‹ Étude Clinique sur les Adénopathies Péri-AppendiculairesChapitre 13 sur 17 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

M. Gérard-Marchand, Société de Chirurgie, 30 janvier 19C0

Le 14 novembre dernier, j'opérai une jeune fille qui m'avait été confiée par le D" Forest de Faye. Cette jeune fille avait depuis cinq ou six aus de loin en loin, tous les deux ou trois mois environ, une douleur vive dans la fosse iliaque droite, sans fièvre, sans vomissements, qui se calmait par un repos de quelques heures.

Dans l'intervalle de ces petites crises, aucune souffrance appréciable.

La première grande crise eut lieu en juillet 1899. Fièvre vive, vomissements pendant quatre jours, avec douleur violente au point d'élection. Cette crise dura quinze jours et céda à la glace, à l'opium et à la diète absolue. L'accalmie dura trois mois. Néanmoins, la malade garda {oujours une sensation douloureuse dans la fosse iliaque,

Deuxième grande crise le 2 novembre : pendant la nuit, douleur très violente s'accompagnant de nausées, de lipothymies, d'angoisse extrême, sans fièvre cette fois !

C’est dix jours après cette seconde atteinte que je fus appelé à voir la malade et que je constatai une tuméfaction bien nette dans la région cœcale. Je pensai à une appendicite, et lorsque le 14 novembre 1899, j'opérai cette malade, je fus surpris de trouver un appendice qui paraissait Sain,

mais sur le cœcum, en pleine face antérieure, se rapprochant cependant de son bord externe, un gros ganglion. Mais celui-ci était suppuré, prêt à s'ouvrir, et ayant contracté avec la paroi cæcale des adhérences telles que je renonçai à l’extirpation : je traitai cette adénite suppurée par l’ouverture, le grattage, la thermo-cautérisation, puis j’isolai ce foyer septique de la grande cavité péritonéale, par une suture cœcale de la lèvre interne de l'incision du péritoine.

Il n’est pas sans intérêt de vous dire que cette jeune fille a une sœur atteinte de coxalgie et un frère bacillaire pulmonaire. Elle est aujourd’hui entièrement rétablie.

Quelles étaient les lésions de l’appendice ?

Voici la note que m'a remise mon chef de laboratoire de l'hôpital Boucicault, M. le D' Blanc.

« Appendicite pariétale sans trace aucune de lésions tuberculeuses. — L’appendice enlevé, à l’examen macroscopique, parait à peu près normal. Il est du volume d’un crayon, légèrement congestionné, et on aperçoit à sa surface de fins réseaux correspondant à des arborisations vasculaires, indices de congestion. Pas de dilatation ni de rétrécissement.

« Sur les coupes, on rencontre les lésions d'une appen- Ferry 4

me

dicite jariélale légère: épaississement des couches, infiltration prédominant au niveau dela muqueuse hyperhémiée et du tissu réticulé sous-muqueux.On aperçoit de nombreux leucocytes tout autour des follicules, qui sont augmentés de volume et pénélrés eux-mêmes par les lymphocytes.

« L’infiltration à gagné aussi les espaces interglandu- . laires, mais les glandes sont peu atteintes.

« A Cause des antécédents de la jeune malade et d'un ganglion suspéct rencontré au cours de l'opération, on pouvait soupçonner la tuberculose. Rien dans les lésions appendiculaires ne permet de songer à la bacillose et les lésions inflammatoires sont des lésions d'inflammation simple.

« En résumé, appendicite subaiguë, pariétale ; tout à fait au début, caractérisée par de la folliculite et de la périfolliculite ».

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