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CHAPITRE PREMIER

ENTÉRITES INFECTIEUSES

Les entérites infectieuses se présentent en clinique sous deux formes différentes :

Tantôt l’entérite est généralisée, diffuse ou totale, c’està-dire occupe la Lotalité ou la presque totalité de l’intestin; c’est le cas de l’entérite typhique ou morbilleuse par exemple.

Tantôt l’entérite est localisée, ou parüelle, et le type en est donné par l’appendicite.

Cette division, artificielle en expérimentation, est capi-

tale en clinique. A. — Entérites diffuses.

L'entérite est à peu près constante dans les infections aiguës, assez fréquente au cours des infections subaiguës et presque toujours au cours d’une infection chronique (tuberculose, par exemple) elle se manifeste à un moment de l’évolution morbide.

En voici le tableau analomo-clinique résumé :

OO

Anatomiquement ces entérites hématogènes peuvent se présenter sous des aspects très divers :

Entérite épithéliale dans le choléra, la rougeole, l’érysipèle ;

Entérite congestive avec piqueté hémorragique ou teinte hortensia, dans la rougeole, la pneumonie, etc.

Entérite membraneuse {ancienne entérite exsudative des auteurs français, entérite croupale des auteurs allemands) dans certaines formes chroniques.

Entérite se localisant surtout sur l'appareil lymphoïde ; c’est le type que réalisent surtout la typhoïde et aussi la scarlatine, la variole, la streptococcie, la pneumonie.

Entérite ulcéreuse comme dans la dysenterie, la tuberculose, parfois la variole. :

Entérite phlegmoneuse, véritable abcès intra-muqueux, exceptionnel d’ailleurs, dans la pneumonie.

Entérite sténosante comme dans certaines formes de tuberculose et de syphilis.

Entérite hypertrophiante enfin, dans la tuberculose et dans certaines mycoses.

Cliniquement ces entérites, bien que d’étiologie et d'évolution différentes, ressemblent, à quelque nuance près, aux entérites primitives.

La diarrhée est le symptôme fondamental; elle ne manque qu'exceptionnellement. D'autant plus marquée que l’entérite est plus forte, elle augmente ou diminue avec elle. Les selles sont plus ou moins nombreuses; en général, elles sont au nombre de huit à douze.

Parfois muqueuses ou glaireuses, surtout chez les jeunes enfants, elles peuvent être bilieuses, mais plus

souvent elles sont de coloration brunâtre, d’'odeur extrêmement fétide traduisant ainsi un état de fermentation intestinale particulièrement intense. L'examen bactériologique des matières fécales le prouve non pas chez l'adulte, car chez lui la numération des bactéries intestinales et l'étude de leur virulence ou de leur toxicité sont quasi-impossibles, mais chez le nourrissOn.

On sait en effet depuis les recherches de Tissier que les selles des enfants nourris au sein et à l’état de santé ne contiennent qu'un petit nombre de variétés microbiennes, tandis qu’au cours d'une entérite, telle que l’entérite morbilleuse par exemple, la flore devient polymicrobienne. Or, les recherches faites par M. Pierre Teissier (16) à l'hôpital Claude-Bernard, auxquelles il a bien voulu nous associer, ont montré, chez l'enfant nourri au sein, moins peut-être il est vrai que chez l'enfant au biberon, la fréquence des spirilles intestinaux associés d’ailleurs le plus souvent à d’autres espèces microbiennes témoins peut-être même agents d’une infection intestinale intense.

En même temps qu'elle montre le degré et la nature de cette infection, l’analyse microscopique peut mettre en évidence le décapage de la muqueuse et le cytodiaonostic des matières fécales permet de grouper ces entérites, comme les néphrites, sous les trois chefs sui-

“vants :

Entérites diapédétiques (à leucocytes);

Entérites dégénératives (à cellules épithéliales);

Entérites congestives (à globules rouges).

De plus existent souvent des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien qui, ainsi que l’a fait remarquer Damaschino (6), n’appartiennent pas uniquement à la dothiénentérie comme on l'avait cru autrefois.

Les douleurs sont variables et peuvent affecter deux formes : continues ou paroxystiques.

La douleur continue est une douleur sourde, une sorte d’endolorissement permanent que la pression augmente dans des points variables suivant le siège de l’inflammation intestinale.

Les douleurs paroxystiques, connues sous le nom de coliques, sont surtout marquées quand le gros intestin est malade; elles sont en effet fonction de la contraction intestinale bien plus intense au niveau du côlon à musculature épaisse qu’au niveau de l'intestin grêle, dont les plans musculaires sont minces. Le siège de ces douleurs est assez différent suivant les cas : le côlon souffre-t-il? La douleur se présente sous forme de barre épigastrique ou bien encore c’est au niveau d’un des angles coliques, au niveau des fosses iliaques, droite, quand 1l y a participation du cæcum, gauche quand l’anse sigmoïde est touchée, qu'elle est maxima. L’intestin grêle est-il seul malade? La douleur prédomine dans la région péri-ombilicale. À ces douleurs paroxystiques, on peut rattacher le ténesme anal si fréquent dans les rectites et fonction de la contraction spasmodique du sphincter anal. D'ailleurs ces douleurs peuvent ne pas exister et elles sont loin d’être aussi fortes dans les entérites diffuses que dans les entérites localisées, Très fréquemment, en même temps que les coliques,

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