du placenta, et sa régression se poursuit depuis le deuxième mois jusque vers la fin du troisième.
Or cette atrophie parallèle du chorion et de Ia caduque capsulaire qui transforme le placenta « partout » en placenta zonulaire (Vignes) peut présenter des anomalies ; des plages assez importantes, ou de larges bandes restent bien développées, et continuent à augmenter pendant la grossesse. L’hypertrophie est diffuse, ou bien il y a formation de petites tumeurs kystiques ; c’est une véritable endométrite gravidique non infectieuse, dont l’origine est un dévelopement anormal de l'œuf. La cause de ce développement anormal doit être cherchée d’après M. le Professeur Vignes dans un trouble de fonctionnement des glandes à sécrétion interne. M. Vignes rapporte une observation de myxæœdème fruste traitée au moment de la conception par des extraits thyroïdiens en raison d’une fausse couche antérieure et de menaces de fausse couche au début, et au cours de laquelle sur-
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vinrent des pertes séro-hématiques. Au moment de la délivrance, l’adhérence des membranes nécessita une délivrance artificielle ; il s’agissait d’une endométrite représentant aucun caractère inflammatoire, mais des villosités choriales du type décrit au niveau des caduques jeunes.
À côté de cette origine thyroïdienne, M. Vignes invoque également une endométrite par hyperfonctionnement ovarien. Expérimentalement, il a reproduit à différentes reprises, chez le cobaye, à l’aide d’injections d’extrait ovarien les mêmes lésions observées par Duclos au cours de l’autopsie de la suicidée. D’ailleurs, on sait que de fortes doses d’extrait ovarien administrées pendant la grossesse peuvent entraîner Pavortement. :
L’hydrorrhée due à l’endométrite peut donc être de nature inflammatoire ou de nature trophique et, semble-t-il, sous la dépendance de troubles endocriniens.
E) Peut-elle exister en dehors des causes précédemment étudiées, et tirer son origine d'une muqueuse utérine saine en apparence ?
Des observations d’hydrorrhée avec intégrité absolue des membranes et de la caduque et avec persistance de l’écoulement après la grossesse obligent à admettre cette forme.
Bien que non limités au temps de la gestation, ces écoulements sont à citer ici car ils peuvent apparaitre à l’occasion d’une grossesse ou se continuer pendant sa durée. Comment les expliquer? Ils sont à rapprocher des hydrorrhées non gravidiques décrites par
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les gynécologues. Derville, dans sa thèse, invoque l’hypertonicité musculaire qui gêne la circulation de retour : le spasme peut parfois se produire à heure régulière, sur un terrain neuro-végétatif, ou du fait d’anaphylaxie, les relations étant intimes entre le sympathique et les organes génitaux. Mlle Contzarida pense que le sérum sanguin peut s’extravaser hors des vaisseaux altérés.
Pour M. le Docteur Cotte, le mécanisme relève surtout de crises vaso-motrices sous l'effet d’excitations réflexes, dont le point de départ peut être intracavitaire, ovarien, ou beaucoup plus éloigné.
Le fait, dit-il, que des crises d’hydrorrhée d’origine utérine peuvent alterner avec d’autres manifestations sécrétoires telles que des crises d’entérocolite, des crises d'asthme ou des poussées d’urticaire, montre qu’il faut chercher un trouble général de l'organisme : troubles endocriniens, sympathiques ou humoraux. L’écoulement utérin paraît souvent subordonné à une irritation directe ou réflexe du sympathique pelvien liée à un trouble de fonctionnement de l’ovaire, ce qui l’a amené dans les cas rebelles à faire une laparotomie. Etant intervenu 3 fois, et ayant trouvé 3 fois une ovarite scléro-kystique discrète avec un kyste folliculaire un peu plus gros, du volume d’une petite noisette, il a réséqué partiellement lovaire, puis le nerf présacré ; dans les 3 cas le résultat fut très satisfaisant. Le fait de l’association de ces deux résections ne permet pas de dire le rôle respectif de l'ovaire et du sympathique dans la physiologie pathologique de ces écoulements.
