FENETRE
Dans le même ordre de faits Launoïis, cité par Trémolières (125), a constaté des lésions d’entérite glaireuse chez des femmes qui prenaient des injections de sublimé.
Somme toute, la stomatite, la salivation, les vomissements sanglants, la diarrhée dysentériforme ne sont que les symptômes échelonnés en quelque sorte tout le long de tube digestif. Is manifestent l’irritation du même appareil, l’'émonctoire intestinal, et peuvent être ainsi homologués aux symptômes observés au niveau de l’émonctoire urinaire.
Les troubles de l’intoxication hydrargyrique expérimentale sont encore plus précoces puisque Noël Fiessinger (178) les a signalés dès la sixième heure. Almaqvist (172) en a bien précisé les différentes modalités en montrant les rapports qu'elles affectaient avec l'élimination hydrargyrique.
Les mêmes troubles se produisent après intoxication par le bismuth. Dans l'observation de Savariaud, citée par Ribadeau-Dumas et Harvier (15), un jeune garçon atteint de fistule tuberculeuse soignée par la méthode de Beck (injection dans le trajet fistulaire de pâte bismuthée) présenta peu d’heures après l’intervention une enté-
rile ulcéreuse.
De cette courte étude résumée ressort, je crois, ce fait que la plupart des infections ou des intoxications peuvent s'accompagner de manifestations intestinales.
Ces manifestations intestinales, tantôt sont généralisées à tout le tractus digestif, tantôt sont localisées à
Mo
tel ou tel segment en particulier à l'appendice, véritable région pathologique de l'intestin.
Si parfois elles ne constituent qu'un épiphénomène dans l’histoire de l'infection, souvent par contre, ces manifestations intestinales par leur fréquence et par leur gravité dominent tout le tableau clinique. Aussi est-il difficile d'admettre que l'intestin ne Joue qu'un rôle passif dans la lutte anti-infectieuse où anti-toxique. Nous croyons que son rôle est plus important et plus actif qu’on ne l’a cru jusqu'ici. N’en est-il pas de même pour le rein et la participation presque fatale de cet organe aux différentes luttes microbiennes ou toxiques dont notre organisme est le théâtre, n’a-t-elle pas fait admettre par tous les auteurs que si le rein pouvait être dans quelques cas, et combien rarement cependant, touché primitivement ou par voie ascendante, sa pathologie était presque entièrement sous la dépendance de sa fonction d'élimination toxique et bactérienne. De même l'intestin peut être lésé primitivement, entérite primitive, mais souvent il ne l’est que secondairement et logiquement on peut se demander si cette atteinte si fréquente n’est pas liée à sa fonction d'élimination, méconnue par la plupart, entrevue par quelques-uns. C’est cette étude qu'expérimentalement nous avons tentée. Nos recherches ont porté sur les deux grandes éliminations :
Elimination bactérienne.
Elimination toxique.
Ces deux séries d'expériences ont été faites l'une en
collaboration avec Saint Girons (163), la deuxième avec
Grigaut (182).