‹ Étude clinique sur les ulcérations analesChapitre 15 sur 24 · II. — CHANCRES MOUS DE L'ANUS · texte numérisé non relu

II. — CHANCRES MOUS DE L'ANUS

Nous avons employé à dessein l'expression de chancres mous et non pas celle de chancres simples ou de chancres non infectanls, afin d'éviter tout malentendu; ne nous occupant que de la lésion locale, nous n'avons pas à rechercher si elle sera, oui ou non, suivie d'accidents syphilitiques.

Le chancre mou, comme on le sait, est toujours lerésul-

lat d'une inoculation ; il exige donc deux conditions pour se produire : un virus spécial d'une part, une porte d'entrée de l'autre. Or, ces deux conditions peuvent se trouver réunies à l'anus :

1° L'anus, comme nous l'avons vu, est fréquennnent le siège d'érosions, de fissures ou d'ulcérations ; 2° le virus peut y être transporté soit dans des rapports sexuels, normaux ou anormaux, soit par auto-inoculation.

Les chancreB mous de l'anus sont encore assez fréquents : ainsi, dans notre service de Lourcine, pendant l'année 1868, le douzième de nos malades avaient des chancres mous ; cette forme d'ulcération congtituait, à elle seule, près de la moitié de nos ulcérations anales.

Celte affection est beaucoup moins fréquente chez l'homme que chez la femme. Ainsi, Fournier (i) a trouvé, chez l'homme, 4 chancre mou de l'anus sur 445 cas, et Debauge, chez la femme, 1 sur 9.

A cela, plusieurs raisons : 1" la pédérastie s'exerce plus souvent d'homme à femme que d'homme à homme ; les femmes sont donc plus exposées à l'inoculation directe ; 2° un chancre mou des parties génitales chez l'homme ne peut guère s'inoculer à l'anus, s'il n'y a pas transport de virus par les doigts ou les pièces de pansement, tandis que che2 la femme, le pus d'un chancre mou de la fourchette (ce

(1) Dict. de médecine et de chrurgie prat., art. Chancuk, par Fournier, p. 72-

qui est le cas le plus fréquent), s'écoule nalurellemenl le long du périnée jusqu'à l'orifice anal; les femmes sont donc plus exposées que les hommes à l'auto-inoculation; 3» enfin, les érosions et les fissures sont bien plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, ce qui les prédispose davantage à contracter cette affection.

Les chancres mous de l'anus se peuvent rencontrer soit dans le conduit anal, soit à la marge de l'anus ; ces derniers ne diffèrent en rien des chancres mous du périnée et de la vulve, aussi ne les décrirons-nous pas; ceux du conduit anal et de son orifice présentent, au contraire, des caractères spéciaux qu'il importe de mentionner. Ils siègent entre les plis radiés de l'anus; ils commencent à l'orifice et s'étendent souvent jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter interne ; aussi, pour les voir, faut-il déplisser fortement la région et même se servir du spéculum de Sims. Il faut remarquer qu'ils sont ordinairement antérieurs ou postérieurs, rarement latéraux. Un fait qui nous a frappés, c'est que nous ne les avons jamais vus dépasser le bord supérieur du sphincter interne, il semble que la muqueuse rectale soit impropre au développement de cette lésion.

Ordinairement, ils sont au nombre de deux, un en avant, l'autre en arrière ; quelquefois on n'en trouve qu'un, trèsrarement il en existe plus de deux.

La forme de l'ulcération est dilTérenle suivant le motle d'examen employé. Si l'on se contente de déphsser la région anale, l'ulcération prend la forme d'un triangle à base exté-

riciire, à sommet so pordant dans le ivcliim. Avec lo spéculum de Sims ou par le toucher., rnlccration p;iraît allongée, son grand axe étant parallèle à celui du conduit rectal ; assez souventj l'ulcération est renflée dans sa portion la plus externe ; elle l'est quelquefois aussi dans sa portion la plus interne, ce qui donne à l'ulcération la forme d'un bissac.

