OBSERVATION XII
| (Extrait et résumé de la thèse de M. Lestra, Lyon, 1894.) | (Clinique médicale de M. le professeur Bondet.)
Grippe avec accidents Méningés secondaires. — Signes pulmonaîres aux deux sommets, — Hallucinations de la vue et de l'ouie, — Guérison.
Be (Jean-Pierre), trente-deux ans, entre à l’'Hôtel-Dieu le 14 février 1894, salle Saint-Augustin, ne 2, Aucun antécédent héréditaire, alcoolisme de dix “Sept à vingt-cinq ans. Il y aunan, fièvres intermittentes, traitées par la quinine.
Il y a un mois le malade eut des frissons, de la céphalée, de la courbature généralisée, de la fièvre et se mit à tousser; au bout dé huit à dix jours l’état général s’améliora, mais la toux fréquente avec expectoration purulente persista; le malade ne put pas reprendre son travail, l'anorexie était absolue.
Depuis cette époque le malade à perdu 15 kilogrammes en un mois, céphalée continue.
A son entrée, on constate un amaigrissement extrême, de l'agitation, le malade se plaint de la tête et qu front. Température, 3801, 3804.
À l'examen du thorax on note de la submatité en arrière dans les deux fosses Sus-épineuses avec de l’exagération des vibrations et de l'expiration Soufflante; en avant sous la clavicule droite le Souffle est presque tubaire, Pas de râles, Rien au cœur. |
Les crachats examinés ne contiennent pas de bacille de Koch,
Langue sèche, constipation. Rate hypertrophiée, pas d’albumine dans les urines.
Du 20 février au 2 mars, le malade présente des phénomènes nerveux graves. Sombre et taciturne d’abord, il est ensuite en proie à un délire violent, accompagné d’hallucinations de la vue et de l’ouïe, se croyant l’objet de persécution de ceux qui l'entourent. Raideur de la nuque. Mydriase, diplopie.
Dès le 2 mars, les signes pulmonaires sont amendés, l’expecto ration a diminué, Température 38°2 à 394. Pouls 98, assez régulier. L’insomnie persiste ainsi que la céphalée.
15 mars, — Le malade est guéri, n’a plus aucune idée délirante, demande son départ pour Longchêne.
Encore là des signes pulmonaires pouvant faire croire de par leur localisation aux sommets à de la tuberculose, et cela d'autant plus que le malade avoue avoir considérablement maigri; mais dans l’expectoration purulente, on constate l’absence du bacille de Koch. Le début a été celui de la grippe, larate a été hypertrophiée. Cependant, si l’on tient compte que les phénomènes d’invasion de Ja grippe sont ceux de toutes les maladies infectieuses, et qu'on les observe dans les premiers stades de la phtisie pulmonaire aiguë; que, de plus, dans le cas particulier, la marche ultérieure de la maladie a affecté une forme méningitique, on admettra que cette affection ait été considérée comme suspecte. Mais la disparition rapide de tous les symptômes tant méningés que pulmonaires nous à fait revenir du diagnostic qui semblait être: méningite tuberculeuse avec poussée aiguë d’une localisation aux deux sommets.