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ELIMINATION DES TOXINES PAR L'INTESTIN

Malgré l'intérêt que présente cette étude, elle n’est encore qu'ébauchée ce qui tient sans doute à la difficulté de l'expérimentation.

A peu près seul Roger (206) étudia be troubles digestifs consécutifs à l'injection de toxines et il vit que les toxines du coli-bacille et du bacille dysentérique injectées dans la veine provoquaient une diarrhée presque immédiate. C'était d’une façon indirecte à la fois et élégante, démontrer que les toxines s’éliminent par l’intestin.

Toutes nos expériences tendent en effet à faire admettre que la diarrhée est le signal-symptôme qui indique l'élimination des différents agents toxiques, ou microbiens. L'élimination des toxines, des toxiques, des microbes par le tube digestif provoque de la diarrhée comme l'élimination du glucose par l'urine entraîne la polyurie, comme la salivation est entretenue par l’élimination de sels mercuriels ou de chlorate de potasse. Au contraire, la formation et la présence de toxines dans le tube digestif quotidiennement élaborées et éliminées ne

déterminent aucun trouble intestinal: même chez les animaux de laboratoire

lapin et chien en particulier — il est difficile de provoquer de la diarrhée par ingestion de toxines.

Au contraire, l'injection intraveineuse des toxines les plus variées, en particulier celles qui proviennent des microbes intestinaux, produit la diarrhée, même à doses minimes.

D'ailleurs la clinique ne nous montre-t-elle pas chaque jour la fréquence de la diarrhée dans des affections bacillaires qui restent localisées. Il est même probable qu'un certain nombre d'états intestinaux que nous avons considérés comme étant liés à l'élimination de microbes, dépendent des endoloxines restées adhérentes aux corps bacillaires; la preuve en est d’ailleurs bien difficile à donner.

Employant une autre méthode, divers auteurs sont arrivés aux mêmes: résultats. Charrin avec sa toxine pyocyanique, Courmont et Doyon avec la loxime diphtérique, Teissier et Guinard (209) avec la toxine du pneumo-bacillus liquefaciens bovis d’Arlomg ont pu reproduire des lésions, voire mème des hémorragies intestinales.

Par un autre procédé que nous détaillerons en étudiant l'élimination des toxiques, Langer a montré que la curarine, la toxine diphtérique et les hétéro-albumines s’éliminaient par la muqueuse intestinale.

Au contraire pour lui la toxine télanique ne s'élimine

pas.

L'élimination des anticorps qui, à certains égards

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peuvent être considérés comme de véritables toxines, a fait également l’objet d'un certain nombre de recherches.

Wassermann, Vagedès, Behring et Kitashima, sans d’ailleurs bien préciser leur méthode, ont admis que l'élimination des anti-toximes se faisait par l'urine ou le tube digestif et qu’elle était précoce.

Ces faits peuvent être comparés à ceux de Blumenfeld (132) qui observa l'élimination des agglutinines par les glandes sudoripares, à ceux de Widal et Sicard (213), de Landouzy et Griffon (187) sur le passage des agglutinines par la glande mammaire.

Les expériences que j'ai tentées en vue de démontrer l'élimination de toxines etd’anti-toxines par le tube digesüf sont peu nombreuses. Je n’ai expérimenté qu'avec la toxine et l’anti-toxine tétaniques.

Avec la toxine tétanique une seule fois dans deux séries d'expériences j'ai cru pouvoir en déceler le passage dans l'intestin. |

Avec l’anti-toxine tétanique je n'ai eu que des résultats négatifs, on ne peut cependant pas invoquer une fixation de l’anti-toxine, sur la muqueuse intestinale puisque dans d’autres séries d'expériences — non encore publiées — J'ai vu que les macérations aseptiques de muqueuse intestinale (de fœtus de lapins à terme) ne neutralisaient point celte anti-toxine, mais ces faits ne sont pas décisifs et demandent d’autres recherches.

D'ailleurs dans ces expériences on se heurte à des difficultés d'ordre technique presque insurmontables.

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