Dans l’une des observations que nous rapportons, l'écoulement avait un rythme mensuel trop net pour qu'on ne puisse pas mettre en cause un trouble de fonctionnement de l’ovaire ; et dans une autre observation, la reproduction de l’hydrorrhée 40 jours après le curettage prouve bien que le rôle joué par la muqueuse utérine n’était que secondaire.
OBSERVATION du Docteur B.-A. GOMEs (Résumé) (Gazette Hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie,. (juin 1855)
Une dame de 26 ans, mariée depuis 8 ans, avait eu autant de grossesses qu’elle comptait d’années de mariage. Toutes à l’exception de la deuxième s'étaient terminées par un accouchement naturel à terme. Elle aurait eu une affection rhumatismale dans son enfance, et plus tard un état chlorotique avec retard de la menstruation, qui avait fini par s'établir et se régulariser.
Durant la dernière grossesse, à la fin du sixième mois, elle eut un écoulement de sérosité vaginal, accompagné de quelques douleurs comme pour accoucher. Mais tout rentra dans l’ordre, la même perte se répéta plusieurs fois, mais sans douleur; elle arriva à terme, et accoucha régulièrement. Après l’accouchement, ces pertes se reproduisirent et furent surtout remarquées du troisième au cinquième mois. Leur début était brusque, elles se répétaient plusieurs fois dans la même journée et restaient encore quelques jours sans reparaître. Elles se montraient dans l'intervalle des époques, et plus fréquemment pendant les époques. Le flot de sérosité était
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toujours facile à distinguer du sang des règles. La quantité de sérosité évacuée chaque fois était évaluée à 12 onces et même plus. Souvent le liquide paraissait avoir été retenu dans l’utérus à en juger du moins par sa coloration plus foncée. En même temps, on notait chez la malade des phénomènes dyspeptiques et sympathiques : gonflement des mammelles, amaigrissement.
L’examen direct fit reconnaître que le vagin, le col et le corps utérins étaient normaux. Aucune tumeur n’était perçue. Les voies urinaires étaient en bon état et fonctionnaient régulièrement. Une analyse chimique et microscopique prouva du reste que ce liquide qui avait parfois l’odeur urineuse ne présentait pas les caractères de l’urine: sa réaction était nettement acide, il contenait des détritus d’épithélium abondants. Point de coagulum ni par la chaleur, ni par l’acide. Après évaporation on trouva des cristaux de chlorure de sodium, point de nitrate d’urée. Sous l'influence d’une petite quantité d'acide chlorhydrique, il ne se forma pas de cristaux d’acide urique. Quelques gouttes d’ammoniaque liquide, firent paraître immédiatement, sur le champ du microscope, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.
Nota. — La recherche de l’urée à l’époque où cet examen fut fait ne se pratiquait pas d’après les méthodes modernes qui, plus sensibles, auraient certainement montré sa présence en faible quantité.
OBSERVATION de VAN DER HŒVEN (tirée du Traité de VON WINCKEL)
L'examen d’un liquide d’hydrorrhée recueilli par Van der Hœven et rapporté par Winckel dans son Traité est à rapprocher du précédent ; il est également analogue à
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celui de notre dernière observation : Réaction neutre. Pas d’albumine. Densité 1.002. Sucre: présence. Absence d'acide urique, d’urates, d’oxalates, de cystine, leucine et thyrosine,
OBSERVATION due au Docteur TRILLAT (Inédite)
Mme T... présente une fausse couche en 1917 dans ses antécédents ; en 1921, au cours d’une grossesse, l’hydrorrhée apparaît très abondante, pendant les quatre derniers mois, atteignant 300 à 500 gr. par jour. Le placenta et les membranes ne présentent pas de lésions, Après une interruption de 3 mois, l’hydrorrhée reparaît mais moins abondante que pendant la grossesse.
En 1923, un curettage et une extirpation des annexes droites sont suivis de la reprise de l’hydrorrhée au bout de 40 jours.
