‹ Étude Clinique des Hydrorrhées GravidiquesChapitre 9 sur 30 · BE 5 3 ES · texte numérisé non relu

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bles que dans les cas de grossesse du même âge, signe de peu de valeur, soit une diminution de la hauteur utérine par rapport à l’examen précédent, signe de plus d'importance.

Quant au palper, plus difficile que normalement, il permet d'apprécier que le corps utérin se moule sur le fœtus et surtout qu’on ne peut plus percevoir de ballottement fœtal ou céphalique.

Mais avant tout, c’est l'examen du liquide qui doit être pratiqué; on peut le recueillir soit en exprimant les garnitures (cette méthode est mauvaise, car on n'obtient que du liquide souillé ou plus ou moins filtré par les linges), soit en le recevant dans un bassin placé sous le siège de la femme après un lavage vulvovaginal.

D'après Ernst Philippe, Doderlein se sert d’un tube spécial dont nous n’avons pu nous procurer la description. Il serait bon d'employer un tube de ce genre pour éviter les souillures vaginales, vulvaires ou anales du liquide.

Le liquide obtenu présente tous les caractères du liquide amniotique, c’est un liquide clair et légèrement teinté en jaune vers le milieu de la grossesse, puis il va en se troublant progressivement à partir du 5° mois: il devient opalescent et ressemble alors assez bien à de l'eau savonneuse ; comme elle, il est lubrifiant ; son odeur est fade et rappelle vaguement celle du sperme ; il n’empèse pas ou très légèrement le linge, et laisse à la périphérie de la tache une auréole peu marquée. Sa réaction est neutre ou légèrement alcaline ; son poids spécifique est en moyenne de 1.008.

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Les analyses de Fehling et de Prochownik, confirmées par Bar et Belloy, Labat ct Favreau, signalent des écarts possibles jusqu’à 1.002 et 1.015. Il y a 13 gr. à 13 gr. 5 d'extrait sec par litre et 984 à 994 grammes d’eau, 6 à 8 grammes de cendre, 4 à 8 grammes de substances organiques, dont 2 gr. 5 d’albumine, 0 gr. 28 .d’urée en moyenne, 5 à 7 grammes de chlorure de sodium, 0 gr. 70 d’acide phosphorique, 3 gr. 8 de soude, 1 gr. 5 de chaux, 0 gr. 2 de potasse ; l’acide urique, la créatine, l’histidine, la lysine et l’allantoïne sont en très petite quantité.

C’est une composition moyenne susceptible de variations parallèles à la croissance du fœtus, car on admet que le liquide sert d’'émonctoire au fœtus et, en particulier, d’émonctoire urinaire ; aussi la quantité de chlorure de sodium augmente-t-elle vers la fin de la grossesse. Ce liquide hypotonique, par rapport au sang de la mère, a un point de congélation de 0,51 en moyenne, avec des variations de 0,54 à 0,44 à la fin de la grossesse.

Les caractères les plus distinctifs du liquide amniotique sont fournis par l’examen microscopique après centrifugation. On y trouve en effet du sebum et des poils fœtaux. Le sebum ou « vernix caseosa », d’autant plus abondant qu’on se rapproche davantage du terme, mais qui existe dès le 5° mois, tire son origine de la sécrétion cutanée du fœtus ; il se présente sous forme de gouttelettes réfringentes. Quant aux poils, leur aspect a été récemment bien décrit par Ernst Philippe ; ces poils de lanugo sont dépourvus de pigment, pointus à une extrémité, et ne sont pas tordus

sur leur axe. Ils sont d'apparition plus tardive que le sebum. Ce dernier doit faire l’objet d'examens répétés en cas de recherches négatives ; des prélèvements successifs révèlent toujours sa présence si l'œuf est ouvert.

La rupture prématurée des membranes aboutit presque toujours au déclenchement rapide de l’accouchement dans les heures ou dans les jours qui suivent et, signe capital, à aucun moment du travail, il ne se forme de poche des eaux.

Cependant l'utérus tolérant peut ne pas entrer en contraction, et alors l’hydrorrhée persiste pendant longtemps; Bar en a observé pendant 52 jours ; Maygrier, 62 jours ; Kehrer, 63 jours ; Dubrisay, 112 jours. Le docteur Rhenter en a présenté un cas récemment à la Société de gynécologie et d’obstétrique de Lyon, dont nous donnons un résumé plus loin : le début de l'écoulement fut constaté 80 jours avant Paccouchement qui survint lui-même une quinzaine avant le terme normal.

D'ailleurs, pour Neugebauer, le liquide amniotique n’est pas indispensable au fœtus, et l’enfant à la naissance ne présente pas de tare ; les pieds bots seraient pourtant plus fréquents.

Cependant l’accouchement, qui se fait plus ou moins à sec, est long et douloureux. Si la longueur du temps écoulé entre la rupture des membranes et l’accouchement ne semble pas augmenter les chances d’infection, en revanche la prolongation du travail en augmente les risques pour la mère et l’enfant, et font proscrire les explorations vaginales répétées.

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L'étude d’une hydrorrhée ne finit pas à l’accouchement; il est extrêmement utile de rechercher sur le délivre des modifications possibles, en rapport avec cette rupture prématurée. Nous verrons (chapitre pathogénique) qu’on peut trouver soit un placenta praevia, soit des signes d’endométrite ou bien on ne trouve rien autre que l’orifice de rupture. Si l'écoulement date de peu de temps, le passage de l'enfant a agrandi l’orifice, et rien ne décèle son emplacement primitif. Au contraire, dans le cas de rupture ancienne, il se produit, comme Vermeulen l’a décrit, un retroussis particulier de l’amnios dont Ie bord déchiré va rejoindre le bord du chorion; ce bord, au lieu d’être irrégulier, présente au contraire, un aspect net et un petit cercle blanchâtre le limite, il s’agit d'un processus de cicatrisation qu'on peut vérifier à l'examen histologique.

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