Î06 ÉTUDE CLINIQUE ET EXPÉRIMENTALE
dienne, par la dépression de l'organisme (jeûne, saignée, shock opératoire, etc.). Expérimentalement le jeûne ou la saignée opératoire se sont montrés des adjuvants de valeur.
Enfin, l'infection buccale provoquée est également favorisante. (Expérimentalement, le badigeonnage septique de la muqueuse buccale s'est montré efficace). Nous ne croyons pas que cette infection provoquée soit indispensable. Dans les conditions de la clinique, en présence de certains facteurs, (stagnation de particules septiques dans la bouche, apport septique dans la bouche par lesvomissements post-opératoires, pullulation microbienne favorisée par la respiration buccale, par l'hyposécrétion salivaire, et peut-être par les altérations qualitatives de la salive), l'organisme réalise une exaltation suffisante de son microbisme normal pour porter un coup décisif à la parotide, d'ailleurs compromise, par tant de facteurs accumulés.
Nous pensons avoir montré dans les pages précédentes le rôle indiscutable d'un grand nombre de « petits facteurs » dans la réalisation des infections salivaires post-opératoires ; et nous croyons justifiée cette conclusion que l'infection monte quand le niveau de la salive descend.
Nous devons rechercher en plus le pourquoi de la localisation sur la parotide et le pourquoi de la prédilection pour la femme.
IV. — Pourquoi l'infeotion salivaire est-elle dans l'immense majorité des oas localisée à la parotide ?
A cette question, qui se pose du reste pour toutes les infections salivaires d'origine ascendante, on a répondu jadis par des raisons dont le temps a fait justice.
On a prétendu que la rareté des sous-maxillites tenait à l'exiguïté de l'orifice buccal du canal de Wharton, à la protection efficace exercée par la langue contre la pénétration des produits septiques dans le canal de la sous-maxillaire.
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Et nous rappellerons que Guéneau de Mussy a cru trouver dans les dispositions aponévrotiques périglandulaires différentes le pourquoi de l'atteinte constante de la parotide et de l'intégrité quasi-systématique de la sous-maxillaire. Voici cette bizarre explication :
La parotide est bridée dans une loge ostéo-aponévrotique à laquelle elle adhère, qui ne se laisse pas distendre ; au contraire, la sous-maxillaire est libre dans sa loge celluleuse. Il en résulte que, si les deux glandes, sous l'influence d'une même cause, sont atteintes de catarrhe, les conditions anatomiques de la parotide favoriseront le passage à la suppuration, contrairement à ce qui arrivera pour la sous-maxillaire (?).
Il semble inutile de rechercher l'explication de la localisation parotidienne des infections salivaires dans des considérations d'ordre anatomique.
Qu'elles s'ouvrent à la peau ou sur les muqueuses, les glandes trouvent dans l'accomplissement de leur tâche la meilleure sauvegarde contre l'infection.
Toute entrave apportée à leur fonctionnement (trouble de la sécrétion, trouble de l'excrétion) en favorise l'infection. Or, les conditions que nous avons envisagées plus haut (absence de mastication surtout) intéressent tout particulièrement le fonctionnement parotidien ; il est donc logique que l'infection buccale se localise sur la parotide compromise.
V. — Pourquoi observe-t-on des parotidites post-opératoires surtout chez les femmes ?
Pour avoir rejeté la théorie de la solidarité génilo-salivaire, nous nous sommes privés d'une explication plausible (et qui a été donnée) : la fréquence des interventions génitales est plus grande chez la femme que chez l'homme.
Nous croyons qu'on peut expliquer autrement celte particularité, sans faire appel à des causes autres que celles que