OBSERVATION X VIII
(Extrait de la thèse de M. Mizon.) (Communiquée par M. le professeur Lemoine.)
Arthritisme. — Pleurésie dans la jeunesse. — Pas de tuberculose. — Grippe nerveuse en 1892 ; puis bronchite catarrhale avec congestion du poumon droit ; poussée de bronchite aw sommet droit et dans tout le côté qauche; expectoration purulente sans bacille de Koch. — Bon état général malgré signes cavitaires ; ceux-ci ten dent à disparaître.
Mme X..., cinquante-cinq ans; tempéramment arthritique; à l’âge de vingt ans, pleurésie de courte durée à la base droite, depuis celte époque, accès d'emphysème ; aucun antécédent tuberculeux, ni héréditaire ni personnel ; a des bronchites répétées qui sont suivies d’une oppression plus grande. Au mois de février 1892, grippe de forme nerveuse.
Des observations faites antérieurement avaient montré qu'il existait chez elle de l’emphysème aux deux sommets, surtout à droite, mais qu’il ne subsistait aucun signe de la pleurésie constatée pendant la jeunesse et qu'il n’y avait aucun foyer inflammatoire chronique dans un point quelconque du poumon ; mais à la grippe nerveuse succède bientôt de la bronchite catarrhale, puis de Ja congestion pulmonaire du côté droit. Il existait de la matité et de l’augmentation des vibrations thoraciques à la base droite, Vers le 20 février cette congestion occupait la partie moyenne et infé: rieure du poumon droit et était caraetérisée par des râles souscrépitants fins et du souffle bronchique. Cet état dure pendant environ quinze jours sans aucune amélioration; bien au contraire, il se-produisit une poussée de bronchite au sommet droit et dans gout le côté gauche qui vint encore compliquer la situation. Une dépression très grande de l’état général en fut le résultat et jusque
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vers le 10 mars la malade resta dans un état de profond anéantissement, s’alimentant à peine, urinant peu et en proie à une fièvre intense.
La température oscillait entre 39 degrés et 39‘5 le soir et 38 degrés à 38°5 le matin d’une façon à peu près régulière. La respiration fort gênée en tout temps devenait par moments très difficile quand il se produisait de l’orthopnée, ce qui avait lieu à l’occasion du moindre mouvement; l’expectoration peu abondante au début augmenta peu à peu et de muqueuse devint purulente. Examen des crachats à ce moment : nombreux streptocoques et staphylocoques ; mais ni pneumocoques ni bacilles de Koch.
À partir du 10 mars une détente se produisit, caractérisée par la diminution des signes de bronchite à gauche ; les signes stéthoscopiques de la base droite restaient absolument les mêmes. A partir de ce moment l’état général se relevait peu à peu et la température commençait à s’abaisser.
A la fin de mars l’état était le suivant : amélioration de la santé générale, retour graduel des forces, mouvement fébrile tous les soirs, la température atteignait 38 degrés à 38°%5 vers 5 heures, pour retomber au chiffre normal le matin ; alimentation plus facile urine normale, À la base droite, persistance de gros râles souscrépitants, de souffle bronchique doux, de bronchophonie ; apparition d'un peu de pectoriloquie aphone; au niveau de ce point il existe toujours un peu de submatité, mais l'exagération des vibrations thoraciques a disparu.
L'état général va toujours en s’améliorant, la fièvre diminue au point de devenir nulle ; mais les signes stéthoscopiques de la base droite restent les mêmes.
Au mois d'août, bien que l’état général soit excellent, il existe à la base droite des signes cavilaires; gros râles sous-crépitants, souffle amphorique, bronchophonie, pectoriloquie aphone, légère submatité, dépression thoracique normale ; à la fin de septembre 1892 ces signes ne se sont pas modifiés.
En avril 1893, état général toujours très bon, sauf de temps en temps des accès d’oppression dus à l'emphysème; je ne trouve plus à la base droite qu'un foyer de râles sous crépitants et de
l'obscurité respiratoire, plus de souffle amphorique ni de pectori- [oquie aphone.
Au mois d'août 1893, ces signes ont encore diminué d’intensités ce n’est qu'en faisant tousser la malade qu'on obtient des râles à la base droite,
En mars 1894, nouvelle atteinte de grippe qui tout de suite provoque une poussée congestive à la base droite, râles sous-cré-pitants fins et souffle bronchique. Quinze jours environ après le début de cette nouvelle poussée, la base droite est occupée par de gros râles muqueux, on y entend du souffle bronchique et de la bronchophonie; peu de matité à ce niveau ; l’état général après avoir été fortement troublé est déjà meilleur. Cette localisation entra en voie damélioration et n’a pas eu la tendance à la chronicité qu’elle avait eue la première fois. Des examens de crachats faits en mars et avril 1894 ont donné les mêmes résultats que ceux qui avaient été faits précédemment.
Dans ce cas, rien de particulier Jusqu'à la bronchite catarrhale avec congestion du poumon droit. Mais la poussée de bronchite au sommet droit, l'expectoration purulente, la chronicité des signes de la base droite qui deviennent absolument cavitaires attirent spécialement l'attention. Les examens bactériologiques restent négatifs relativement au bacille de Koch et au paeumocoque, Enfin, la marche ultérieure de la maladie fait exclure la tuberculose, tandis que son début est celui de linfluenza.