‹ Etude Clinique et Expérimentale des EntéritesChapitre 15 sur 57 · OBSERVATIONS PERSONNELLES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PERSONNELLES

Voici quelques exemples d’appendicites survenues au cours de ces états infectieux mal déterminés, parfois

décorés à tort du nom de grippe.

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Obs. IV (résumée). — R..., 14 ans, collégien, appartenant à une famille médicale et pour cela scrupuleusement observé, se met à pleurer un soir sans raison. Interrogé, il dit qu'il est fatigué. Ni céphalée, ni fièvre, pas de coryza, pas d'otite, pas de vomissements, de constipation, ni de diarrhée, pas de douleurs abdominales. Il se couche de bonne heure. Le lendemain, bien que fatigué, il se rend au collège une partie de la journée. Le surlendemain, douleurs abdominales, appendicite très nette qui, quelques jours après, évolua vers une forme hyper-toxique avec vomito-négro. Opération d'urgence (Jalaguier). Guérison.

Ces phénomènes initiaux dont je fus le témoin ont été extrêmement légers; ils eussent sans doute passé inaperçus dans un milieu non médical.

Le cas suivant, observé par un de mes collègues d’une manière particulièrement précise, appartient vraisemblablement à une septicémie aussi atténuée que possible et est de même ordre.

Obs. V (résumée). — Y.., jeune femme de 26 ans, se plaint d’une légère céphalée le soir et d’un peu de fatigue insuffisante pour l'empêcher de vaquer à ses occupations pourtant faligantes. Aucune douleur abdominale, la température west pas prise. Le lendemain, au réveil, point appendiculaire avec défense de la paroi; pas de nausées, pas de vomissements. Le surlendemain, frissons généralisés, puis apparition d’un érysipèle de la face qui guérit sans complicaüon. L'atteinte appendiculaire fut d’ailleurs très légère. La filation est donc la suivante : septicémie, appendicite, érysipèle. La seplicémie était extrêmement atténuée et serait sûrement passée inaperçue si elle n’avait atteint l'appendice.

Quelques mois après, j’observe avec Abrami un cas comparable à l'hôpital Claude-Bernard.

Obs. VI (résumée). — 7Z.., femme de 30 ans, souffrante depuis 4 ou 5 jours entre à lhôpital pour érysipèle de la face datant de la veille. Le lendemain de son entrée, 5° jour de son infection, 2° jour de son érysipèle, cette femme se plaint de douleurs abdominales localisées au point de Mac Burney. L'appendicite était évidente, l’évolution fut bénigne.

Ce sont ces derniers faits qui nous ont engagé Abrami et moi à démontrer expérimentalement l’origine sanguine possible de certains érysipèles. La coexistence d'érysipèle avec l’appendicite est particulièrement intéressante car on peut vraisemblablement rattacher l’appendicite à une septicémie, de nature streptococcique ou autre, extrêmement légère et qui serait passée inaperçue si elle ne s'était localisée à la fois sur l’appendice et dans le derme.

À ces cas on peut ajouter le cas classique de Gambetta. Déjà Tripier et Paviot (127) l'avaient considéré comme un cas d’appendicite hématogène et le fait nous semble, sinon évident, du moins possible. On connaît l’histoire de la blessure et de la maladie de Gambetta : Gambetta est blessé à l’avant-bras par une balle de revolver; la plaie s’infecte, reste longtemps avant de se cicatriser. À ce moment une douleur abdominale apparaîit pour laquelle on pose le diagnostic de typhlite. Gambetta y succomba le 31 décembre 1882, à 11 h. 55

du soir (1).

(1) Voici, à litre de document, le protocole d'autopsie :

« L’autopsie en présence de tous les médecins consultants de ces derniers « jours, auxquels on avait adjoint M. Brouardel, a fail constater :

(Journal des Débats mardi 2 et mercredi 3 janvier 1883).

{0 — « Une inflammalion ancienne de l'intestin ayant produit un rétrécissement de la terminaison de l'intestin grêle et de la valvule iléo-cæcale;

Appendicite de la grippe.

Très fréquents sont les cas d’appendicite observés au cours de la grippe. En voici trois que nous avons récem-

ment observés :

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