Les dimensions sont, pour lalongueur, de 2à 3 centimi;lres; nous avons déjà dit que l'ulcération chancreuse s'étendait ordinairement de l'orifice anal au bord du sphincter interne ; les dimensions, en largeur, sont beaucoup plus variables, elles ont rarement moins de 1/2 centimètre, tandis qu'elles peuvent acquérir 5, 6 ou 7 centimètres, alors que l'ulcération a envahi la majeure partie du conduit anal.

Les bords, quand le chancre est dans sa période d'état, sont à contours peu réguliers, taillés à pic, décollés, de couleur souvent un peu violacée. Le fond paraît recouvert comme d'une fausse membrane jaunâtre, assez adhérente, et qin', enlevée, laisse apercevoir les tissus sous-jacents, lesquels présentent des stries longitudinales gris-rosé, et quelquefois de petites veines dénudées chez les sujets hémorrhoïdaires.

Ici, comme ailleurs, la base est molle ou ne présente qu'une induration inflammatoire bien différente de l'induration du chancre syphilitique.

De plus, l'ulcération du chancre mou fournit une suppuration assez abondante; si on l'essuie, on la voit presque aussitôt se recouvrir d'un liquide transparent qui ne tarde pas à devenir trouble et à s'épaissir.

Enfin, et c'est là le lr;\it caraclérislique, le pus est auloinoculablo, tant que l'ulcération est véritablement cliancreuse; ce moyen, nous l'avons toujours employé, dès que le moindre doute planait sur noire diagnostic.

Le chancre anal s'accompagne ordinairement, pour ne pas dire toujours, d'une hypertrophie du derme qui, en raison de sa forme particnhère, a reçu le nom de condylôme. On a dit que le condylôine ne se rencontrait que dans les maladies syphililiiiues de l'anus ; c'est là, à notre avis, une grande erreur: nous avons trouvé des ulcérations parfaitement simples, et s'accompagnaut de condylômes, fort petits il est vrai, mais c'étaient bien des condylômes.

Le condylôme n'est pas, en effet, une affection spécifique, c'est une lésion locale due à l'inflammation de voisinage ; et pi elle est plus développée lorsqu'elle coïncide avec des chancres mous, c'est que le chancre est, de toutes les ulcérations anales, celle dont le processus est le plus actif, celle qui s'accompagne du travail inflammatoire le plus considérable .

Les condylômes siègent à l'oriflcc anal au niveau de l'extrémité extérieure de l'ulcération, sur la même ligne longitudinale qu'elle; parfois, on peut en trouver également un autre au niveau de l'extrémité interne, et il fait saillie dans la portion ampullaire du rectum, comme celui de l'extrémité extérieure fait saiUie à la marge d^ l'anus.

Il y a donc ordinairement un seul condylôme, parfois deux; dans certains cas, il setnble qu'il n'y en ait i)as ;

cependant, nous avons remaniné que, dans ces cas, l'ulcération avançait davantage en dehors ; puis, ayant souvent constaté que les condylômes pouvaient être plus ou moins détruits par le travail ulcératif, nous avons été conduits à peuser que, dans ces cas, il y avait eu autrefois un condylôme, actuellement complètement détruit; de sorte que pour nous, l'absence de condylômc nous paraît due, non pas à ce qu'il ne s'en est pas formé mais à ce que s'étant développé, il a été détruit.

Les condylômes ont, comme l'indique le nom, une forme ovoïde, leur grand axe étant parallèle aux replis de l'anus. Les condylômes internes sont souvent pédiculés, tandis que les externes sont ordinairement sessiles. Leur volume est variable, depuis celui d'un petit pois jusqu'à celui d'une noisette, et plus même; les condylômes des chancres mous sont ordinairement plus volumineux que les condylômes qui accompagnent les autres affections anales; les internes sont plus petits que les externes. La surface est lisse, de couleur rosée, violacée, chez les personnes qui ont des hémorrhoïdes. Leur consistance est assez grande, presque fibreuse.

Les condylômes se développent parallèlement au chancre; l'ulcération chancreuse peut les atteindre; elle suit alors le milieu du condylôme, en allant de la partie interne à leur partie externe; et il en résulte que lorsqu'on déplisse l'anus, le condylôme s'ouvre à la manière d'un livre, et laisse voir une ulcération qui se continue avec l'ulcération anale.

