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Cette objection peut être vraie dans un certain nombre de cas. Nous avons souvent entendu dire à M. le D' Mouisset, médecin des hôpitaux, dont nous avons suivi avec intérêt les visites au lit du malade, que la forme clinique de la grippe est, en général, commandée par l’état pathologique antérieur du malade. Que le sujet ait, pour une cause quelconque, un système nerveux affaibli, il fera une grippe nerveuse ; que ses voies digestives soient altérées, il aura une forme gastro-intestinale ; que sa poitrine offre moins de résistance, la grippe aura chez lui une forme pulmonaire. En raison de cette localisation de l’infection sur le point faible, la grippe fait faire quelquefois un inventaire pathologique au sujet qui en est atteint. C'est ainsi que chez un malade qui a eu autrefois des hémoptysies ou des bronchites suspectes, la grippe se localise au sommet des poumons. Ou bien, chez un autre malade, après la disparition des symptômes de la grippe, on constate la persistance des signes d’une tuberculose pulmonaire. Chez ce second sujet, si la marche et la nature des symptômes ne permettent pas de croire à une infection secondaire, il faut admettre que la grippe à mis en évidence une maladie encore latente. Chez les deux malades il existait dans les poumons une épine qui a attiré et fixé les manifestations grippales.
Nous admettons volontiers, et tout le monde sera d’accord avec nous sur ce point, que la grippe envahissant un sujet tuberculeux se localisera au point malade, même, quoique pas toujours, si les lésions sont anciennes, les tubercules cicatrisés. Mais de là à dire que tout sujet qui localise sa grippe au sommet est un tuberculeux, il y a loin. Les causes qui déterminent la fixation du bacille de
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Koch au sommet du poumon ne peuvent-elles pas être invoquées pour expliquer aussi l’arrêt et le développement en ce point du microorganisme de la grippe? Nous le pensons et nous nous basons pour cela sur l'opinion de Hanau, dont nous transcrivons le passage dans lequel Marfan le cite dans le Traité de médecine :
« Hanau, qui a étudié récemment la question a fourni une explication plausible de cette localisation. Il est faux, d’après lui, que lirrigation sanguine soit insuffisante au sommet du poumon (Peter);il est inexact que cette région soit plus fréquemment que d’autres le siège de vieilles inflammations (Aufrecht). Il remarque que chez les individus respirant des poussières (charbons, silice), c’est au sommet des poumons et plus particulièrement dans la portion de ces organes qui répond aux premières côtes, que s’accumulent en premier lieu ces poussières, ce qui prouve péremptoirement que le courant d’air qui en est chargé y arrive pour le moins aussi facilement que dans les autres régions (contrairement à Waldenburg, Freund, Rindfleisch). Les bacilles de la tuberculose se trouvent dans les mêmes conditions que les particules inorganiques suspendues dans l’air. Pour Hanau, ce qui facilite la pénétration des poussières, c’est la force de l'inspiration et la faiblesse de l'expiration dans les sommets ; il remarque en effet qu'aucun des muscles expirateurs n’agit sur cette région : donc les bacilles avec les poussières y arrivent en très grande quantité et en sont plus difficilement expulsés. Peut-être même, dit Hanau, au moment de l’expiration se produit-il dans les bronchioles supérieures, des courants d’air rétrogrades qui facilitent encore la pénétration. »
Nous n’avons rien à ajouter à cette proposition. Elle sera aussi vraie quand on y aura remplacé le nom de bacille de Koch par celui de diplo-bacille de la grippe. Ainsi nous voyons que le sommet du poumon n’est pas nécessairement tuberculeux pour attirer le germe de la grippe. Ainsi s’expliquent les observations de congestion des sommets avec signes ultérieurs de ramollissement dans lesquelles le bacille de Koch n’a jamais été trouvé, mais bien, pour les quelques cas où on l’a cherché, ‘le diplo-bacille de la grippe.