‹ Étude Clinique sur le Choléra InfantileChapitre 7 sur 38 · RE. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

RE. CHAPITRE II

ÉTIOLOGIE

1°. — Influence de la chaleur. — Épidémicité

Le choléra infantile se rencontre en tout temps, en toute sai- F son, mais de l'avis de tous, il acquiert son maximum de fréquence . durant l'été, d'où le nom de summer disease, donné à cette maladie. |

Il se présente, à l'état sporadique, durant toute l’année, mais à chaque été, dès les premières chaleurs, il revêt le type épidémique. Cette épidémie annuelle, dure les mois de juillet, août, septembre, et diminue avec la chaleur. Durant l'épidémie de 1887, M. Ollivier a pu étudier : 19 cas en juillet, 57 en août, 10 en septembre.

Tous les auteurs sont d’un avis unanime sur ce fait : La chaleur joue un rôle des plus évidents, dans l'apparition de la maladie. Cruveilhier, Bourgeois ont été les premiers auteurs, qui ont insistésur les relationsentrela chaleur et l’'épidémicité.

Virchow avait émis l'hypothèse, que l'apparition du choléra infantile était en relation avec l’état de la nappe souterraine (gründwasser), mais les recherches plus récentes de Baginsky, de Widerhofer, ont montré que cette hypothèse n’était pas fondée. L'’abaissement ou l'élévation de la nappe souterraine n’a : aucune influence sur le développement du choléra infantile. ,

L'élévation de la température en est la cause efficiente. Les recherches de Baginsky, ont montré que la température avait de l'influence, surtout par sa durée. Ainsi les épidémies apparaissent, surtout après 8 à 10 jours de chaleur persistante.

Le nombre des cas diminue, dès que la pluie apparaît.

Clarke-Miller est de cet avis ; d’après lui, le choléra infantile

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dans l'Amérique du Nord, apparaît quand la température s’est maintenue à 75° (Fahrenheit), durant 7 à 10 jours. Türner (de Portsmouth), Meisner, Bernard-Crosse, etc., émettent la même opinion. Toute élévation d'un degré Fahrenheit (la température minima étant 50°) amène d'après Türner, l’élévation de la mortalité de 53,7 p. 1000. Chaque jour de pluie l’atténue de 5,3 p. 1000. M. Ollivier, dans son rapport sur l'épidémie cholérique de 1887, arrive aux mêmes conclusions. Il suffit de consulter à ce sujetles tableaux, qu'ila dressés, pour se convaincre de ces faits, en ce qu'ils ont de général, car la statistique municipale sous le nom de gastro- -entérite, comprend presque toutes les maladies du premier âge. Or tous les enfants qui meurent l'été, sont loin de mourir tous de choléra infantile.

Les tableaux de M. Ollivier donnent donc uné idée exacte,

mais approximative de la question. C’est d’ ailleurs ce que l’on peut demander à la statistique municipale. Nous prions le lecteur de vouloir bien se reporter aux tableaux, joints à ce travail. Il verra que chaque année, le choléra infantile est plus fréquent l'été.

La température élevée et persistante provoquerait l’altération du lait, avant son imgestion. Ce lait altéré serait cause du ‘ choléra infantile. Aussi plus la chaleur est élevée, plus le lait s’altère, et plus le nombre des enfants atteints est grand. Il y a épidémie, non par contagion, mais parce que l'alimentation à un même moment, s’altère. Dans ce cas, les enfants ne se contagionnent pas tous à une seule source, mais chacun devient malade, de son côté, par sa propre nourriture.

Cependant, le choléra infantile peut être observé l'hiver, ainsi que l’ont observé Wiederhofer, Epstein, Henoch, Ollivier, etc.,mais les cas sont moins fréquents que l'été. — De même Ballard, fait remarquer, qu’en Angleterre, durant les années 1860 et 1879, on observa autant de cas de choléra infantile, alors que le temps fut toujours froid, et qu’il n’y eut ni‘chaleur, ni sécheresse.

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