Le chancre anal est souvent accompagné d'autres chancres (h voisinage. Parmi eux, il en est de primitifs; ils siègent le plus souvent à la fourchette, puis à la vulve et au col; ils ne sont pas constants, comijie on le conçoit bien, quand, par exemple, le chancre anal résulte d'un coït anormal. D'autres chancres sont ou consécutifs au chancre primitif et alors frères du chancre anal, ou bien consécutifs à ce chancre et produits par lui. Sans avoir la constance des condylômes externes, ils sont cependant assez fréquents, car pour qu'ils existent il ne suffit pas qu'il y ait chancre comme pour le condylôme, il faut encore qu'il y ait inoculation; et cette condition est fréquemment remplie. En effet, le pus du chancre qui coule entre les cuisses, le frottement que détermine la marche, finissent par développer de l'interlrigo, du ramollissement de l'épiderme, des excoriations enfin, et cela fait, le chancre est semé.

Ces chancres secondaires sont ordinairement très-nombreux; ils forment comme une couronne autour de l'anus, il est à remarquer qu'ils sont ordinairement peu développés, petits, comme folliculaires, et qu'ils se guérissent assez facilement ; cependant ils peuvent varier par le siège, le nombre, le volume et la marche; nous n'insisterons pas sur ces détails.

A côté de ces chancres mous types, on peut rencontrer des érosions qu'on a décrites comme une forme spéciale de chancre mou ; forme exulcéreuse. C'est, à notre avis, une interprétation défectueuse ; nous n'avons jamais rencontré de

cos érosions prinruivcmonl, mais toujours consécutivomciil de sorle que, pour nous, il ne faudrait pas y voir une forme spéciale d'ulcération cliancreuse, mais plutôt une érosion simple, en tout semblable à celles que nous avons décrites précédemment (1), reconnaissant seulement |)our cause le pus chancreux, celui-ci agissant non pas en tant que liquide virulent, mais en tant que liquide irritant. 11 est vrai que Tinoculation pourra donner lieu à un chancre mou, mais cette propriété virulente n'est pas propre à la sécrétion de Térosion ; elle est empruntée au pus des chancres du voisinage.

Citons enfin comme dernière complication les bubons inguinaux; mais il faut bien se rappeler qu'ils ne sont pas constants, et que, quand ils existent, ils peuvent être produits par les chancres concomitants, ce qui expliquera pourquoi ils n'occu|)ent pas toujours les ganglions où se rendent

les lymphatiques du rectum.

Nous avons vu quelques malades porter des chancres

de Fanus sans s'en douter; mais c'est là un fait exceptionnel. D'ordinaire, celte affection se révèle par des douleurs assez vives ; ces douleurs ne sont pas toujours continuelles, mais elles ee réveillent ou s'exaspèrent par la marche, la position assise, la défécation; aussi, il est des malades qui sont obligés de garder le lit et qui n'osent aller à la selle. Jamais nous n'avons vu ces douleurs prendre la.forme franchement névralgique, comme dans les fissures, quoique nous ayons parfois observé de la contracture.

(1) Voir pages 17 et 45.

Lo toucher est parfois si tlouloiuvux que pour exaininor quelques malades, il nous a fallu employer le chloroforme ; il nous a semblé que cela avait surtout lieu chez celles qui présentaient de la contracture.

Les chancres de l'anus révèlent encore leur présence par un écoulement de pus (jui tache le linge des malades en jaune vert; et quand ayant pratiqué le toucher rectal, on retire le doigt, il est comme suivi par une grosse larme d'une matière épaisse et purulente. Les malades éprouvent des besoins fréquents d'aller à la selle; la satisfaction de ces besoins n'amène que l'expulsion d'un peu de matière purulente. Cette matière ne nous semble pas provenir de la suppuration chancreuse seule, mais encore et surtout de la muqueuse rectale emflammée par le voisinage de l'ulcération et peut-être aussi par la constipation. La constipation esl, en effet, chose habituelle ; la défécation est alors très-pénible et amène parfois des pertes de sang.

