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existent des borborygmes ou bruits aériques, indices de la contraction vive de l'intestin.
L'hémorragie intestinale tantôt microscopique, tantôt assez ‘abondante, tantôt quasi foudroyante traduit le plus souvent une ulcération, mais parfois n’est que l'indice d’un état congestif de la muqueuse. C’est un symptôme grave, par lui-même et par la perforation, non exceptionnelle, qu’il peut annoncer.
L'’abdomen est d'ordinaire ballonné mais ce ballonnement n’est, ainsi que le fait remarquer Damaschino, presque jamais partiel même lorsque l’entérite n’occupe qu'une portion de l'intestin. Ces gaz qui ballonnent l'abdomen sont sous la dépendance de la paralysie intestinale mais ils sont produits en plus grande abondance par les fermentations intestinales exagérées.
Parfois, mais non toujours, à ces symptômes intestinaux se surajoutent des symptômes gastriques : vomissements et gastralgie, symptômes inconstants d’ailleurs. Quant aux autres phénomènes : langue saburrale, anorexie, fièvre, etc., ils dépendent aussi bien de l’intoxication générale que de l'infection intestinale; aussi n'est-il point nécessaire d'y insister.
L'évolution est assez variable : tantôt l’entérite est éphémère, tantôt parallèle à la maladie causale, elle en suit le cours et le décours; tantôt et ceci dans les formes intestinales des grandes infections, elle semble résumer les symptômes de l'infection qui évolue alors comme une entérite ; tantôt enfin elle aboutit à la mort par complication, en particulier par hémorragie ou perforation intestinales. Mais, et nous insistons sur ce point,
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l'entérite même après sa guérison apparente laisse par-
fois un certain degré d’entérite chronique et, particulièrement chez les enfants, ces lésions chroniques,
séquelles de l'infection aiguë, assombrissent le pronostic lointain.
On peut, dans l'étude de ces entérites, reconnaître un certain nombre de formes symptomatiques, évolutives
et étiologiques.
Formes. — 1° Les entérites hématogènes affectent assez rarement la forme suraiguë. Dans ce cas, réalisé parfois par l'infection puerpuérale, on a un tableau rappelant celui du choléra qui, ainsi que nous le verrons plus loin, est d'ailleurs peut-être une entérite hématogène.
Deux symptômes principaux la caractérisent : la diarrhée incoercible et la déshydratation profonde qui entraîne rapidement l’algidite et donne au facies du malade son aspect caractéristique.
2° La forme aiguë, celle que nous avons étudiée, Le type en est donné par l’entérite typhique.
3° La forme subaiguë, c'est le type le plus fréquent sous lequel se présente l’entérite morbilleuse par exemple. Les symptômes se bornent eh général à la diarrhée.
4 La forme chronique aboutissant des formes précédentes ou chronique d'emblée.
D° La forme hémorragique des entérites hématogènes relativement assez fréquente. Elle revêt deux types cliniques différents : tantôt l'hémorragie n'est qu’un épiphénomène, les selles sont simplement sanglantes : cest une hémorragie congestive (?). Tantôt au contraire
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l'hémorragie est abondante. Cette hémorragie abondante est d'ailleurs rare, sauf dans la fièvre typhoïde; elle est l'indice d’une forme ulcéreuse.
Les formes évolutives des entérites hématogènes sont multiples; on peut les grouper cependant en deux catégories : dans un premier groupe, on doit placer celles qui, simples épiphénomènes, apparaissant à la période d'état, disparaissent avec la maladie causale: dans le deuxième groupe, on doit placer les cas, moins nombreux d’ailleurs, où l’entérite domine le tableau clinique. Les symptômes alors ne sont plus ceux d'une scarlatine, d'une pneumonie ou d’un érysipèle; ce sont ceux de l’entérite et les autres localisations-cutanées ou pulmonaires de celte affection passent au deuxième plan.
Évolution. — L'évolution est celle de l’entérite avec tout son cortège de complications, complications immédiates, dont la plus terrible est la perforation; complications tardives : telles que le rétrécissement intestinal ou l’entérite chronique.
C'est dans le jeune âge que les entérites hématogènes sont à la fois les plus fréquentes et les plus graves. Les conditions étiologiques spéciales, la fréquence et lintensité des réactions intestinales de l'enfant expliquent facilement que chez lui on rencontre beaucoup plus fréquemment l’entérite que chez l'adulte. Telle maladie, la rougeole par exemple, qui, atteignant l'adulte, ne détermine qu’exceptionnellement de la diarrhée, la provoquera, de façon presque constante chez l'enfant. Nous avons pu nous en assurer maintes fois.
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Les entérites semblent non seulement plus fréquentes mais encore plus graves dans le jeune âge et à cette période de la vie elles peuvent présenter le tableau du choléra-nostras ou avoir une tendance fâcheuse à évoluer
vers la chronicité.
Pronostic. — Le pronostic de ces entérites secondaires, sauf dans certaines infections dont l’entérite est un symptôme normal, est toujours grave. Evidemment la diarrhée contribue à désintoxiquer l'organisme et par suite est un phénomène salutaire, mais par son intensité ou ses complications, elle peut amener la mort. Enfin,elle est l'indice d'une forme particulièrement grave de l'affection.
Le diagnostic qui se pose entre une infection intestinale avec septicotoxémie consécutive ou une infection générale avec entérite secondaire est le plus souvent facile de par l’examen clinique et les recherches du laboratoire; dans certains cas cependant (Obs. [ par exemple), elle peut être délicate.
Telle est dans son ensemble l'histoire anatomo-elini que des entérites septicémiques. L'étude de l'appareil digestif au cours de quelques infections, en particulier de la typhoïde et de la pneumonie, va nous permettre d’en préciser la pathogénie.
Entérite typhique.
L’entérite typhique, déchue de son rang d’entérite primitive type n’est plus, comme nous l’avons vu, qu'une “entérite secondaire, les recherches modernes ayant
montré en effet que la septicémie éberthienne précédait toute localisation. Puis tandis que la septicémie continue encore, la localisation se fait sur les voies biliaires et le . bacille s'élimine par le tractus biliaire depuis la cellule hépatique jusqu’à la cellule de la vésicule biliaire. Ce sont là faits bien prouvés. Donc après l'étape sanguine, l'étape biliaire; mais ici la plupart des auteurs ne précisent point. Ils suivent l’odyssée du bacille d'Eberth Jusqu'à la vésicule biliaire; ils démontrent que le bacille d'Eberth par son passage détermine de l’angiocholite et de la cholécystite, épithéliale, suppurante, voire même nécrôsante, que, hôte prolongé des voies biliaires, ïl détermine des lésions chroniques pouvant être, directement ou indirectement, le point de départ d’une lithiase. Ils donnent dans quelques cas (Laignel-Lavastine) (42) Fa preuve d’une rechute de dothiénentérie coexistant avec une poussée d’angiocholite. Tous ces faits sont vrais. Sur eux quelques auteurs allemands ont essayé d'établir la thérapeutique chirurgicale chez certains porteurs de bacilles. Se basant également sur ces faits M. Chauffard a récemment créé la médication pathogénique de la fièvre typhoïde par l’urotropine, désinfectant biliaire, comme elle est un désinfectant urinaire. Cependant quelque intéressants et quelque vrais que soient ces faits expérimentaux ou cliniques remarquablement exposés dans la thèse d’Abrami (1), il convient de n'être pas hypnotisés par la théorie biliaire de la fièvre typhoïde. La plupart des auteurs que nous avons cités abandonnent en effet le bacille d'Eberth à la sortie du cholédoque et admettent sans d’ailleurs préciser suffisam-