TRAITEMENT
Le traitement du choléra infantile se compose de 3 parties : 1° L'hygiène alimentaire.
2° Le traitement des troubles digestifs.
3° Le traitement du collapsus et de l’algidité.
1° — Hygiène alimentaire.
Doit-on alimenter un nourrisson atteint de choléra infantile ? L'opinion qui a le plus de crédit chez nos maîtres en pédiatrie, est la suivante :
Tout enfañt atteint de choléra infantile, sera mis à la diète absolue.
On ne donnera à l’enfant, qu'une petite quantité d’eau albumineuse, ou de thé, ou de bouillon dégraissé (100 à 200 gr. par jour), à l’effet seulement de calmer la soif.
L'expérience a en effet montré que l'ingestion de lait entretient les troubles digestifs.
Telle est la pratique de beaucoup de médecins français, de tous les médecins allemands, anglais et américains.
Cependant, en France, M. Simon n'est pas de cet avis, et donne à l'enfant, du lait coupé à moitié avec de l’eau de Vals
ou de Pougues.
Quand et comment pourra-t-on recommencer l’alimentation
lactée ?
Un des meilleurs signes est la cessation des vomissements. Si ceux-ci n'existent pas, on s’appuiera sur la diminution nota-
ble de la diarrhée.
Si, après Le reprise de ao rs he digestirs augmentent, on devra revenir à la diète absolue. En tout cas, l'alimentation sera reprise avec beaucoup de précautions, et en petites quantités, prises à intervalles espacés.
Sion peut mettre l'enfant au sein, ce sera la meilleure con-
duite à suivre ; sinon, le lait ee à l'enfant devra être de
bonne qualité, ct administré, suivantles règles bien connues de l'alimentation artificielle. Ne
De plus les premières prises de lait seront glacées.
Pendant cette période, alors que l'enfant est à la diète absolue ourelative (Simon), on administrera des toniques. Le rhum, le cognac, les vins généreux seront de règle.
La quantité sera de 10 à 30 gr., suivant l’âge de l'enfant (dose journalière).
Ces alcooliques seront pris glacés.
2° — Traitement des troubles digestifs.
- La glace, à l’intérieur, prise par petits fragments, et les boissons précédentes glacées seront de règle.
Les médications, qui ont pour but d’agir sur les troubles digestifs, sont de plusieurs ordres :
1° Les opiacés.
2 Les astringents. ‘
3° Les antiseptiques.
Les indications des deux premières médications sont sympto--
matiques, leur but est de diminuer la spoliation sanguine, en diminuant la diarrhée. Cette médicetion s'adresse à l'élément morbide: diarrhée. La troisième médication est spécifique. Elle s’adresse à la cause : agent pathogène de la maladie, ou agents des fermentations intestinales.
Étudions chacune de ces méthodes. Les deux premières sont surtout employées, car, jusqu’à ce jour, l'étude de l’antisepsie intestinale n’est pas encore assez avancée, pour que latroisième médication puisse remplacer complètement les deux premières.
Opiacés. — Beaucoup de médecins rejettent l'emploi des Oopiacés, dans le traitement du choléra infantile (Parrot,
. ER Pè sg.
Ce PR Bernhardt, Jacobi). La susceptibilité de l'enfant à cet âge, visà-vis de l’opium, est le principal motif de cette défiance. Cepen-
dant beaucoup d’autres emploient cette médication (Cadet de
Gassicourt, Simon, Wiederhofer), soit sous la forme d'élixir parégorique (5 gouttes en première année et 10 gouttes en seconde année), soit de laudanum de Sydenham (1 à 4 gouttes suivant l’âge). GE
L'élixir parégorique est préférable, car il est plus maniable et d'un goût plus agréable.
L'indication de-l'emploi des wpiacés est tirée de l'existence de la diarrhée et des vomissements.
. La contre-indication est le collapsus et l’algidité,
Astringents. L'emploi des astringents dans le choléra infantile, s'adresse à la même cause. Éliminons le nitrate d'argent (Müller), l'acide tannique, la tannate de quinine, qui ne donnent que peu de résultats.
Les astringents que nos maîtres recommandent sont :
M. J. Simon le sous-nitrate de bismuth, à la dose de 2 à 4 grammes. (Infusion de thé 60 gr. Sirop simple 20 gr. Rhum 45 à 30 gr. Sous-nitrate de bismuth ? à 4 gr. Laudanum de Sydenham, 1 à 5 gouttes.)
L'enfant prendra cette potion par cuillerées à dessert.
M. CADET DE GASSIGOURT l'extrait de ratanhia, à la dose de 0,50 centigr. à 1 gramme, dans un julep de 40 grammes, auquel on sjoutera, 5 ou 10 gouttes d’élixir parégonique, suivant l’âge. (Une cuillerée à café, toutes les deux heures.)
ANTISEPTIQUES.— L'antisepsie intestinale n’a pas donné, jusqu'à ce jour, les résultats qu'on attendait d'elle, par suite probablement de la petite quantité d’antiseptique, que l’on peut, sans préjudices, administrer à l'enfant.
Eliminons la résorcine (Jacobi, Caiïllé, Concha), le thymol (Martini), le benzoate de soude, l'acide phénique (Caillé, Rothe, Baginsky, Weissner), l'iodoforme, le salicylate de bismuth, qui n'ont donné aucun résultat (Cadet de Gassicourt).
Nous avons vu employer ces divers antiseptiques avec un insuccès complet. Joignons à cette liste le salol, la naphtaline, l'acide salicylique (Weissner), le chlorure de potassium (Moncorvo), le pyrophosphate de fer (Butler), le biiodure d'hydrar-
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