Ces douleurs, ces perles, ces troubles digestifs finissent par retentir surlasanté êénérale,qui s'altère au point de faire croire à une cachexie des plus graves. Le moral lui-même s'en ressent ; ou ne saurait croire combien sont craintives et nerveuses la plupart des femmes atteintes de chancre anal; c'est là, du reste, un phénomène qui nous a paru commun aux diverses affections douloureuses de l'anus.

Tel est le chancre anal à sa période d'état. Voyons comment il commence et comment il finit.

Nous n'avons jamais eu l'occasion de le voir naître, il est

à présumer (jii'il ne présente rien de spécial; mais nous avons observé (les fissures simples qui, baignées par le pus du chancre {\), sont devenues chancreuses, l'ulcération de la fissure se creusant et un condylôine se développant.

Une fois produit, le chancre s'étend en bas sur le condylôme, latéralement sur le pourtour du conduit anal, en haut jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter interne. Nous ne l'avons jamais vu dépasser celte dernière limite (comme nous l'avons déjà dii), et nous ne l'avons vu qu'une seule fois occuper tout le pourtour du conduit ainsi que la marge au delà des condylômes; aussi, nous sommes convaincus que le chancre phagédénique de l'anus est très-rare, . et nous n'admettons pas, quant à présent du moins, l'existence de chancres phagédéniques du rectum (2).

L'extension de l'ulcération chancreuse ne se fait pas toujours de proche en proche ; il se produit dans le voisinage un autre chancre qui, se développant à son tour, rejoint le premier chancre et forme avec lui une seule et grande ulcération C'est par ce procédé que, bien souvent, nous avons vu l'ulcération envahir le condylôme. Quant à l'extension du chancre en profondeur, elle est très-variable : tantôt se bornant à la muqueuse, tantôt allant plus loin, et nous pensons qu'on pourrait expliquer ainsi la formation de quelques fistules

(1) Voir observation 10.

(2) Nous discuterons plus tard le travail de M. Desprès, les observations qu'il a données ne nous semblent pas de voir être nécessairement rapportées à des chanc; es phagédéniques.

borgnes cl recto-vaginales, de celles, par exemple, que nous verrons accompagner les rétrécissements dits syphilitiques.

Si le chancre est soigné méthodiquement, si la constitution du sujet est bonne, le chancre anal guérit rapidement ; le fond s'élève, devient rouge ou rosé, les bords s'affaissent, se cicatrisent, et n'étant plus décollés se continuent insensiblement avec le fond ; pendant ce temps les condylômes se flétrissent et disparaissent ou tout au moins diminuent considérablement ; plus tard, le fond se cicatrise à son tour; il semble comme recouvert d'une pellicule opaline, à travers Inquelle on distingue la couleur rouge assez foncée des tissus sous-jacents; c'est ordinairement la partie externe de l'ulcération qui se cicatrise la première. Nous n'avons jamais vu le tissu cicatriciel se rétracter et les bords de l'ulcération se réunir en une cicatrice longitudinale et filiforme ; le tissu reste souple et la cicatrice conserve, à peu de chose près, les dimensions de l'ulcération ancienne; il v a seulement à ce niveau une légère dépression et une coloration ordinairement plus foncée.

Cette guérison, qui s'obtient en trois à six semaines au plus dans certains cas (1), peut dans d'autres se faire attendre longtemps, trois, quatre et même huit mois, et cela quoi qu'on fasse (2) . Le chancre se transforme bien en ulcération simple non inoculable, mais cette ulcération simple ne se guérit pas. Or, dans tous ces cas, nous avons constaté soit

(1) Voir observations 10, 13, 14. 15, 19, 20.

(2) Voir observations 9, 12, 16, 18, -a.

(les tumeurs liémorrhoïdaircs, soit tout au moins des con- (Jylômes violacés et coiib^estionnés. Nous avons été amenés à penser que cette clirouicilé était due à la présence de celte varicosilé, et que notre ulcération simple qui avait succédé au chancre s'était transformée sous cette influence en ulcère chroniiiue (1).

Nous verrons plus loin qu'à côté de cette cause locale de chronicilé il faut encore admettre des causes généi'ales, telles que la sy[)hilis, la scrofule.

