I. — L'état normal, l'équilibre bucco-parotidien
« La bouche est, en quelque sorte, une étuve merveilleusement disposée pour les cultures microbiennes » (Ghompret).
Dès le passage à travers la filière génitale maternelle, dès les premiers, cris, la bouche de l'enfant est contaminée par un grand nombre d'espèces microbiennes. Dans ce milieu buccal, convenablement aéré, à température constante, humidifié à souhait, les colonies prospèrent : on sait que la bouche de l'adulte est un des milieux les plus richement infectés. Depuis Lœuvenhœck (i63o) qui le premier constata dans le tartre dentaire la présence de leptothrix, nombre de travaux ont établi la formule bactériologique de la bouche. Citons ceux de Ehrenberg, Dujardin, Robin, Cohn, Pasteur, Arndt, Van Lair, Rapin, Rasmussen, Miller, Cornil et Babes, Friedlander, Koch, W. Vignal, Netter, Lewkowicz, Rosenthal, Widal et Bezançon, Bornay, etc. Rappelons aussi que le premier, Galippe, a magistralement montré le rôle des microorganismes dans les infections buccales ou péribuccales. Nous croyons inutiled'énumérer les nombreuses espèces microbiennes qu'on
peut rencontrer dans la bouche ; en fait, on peut y déceler toutes les formes aérobies ; tantôt, comme hôte de passage, tantôt comme saprophytes, tantôt torpides, tantôt manifestant la virulence la plus exallée.
Par leur nombre, et surtout par leur symbiose ces microorganismes font varier d'un individu à l'autre la formule de la septicité buccale. Leur rôle apparaît aujourd'hui très complexe, depuis que leur activité biochimique est soupçonnée. On sait actuellement que le b. subtilis agit sur l'albumine coagulée ; que le b. amylobacter agit sur la cellulose ; que le b. coli fait fermenter certains sucres ; que le staphylocoque transforme la lactose en acide lactique, elc Or tous ces microorganismes se trouvent normalement dans la bouche.
Nous verrons plus loin que la bouche elle-même dispose de nombreux moyens pour contenir sa flore, en empêcher l'extension ascendante dans les voies salivaireset en assurer l'évacuation périodique dans le tube digestif, mais c'est surtout par ses propres forces que la parotidite lutte contre l'infection buccale. Nous sommes amenés à exposer la défense parotidienne.
2° Là DÉFENSE PAROT1DIENNE ET SES VARIATIONS
Le fonctionnement normal des portions sécrétantes et excrétantes de toutes ces glandes de l'organisme est la condition nécessaire et suffisante de l'asepsie glandulaire. Appliquée à la parotide cette loi générale conserve toute sa rigueur.
La parotide résiste à l'infection grâce à l'eurythmie de son travail.
Des nombreux facteurs qui concourrent vraisemblablement à l'accomplissement normal de sa fonction glandulaire, nous ne connaissons que quelques uns, d'importance inégale, et d'efficacité très différente au point de vue de la défense parotidienne. Nous étudierons dans cet ordre d'idées :
Le rôle de l'épilhélium glandulaire parotidien.
J.e rôle de 1q salive parotidienne,
Le rôle du canal excréteur de la parolide.
î° Râle de Pinte g rite de Fépithélium parotidien
Dans la parotide comme dans toute glande, la production de la sécrétion exige deux facteurs, l'un principal : le fonctionnement cellulaire, l'autre accessoire : la circulation sanguine. Du fonctionnement cellulaire nous ne connaissons rien, que son intensité et sa nécessité absolue ; des phénomènes circulatoires glandulaires nous savons : que la vascularisation normale d'une glande n'est pas une condition absolue de son fonctionnement, ce qui établit une certaine indépendance entre les phénomènes circulatoires et secrétaires. Mais cette indépendance est relative, elle est limitée, surtout dans le temps (Gley). Il faut donc admettre que l'eurythmie fonctionnelle glandulaire ne peut être parfaite qu'en présence d'une vascularisation soutenue. En dehors des phases d'excitation glandulaire, pendant la période dite de repos, la cellule parotidienne normale élabore des produits propres. Pendant la période d'excrétion, à ces produits s'ajoute de l'eau, la salive constituée s'écoule. Or cette eau de véhicule provient non pas du sang, mais de la lymphe interstitielle qui n'existe, sur place, qu'en quantité restreinte. Pour peu que la sécrétion établie se prolonge, cette quantité est vite épuisée, et la glande, ses réserves taries, doit puiser au torrent circulatoire. Alors le plasma transsude à travers les parois vasculaires, un nouvel apport de lymphe interstitielle est constitué, grâce auquel le débit salivaire continue. Toutes les fois qu'une cause locale (ligature vasculaire) ou générale (spoliation du milieu intérieur) diminue l'apport sanguin à la parotide, le débit salivaire tend à se ralentir et même à s'arrêter. Nous reviendrons sur ce point.
2° Râle de la salive parotidienne
a Rôle mécanique. — La chasse salivaire parotidienne. — Chez l'homme normal, l'excrétion parotidienne est continue, mais irrégulière. Elle varie avec l'heure, l'alimentation, le