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sur nos expériences un premier fait se dégage. C’est la prodigieuse fréquence avec laquelle s’éliminent les bacilles par l'intestin. Cette élimination est précoce, parfois dès la trentième minute. Plus précoce que l’éliminaton urinaire, elle se poursuit tant que dure la septicémie. Elle se fait le long du tractus digestif mais tandis qu'avec le pneumocoque elle n’est pas systématisée à telle ou telle partie du tube digestif encore que l'élimination -duodénale nous ait paru plus fréquente, l'élimination du bacille d'Eberth semble se localiser au niveau de l’appendice; celle du bacille dysentérique n’existe guère que dans le gros Intestin et l’appendice. Pour le streptocoque elle est maxima au niveau de l’appendice et accessoirement au niveau de l’estomac ou du duodénum, s'effectuant, ainsi qui me l’a fait remarquer Ribadeau- Dumas, au niveau des deux points du tube digestif le plus souvent malades (ulcère gastrique ou duodénal et appendicite).
Cette élimination microbienne détermine-t-elle des troubles fonctionnels ? À notre avis, la question n'est pas douteuse. La plupart des animaux qui ont donné des résultats positifs ont présenté de la diarrhée parfois très marquée et je ne crois pas avoir rencontré de diarrhée chez les animaux qui n'éliminaient pas de bacilles; mais assez souvent cependant l'élimination bien qu'indiscutable n'avait pas déterminé de diarrhée.
Pour que cette élimination se fasse 1! n'est pas nécessaire qu'il y ait des lésions, le streptocoque ou le bacille d’Eberth s’éliminent avant que les ulcérations ne se manifestent.
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L'élimination peut se faire somme toute par trois processus.
1° Par l'intermédiaire des globules blancs.
2 Beaucoup plus souvent elle se fait directement sans l'intervention des éléments mobiles rien que sous l'influence des cellules glandulaires. Ce mécanisme sur lequel avec Abrami et Saint Girons nous avons déjà insisté dans notre étude sur les éliminations de bacilles par le pancréas est, je crois, fondamental; il n’est pas différent de celui qui caractérise l'élimination des particules d'encre de Chine dont nous avons pu sur l'intestin comme sur le pancréas contrôler l’existence (1). Nous avons essayé de l’apprécier in vitro en étudiant la phasocytose des bactéries et des levures par les cellules intestinales. À diverses reprises nous avons cru pouvoir la constater ; jamais cependant nous n’en avons eu la preuve absolue.
3° Dans d’autres cas enfin, c’est à la faveur des lésions anatomiques que s'effectue le passage des bactéries et ces lésions au bout d'un certain temps existent toujours. Tantôt elles sont du type ulcéro-nécrotique, tantôt elles appartiennent à la série congestive ou hémorragique et de ces lésions dépend un troisième mode d'élimination microbienne mais il est accessoire. Ce n’est pas parce qu'il y a lésion qu'il y a exode bactérienne intestinale, c'est parce qu'il y a élimination microbienne qu'il y a lésion.
(1) Ge mécanisme me semble devoir être rapproché de celui que Heymans vient d’éludier sous le nom de ullra-diapédèse. L'ultra-diapédèse est la propriété qu'ont la plupart des microbes de traverser dans certaines conditions
les filtres et les ultra-filtres dont les pores sont plus petits qu'eux par mouvements plasmodiques et surtout par multiplication.
Dans l'effort que fait la muqueuse intestinale pour débarrasser notre organisme de tous les germes pathogènes en circulation (car tout se passe comme si cet effort existait réellement ce qui excusera cette expression quelque peu finaliste) les cellules glandulaires et le tissu folliculaire sont lésés par le passage incessant des bactéries. Le résultat est obtenu mais la victoire est achetée au prix de lésions multiples — entérite simple, appendicite, ulcus gastrique ou duodénal —; c'est une véritable « victoire à la Phyrrus », le but est atteint mais des lésions se sont constituées qui permettent à l'infection de prendre parfois sa revanche. Tantôt en effet renforcée par des apports microbiens incessants que la septicémie initiale déverse à ce niveau, cette élimination persiste et s'exagère, tantôt, grâce à ces lésions, une infection d’origine intestinale vient renforcer la septicémie d’origine sanguine et par un mécanisme complexe, dont par ailleurs nous avons précisé les termes, l'infection devient multiple, surajoutant à la première phase uniquement sanguine un nouvel épisode d’ordre intestinal qui évoluera dès lors pour son propre compte.
Ainsi l’expérimentation confirme la clinique. La chnique nous enseigne en effet la fréquence des entérites au cours des septicémies. L'expérimentation montre que l'élimination des bacilles par l'intestin est un fait constant. Celle-là nous donne des exemples multiples d’appendicite secondaire à ces mêmes septicémies, celle-ci nous permet d'affirmer que l’appendice est par excellence
organe éliminateur de microbes.