En 1925 l’hydrorrhée qui persistait et se produisait surtout au voisinage des règles, cesse pendant le cours d’une nouvelle gestation. L'accouchement, la délivrance et le délivre sont normaux. Quarante-huit heures après l’accouchement, un nouvel écoulement de liquide se produit. Il persiste depuis. À l’examen, l’utérus a été trouvé un peu gros, douloureux, sans annexes perceptibles.
Cette hydrorrhée offre ce caractère particulier d’être apparue pendant une gestation et d’avoir persisté depuis, sauf pendant le temps d’une seconde gestation.
Le curettage et l’ablation d’annexe ont été sans effet.
OBSERVATION due à l’obligeance du D' PELLOTIER (Inédite)
Mme P.., actuellement âgée de 33 ans et qui jouit d’une bonne santé habituelle, eut trois premières grossesses normales.
En 1928, au sixième mois de sa quatrième gestation, elle perdit brusquement un demi-litre de liquide. Le D' Gaucherand consulté pensa à une rupture prématurée des membranes, mais la grossesse continua avec de temps en temps émission de liquide, d’ailleurs de moins en moins abondant. La perte était toujours précédée d’une tension douloureuse de l’hypogastre. En mai 1928, accouchement normal. L’examen du délivre qui ne fut pas fait au point de vue microscopique montra une caduque un peu épaissie, « frai de grenouille »; il y avait peut-être de l’endomeétrite.
Au moment de la réapparition de la menstruation (6e mois du nourrissage), les pertes, jusque-là absentes, recommencèrent, et pendant une dizaine de mois, l’hydrorrhée n’était constituée que par quelques cuillerées d’eau précédant l’émission du sang menstruel. Mais à la fin de 1929 l’écoulement peu abondant du début augmenta progressivement de durée et d'importance, à tel point qu’il commençait jusqu’à une semaine avant les règles et qu’il atteignait la quantité d’un demi-litre environ. Cette perte prémenstruelle survenait presque toujours le matin au lever et c’étaient les premiers pas qui la déterminaient. Elle était précédée généralement de coliques utérines.
L'examen de cette femme, pratiqué le matin au lit, avant l’accident, permettait d’apprécier l’augmentation de volume de l’utérus qui atteignait environ celui d’un
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utérus au quatrième mois de la grossesse. Après l’émission du liquide, l'utérus reprenait un volume normal et tout écoulement était généralement suspendu jusqu’au lendemain.
Près de deux ans après l’occouchement (juin 1930), l’hydrorrhée offrait toujours les mêmes caractères, et atteignait alors jusqu’à 1 litre 1/2 environ (la quantité fut souvent mesurée). En juillet 1930. le flux de liquide se produit comme d'ordinaire, mais aucune hémorragie ne lui succède. La malade commence à ce moment une grossesse, et jusqu’au sixième mois continue à perdre du liquide comme précédemment. À partir du sixième mois les coliques expulsives qui précèdent l’émission du liquide sont beaucoup plus fortes que pendant la période précédente, et affectent véritablement le type de douleurs d’accouchement. A l’occasion de l’hydrorrhée du huitième mois, le travail se déclencha et la malade accoucha (mai 1931) d’un enfant normal actuellement âgé de six mois. L'existence d’une poche des eaux fut vérifiée au début du travail. L'examen du placenta fut fait très soigneusement, et ne permit d'observer ni lésion macroscopique, ni lésion microscopique. En octobre 1931, la malade nourrit encore son enfant et n’a eu ni retour de couches ni hydrorrhée depuis son accouchement:
L'examen chimique du liquide était le suivant. Réaction neutre au tournesol. Résidu fixe à 100° : 4 gr. 52 par litre. Urée, 2 gr. 10. Chlorure de sodium, 2 gr. 05. Phosphates : traces nettes. Sulfates, 0. Ammoniaque et acides aminés, 0 gr. 106. Albumine vraie, traces légères. Albumose, peptone et sucres réducteurs, 0.
A l’examen microscopique : ni leucocytes, ni hématies.
Le liquide fut prélevé, pour cette recherche au deuxième mois de la dernière gestation,
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