‹ Etude clinique et expérimentale sur les parotidites post-opératoiresChapitre 14 sur 30 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

PAR QUELLE VOIE S'INFECTE LA PAROTIDITE DANS LA PAROTIDITE POST-OPERATOIRE

L'exposé <iïe$ théories précédentes nous a montré que la parotide comme toute glande peut être assaillie par deux voies : la voie canaliculaire et la voie sanguine ; Tanatomie pathologique a fait la preuve de Tune et de Pautre.

A. Voie d'infection canaliculaire. — La voie canaliculaire, encore appelée voie centrale, voie ascendante, est, dans le cas spécial des glandes salivaires, la voie de choix de l'infection. Ce que Cruveilhier, Chassaignac, Crocq, avaient cliniquemenl établi, Hanau (1889), Pilliet (1890) Claisse et Dupré (1894); R. T. H. Bucknall (1905) en ont fait la preuve histologique. Sur les pièces provenant de parotidites encore peu avancées dans leur évolution, la systématisation centro-lobulaire des lésions inflammatoires et des microorganismes démontre l'implantation primitivement canaliculaire de l'infection et son extension centrifuge vers la périphérie de Tacinus salivaire. Dans certains cas on trouve les lésions localisées à quelques acini seulement et orientées par rapport aux canaux excréteurs centraux et non par rapport aux vaisseaux périphériques.

Toutes les parotidites post-opératoires — j'entends les parotidites post-opératoires, entités morbides, survenant à la suite des interventions aseptiques et aseptiquement conduites — toutes ces parotidites sont d'origine canaliculaire. 11 n'est

pas un fait discordant ni dans l'ordre clinique ni dans l'expérimentation. Cette affirmation nous dispense de nous étendre sur la voie d'infection sanguine dont nous ne dirons qu'un mot.

B. Voie d'infection sanguine. — Encore appelée voie périphérique, voie descendante, la voie sanguine (ou mieux voie lymphatique et sanguine), est certainement incriminable dans quelques cas d'infection salivaire. Mais elle doit êtrç bien rare. Tebbs (d'après Pelle) aurait écrit : « que les parotidites constatées après les interventions chirurgicales sur l'abdomen étaient toutes d'origine périphérique, c'est-à-dire d'origine infectieuse sanguine parce que l'antisepsie buccale ne parvenait pas à les prévenir ». D'abord l'expérimentation montre l'inexactitude de cette assertion ; ensuite fut-elle exacte, la preuve qu'on en donne est tout à fait insuffisante.

Nous pensons qu'il n'y a rien à ajouter ni à retrancher à celte formule de Claisse et Dupré que « F infection hématogène de la glande doit être tenue pour discutable, et quelle demeure en somme une voie de contamination exceptionnelle. »

A côté des cas très nombreux de parotidites post-opératoires où le mode d'infection canaliculaire est paient, il en est quelques-uns, quelques rares, où, dit Pelle, « on saisit si mal le processus infectieux, qu'ils semblent échapper aux deux modes admis ». Nous croyons que nos recherches expérimentales contribuent à établir que ces cas sont d'origine canaliculaire, et qu'il n'y a pas nécessité de faire intervenir dans leur genèse un état infectieux latent pré-opératoire, comme l'ont admis quelques auteurs.

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