Nous verrons aussi que les chancres de l'anus, les phagédéniques surtout, peuvent chez certains sujets, les lymphatiques et les scrofuleux de préférence, se compliquer d'éléphantiasis et d'œdème chronique des tissus périphériques et faire croire à des scrofulides malignes dont nous parlerons plus loin, et que M. Huguier a décrites sous le nom d'esthiomène de la région vulvo- anale (2).

Enfin, le chancre anal peut amener à sa suite, outre les fistules dont nous avons déjà parlé, des rétrécissements du rectum (3). Ces rétrécissements ne sont pas dus à la rétraction de la cicatrice du chancre, mais à un processus tout particulier qui se passe au-dessus du chancre, et que nous étudierons dans la seconde partie de notre travail.

Le chancre mou peut-il èlre suivi de manifestations syphi-

(1) Voir page 31.

(2) lîiifiuier. Mémoires de l'Académie de médecine, "Sid.

(3) Voir observation 16.

liliqiics? A ne considérer que les fails cliniques, nous répondrons sans hésiter : oui, un chancre mou peut êlre suivi de vérole; mais qu'on ne vienne pas nous traiter d'unicisles, nous ne sommes, en vérité, pas plus unicisfes que dualistes; nous conslatons simplement les faits, laissant à d'autres le soin d'édifier des théories, puis des explications pour mellrc ces théories d'accord avec les faits.

Le chancre mou pourrait se confondre avec l'érosion et les fissures simples, l'ulcère chronique, l'ulcération herpétique, les plaques muqueuses ulcérées, les ulcérations cancéreuses et tuberculeuses.

1° On ne pourrait confondre l'érosion simple qu'avec cette lésion décrite sous le nom déforme ulcéreuse du chancre simple. Or, d'après ce que nous avons dit page 56, il n'y a pas lieu de faire ce diagnostic.

2° Les fissures simples ne donneront des doutes que lorsqu'elles seront irritées, enflammées, car alors leurs bords relevés ont quelque ressemblance avec ceux du chancre mou; mais ils ne sont pas décollés, le fond n'est pas grisâtre, le condylôme est moins voluir.ineux ; enfin, le pus n'est pas inoculable.

3° L'ulcère chronique n'a les bords ni dt collés, ni taillés à pic ; ils se continuent avec le fond, qui est rosé au lieu d'être grisâtre; s'il existe un condylôme, il est volumineux et on ne constate pas de chancres de voisinage; tandis qu'avec le chancre anal, il existe un volumineux condylôme, s'il n'a

pas été délriiil, et on constate d'autres chancres, eoit primitifs, soit consécutifs. Cependant, il est des ulcères, ceux surtout qui sont la suite de chancres mous, dont le diagnostic serait impossible à faire si l'on n'avait que les seuls signes physiques; c'est alors qu'il faut recourir à l'inoculalion, lafiuelle donne un résultat négatif, si ulcère, et positif si chancre.

4° Les ulcérations herpétiques ne sont pas une maladie de l'orifice anal, de sorte qu'il n'y a heu de les distinguer qu'avec les chancres de la marge. Or, d'après Fournier (1), les ulcérations herpétiques sont plus nombreuses, plus petites, plus superficielles et plus douloureuses que les ulcérations chancreuses ; et s'il n'y a qu'une seule ulcération herpétique, son pourtour n'est pas régulièrement sinueux, mais il paraît comme formé par une série de petits segments de circonférences, ce qui tient à ce que la plaie totale résulte de la fusion de plusieurs petites plaies circulaires. Enfin, les ulcérations herpétiques sont ordinairement accompagnées de vésicules d'herpès non crevées , et la guérison est presque constamment très-rapide. Cependant, s'il restait un doute, on pratiquerait l'inoculation, qui sera négative si l'ulcération est herpétique.

Nous ne ferons le diagnostic des plaques muqueuses ulcérées et des ulcérations cancéreuses et tuberculeuses qu'à propos de chacune de ces affections.

[l] DM. de médecine et de chirurgie frai., l. VII, p. 117.

Le pronostic devra être toujours réservé, non pas seulement en raison du phagédénisme, mais parce qu'à un chancre peut succéder un ulcère, fait constant chez les personnes hémorrlioïdaires, parce qu'il peut survenir dans la suite un rétrécissement et des fistules; parce qu'enfin, quoique le fait soit rare, le chancre mou peut être suivi de syphilis.

