‹ Etude Clinique et Expérimentale des EntéritesChapitre 19 sur 57 · SA EL MERE · texte numérisé non relu

SA EL MERE

Il conviendrait donc de tenir compte dans l'équilibre organique du sujet de la quantité de glycose fécal.

Nous avons recherché encore le glycose chez 5 malades des services de MM. Achard, Barth, Landouzy et Rénon : 3 grands glycosuriques et deux glycosuriques modérés ; aucun n’avait de sucre dans les matières fécales, en quantité cliniquement appréciable. Aucun, il est vrai, du moins au moment où nous les avons étudiés, n'avait de diarrhée. Chez trois de ces malades un purgatif ne provoqua pas d'élimination intestinale de sucre.

Chez un autre malade tuberculeux pulmonaire et intestinal et très petit diabétique (glycosurie intermittente ne dépassant jamais 30 gr.) nous n’avons pas, malgré qu'il fut atteint de diarrhée, pu constater de glycosentérie. Mais dans ce cas la diarrhée nous a paru être sous la dépendance de l’entérite.

On peut donc se demander si la diarrhée chez les diabétiques n’est pas une véritable défense de l’organisme, un des modes d'élimination du glucose trop abondant pour que le rein, souvent adultéré, y suflise.

Ainsi envisagée, la diarrhée des diabétiques serait une véritable fonction vicariante de la fonction rénale et on pourrait la comparer à la diarrhée et aux vomissements des urémiques dont les travaux de Widal et de Javal ont bien précisé le rôle. Ce n’est là encore, puisque d’un seul cas on ne peut tirer aucune conclusion, qu’une hypothèse, mais différents faits expérimentaux, dont le détail sera exposé plus loin, nous permettent d'admettre le bien-fondé de cette induction.

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Entérite des intoxications exogènes.

Un certain nombre d’intoxications exogènes peuvent également déterminer l'apparition d’une entérite. Les coliques de plomb des saturnins de pathogénie si complexe, en sont peut-être une manifestation mais le type en est donné par l’intoxication hydrargyrique qui détermine fréquemment des troubles gastro-intestinaux parfois très sérieux. Les lésions produites par les sels mercuriels injectés sous la peau ou absorbés, sont presque identiques. Les lésions prédominent non pas toujours il est vrai mais le plus souvent sur le gros intestin et produisent de véritables lésions dysentériformes. Les symptômes sont ceux de la nécrose intestinale : diarrhée glaireuse et sanguinolente et l’observation d'Oettinger et Fiessinger (83) est à ce sujet particulièrement intéressante.

Quant à l'observation de Gilbert et Herscher, elle a la valeur d’une expérience.

À la suite d’une ingestion de sublimé corrosif, un malade est atteint de troubles digestifs intenses et meurt rapidement.

À Pautopsie, les lésions prédominent en deux régions, d’une part au niveau des voies digestives supérieures — fortement atleintes par le contact direct de la substance chimique, d'autre part au niveau du dernier segment intestinal. — Par contre, le segment intermédiaire le jéjuno-iléon est intact. Ce fait ne peut s'expliquer que par la résorption du toxique au niveau des voies diges-

tives supérieures et par son élimination au niveau du gros intestin.

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