OBSERVATION Î
(Extrait des Leçons sur la Grippe, J, Teissier.)
J'ai encore présent à la mémoire un fait qui m'avait profondément frappé, dès les premières années de ma pratique hospitalière, et qui montre combien il peut être délicat de différencier la grippe d’une poussée de tuberculose aiguë. Il s'agissait d’un jeune homme d’une vingtaine d'années, entré dans la salle Saint-Augustin où je suppléais alors le professeur Bondet,. |
Le diagnostic de tuberculose aiguë avait été nettement formulé par plusieurs médecins qui s’intéressaient au malade : fièvre continue avec type inverse régulier, bronchite généralisée avec prédominance nette aux deux sommets, retentissement de la voix, exagération des vibrations thoraciques, râles fixes en ce point, expectoration abondante et d'aspect nummulaire, sueurs profuses, amaigrissement marqué, rien n’y manquait, et cependant, me souvenant des enseignements de Graves et des opinions que j'avais souvent entendu émettre autour de moi, sur les caractères de l’évolution de certaines formes de fièvre catarrhale, je commençai par formuler un pronostic beaucoup plus réservé, et j'émis
cette opinion, d’abord timide, qu’on pouvait avoir affaire à un cas de grippe. Je me bornai à une thérapeutique très simple; lait d’ânesse, quinquina, aconit, préparations reconstituantes, et je ne tardai pas à avoir la satisfaction de voir ces accidents, en apparence si redoutables, s’atténuer peu à peu et le malade, après une convalescence toutefois assez longue, obtenir une guérison définitive et qui depuis douze ans ne s’est jamais démentie.
Nous regrettons de n'avoir pu retrouver la courbe si instructive de la température. Cependant, nous avons appris par une communication verbale, qu'a bien voulu nous accorder le malade, les renseignements suivants : Pendant au moins douze jours les écarts de température du type inverse n'étaient jamais inférieurs à 1 degré. La courbe oscillait entre 38°,9 le soir et 40°,2, 40°,4 le matin. Trois fois, la température matutinale si élevée, prise le matin vers 7 heures fut précédée d’un violent frisson qui apparaissait vers 5 heures, soit deux heures environ avant la constatation de l’élévation thermique.
Après avoir donné l'observation précédente, M. le professeur Teissier, dans ses leçons sur la grippe, s’exprime ainsi :
« Mais j'ai des exemples plus récents à vous rapporter, exemples d'autant plus remarquables que, des accidents étrangers à la grippe ayant permis un examen nécrosco pique, ila été facile de constater l’origine nettement grip pale des manifestations pulmonaires, ce que d’ailleurs les examens bactériologiques, aujourd’hui facilement réalisables, avaient permis de soupconner. Je tiens à vous raconter en détail une de ces observations plus particu lièrement intéressante :
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