‹ Etude Clinique et Expérimentale des EntéritesChapitre 9 sur 57 · ENS · texte numérisé non relu

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ment leur pensée qu'il contamine ainsi l'intestin. Qu'il contamine les matières fécales, cela n'est pas douteux. Qu'il contamine la muqueuse intestinale, c’est-à-dire qu'il pénètre dans la zone sous-épithéliale ou sous-muqueuse, cela est peu vraisemblable, du moins dans la majorité des cas.

Pour preuve, nous ne retenons que deux faits : l’absence de toute lésion intestinale chez les porteurs de bacilles qui, pendant des années, continuent à en excréter chaque jour, et d'autre part l'existence de: formes uniquement biliaires de la typhoïde. Bien d’autres faits seraient inexplicables, si l’on admettait cette théorie, notamment les localisations amygdalienne et gastrique, si voisines anatomiquement des lésions intestinales.

Cependant pour expliquer l'entérite typhique, d’autres hypothèses ont été émises; Sanarelli, dès 1894, avait bien vu que la lésion intestinale, dans la fièvre typhoïde, n'a que la valeur d'une localisation, et pour lui « la fièvre typhoïde ne peut pas plus être considérée comme une maladie de l'intestin que la variole comme une maladie de la peau ». Mais comme il n'avait pas retrouvé le bacille d'Eberth dans l’intestin, Sanarelli, pour qui « Ja fièvre typhoïde n’est qu'une infection du système lymphatique », admet que les lésions intestinales sont dues à la toxine typhique, et accessoirement à la pullulation du coli-bacille.

Pour Wright et Semple (171), les déterminations intestinales de la fièvre typhoïde sont d’explication incertaine : peut-être peut-on les comparer aux taches

rosées de la peau, et considérer que l’inflammation des plaques de Peyer est due au développement du bacille d'Eberth dans ce tissu adénoïdien.

Lemierre et Abrami (157), dans leur travail sur l’infection éberthienne des voies biliaires, admettent que l'entérite typhique peut être d’origine sanguine : «Toutes. les lésions observées dans la dothiénentérie ne sont autre chose que les localisations métastatiques du microbe spécifique apporté par voie sanguine; il est vraisemblable qu'il ne faut pas envisager autrement la tuméfaction et l’ulcération des plaques de Peyer ».

Cependant, cette notion de l’entérite hématogène n'a pas retenu l'attention des auteurs comme elle nous semble le mériter, et les traités classiques les plus récents, tout en admettant la précocité de la septicémie éberthienne, tout en indiquant qu'elle est à la base de toutes les manifestations extra-intestinales (pulmonaires, rénales, cardiaques, etc.), passent sous silence les rapports que les déterminations intestinales peuvent affec-ter avec cette même septicémie.

En réalité, ces déterminations sont une conséquence directe de l’éberthémie; si la « théorie hématogène de l'entérite typhique » a pu être quelquefois formulée, jamais à notre connaissance on n’en à donné de preuves.

L'origine directement sanguine de l'entérite éberthienne est, nous semble-t-il, prouvée par deux sortes d'arguments : des arguments anatomo-cliniques et surtout des arguments expérimentaux. Les arguments

d'ordre anatomo-clinique seront seuls exposés ici —

HT ve

les arguments expérimentaux seront développés plus loin.

Cest tout d'abord la marche des lésions iléales. Il y a primitivement infiltration et congestion du tissu folli-

culaire, et ce n’est que secondairement que la muqueuse intestinale est atteinte, et que l’ulcération se produit : le processus infectieux chemine de la sous-muqueuse à la muqueuse, et non pas de l’intérieur de la cavité intestinale vers le follicule. La signature de l'origine sanguine, de cette folliculite intestinale, se retrouve d’ailleurs dans l’endo-artériolite des plaques de Peyer, lésion primitive et quasi spécifique de toute fièvre typhoïde.

Les preuves cliniques de l’origine sanguine de cette entérite typhique sont assez malaisées à donner. Nous avons été assez heureux cependant pour observer un cas très net d’appendicite typhique qui nous semble être démonstratif (voir appendicite typhique, Obs. IX).

Ces arguments que nous avons dans un récent article (48) longuement développés, nous semblent prouver que l’entérite typhique est bien hématogène et que la théorie uniquement biliaire est insuffisante à expliquer cette entérile; autrement dit, à la conception telle qu’elle semble résulter des opinions de Schottmüller, de Fôrster et de Kayser (146), de Dôrr (143):

Septicémie.

| Élimination biliaire.

| Contamination pariétale de l'intestin par les matières fécales infectées.

Joppose la conception suivante entrevue et signalée

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