Le traitement du chancre anal présente les mêmes indications générales que celui du chancre mou des autres régions : cautériser pour détruire le virus, isoler pour éviter les auto-inoculations. Nous ne nous sommes jamais servis de caustiques escharroliques, mais seulement de caustiques superticiels, tels que le chlorure de zinc et l'azotate d'argent surtout. Une faut pas se contenter de cautériser le fond de l'ulcère, il faut avoir grand soin de faire pénétrer l'agent caustique sous les bords décollés, car c'est par là que se propage le travail ulcératif, et c'est là que se réfugient les produits virulents. On pansera avec des mèches, qu'on pourra mouiller avec une solution astringente.

Outre ce traitement général, notons quelques indications spéciales : dans les cas, par exemple, où la douleur est trèsvive, si vive que les malades ne peuvent supporter le moindre contact, et ijue les médecins n'osent appliquer le traitement local, que faire? Beaucoup donnent des bains, des cataplasmes, remettant à plus tard les cautérisations. C'est, à notre avis, une mauvaise pratique, car l'un des meilleurs moyens de calmer ces douleurs consiste justement dans les cautérisations; d'abord exagérées sous l'influence de l'agent

auisli(|ue, ullcs diminuent considôrciblonKjiit au bout d'un temps vai iablc (1). Nous nous sommes parfaitement trouvés des mèclics enduites do pommade au ratanhia et à la belladone. Souvent, les douleurs sont liées à la constipation; aussi, faudra-t il toujours tenir le ventre libre par des lavements ou par des laxalifs légers.

Une autre pratique nous a encore donné d'excellents résultais ; seulement, elle n'est peut-être pas sans offrir quelques dangers. Ayant remarqué que les douleurs étaient vives, surtout cliez les femmes qui avaient de la contracture sphinclérienne (ce qui est, à notre avis, une loi commune à toutes les ulcérations anales), nous avons pensé qu'en faisant cesser cette contracture, nous guéririons la douleur ; et c'est ainsi que nous avons été amenés à pratiquer la dilatation comme dans la fissure intolérante. Nous l'avons essayée dans un cas (2) où il existait en même temps un commencement de rétrécissement, et la malade s'en est parfaitement trouvée.

Les condylômes seront abandonnés à eux-mêmes, car ils se guérissent spontanément. Ce[)endant, s'il sont trop volumineux, et sont pour la malade une source de doideurs, on les coupera avec les ciseaux, quand bien même le chancre serait encore en activité, ce qui a beaucoup moins d'influence qu'on ne serait ten'.é de le croire. Il nous est arrivé également

(1) Voir observation X.

(2) Voir observation XVI.

d'enlever des condylômes internes avec les ciseaux ou avec le petit serre-nœuds de Graefe.

Si le chancre se transforme en ulcération chronique, on fera le traitement indiqué plus haut (1).

S'il se forme un rétrécissement, on dilatera et on fera appliquer des mèches volumineuses. C'est ainsi que, dans l'observation XVI, nous avons toujours paré aux accidents d'un rétrécissement menaçant. Nous reviendrons sur ce sujet dar.s la seconde partie de ce travail.

OBS. IX. — Chancre mou de la vulve el de l'anus.

Bert... Joséphine, âgé de 35 ans, entrée le 7 mai 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, 28, est atteinte :

io D'une ulcération de la grande lèvre droite; celle ulcération a des bords irréguhers peu saillants, non décollés et rosés; le fond est gris-rosé comme les bords et suintant légèrement. De plus, cette ulcération présente une base qui la fait saillir au-dessus des tissus circonvoisins ; cette base est rosée et offre au toucher de l'induration inflammatoire.

Monoadénite droite.

2° A l'anus, trois condylômes violacés, deux en arrière et un en avant; ils sont ulcérés par leur partie interne, et cette ulcération se prolonge dans le rectum jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter; pas de contracture, toucher douloureux.

(1) Voir Ulcérations chroniques, page 36.

Elle éprouve des allernalives de diarrhée et de constipation, et souvent il lui arrive de perdre du sang par le fondement.

Celte femhie nous raconte que vers le milieu du mois de mai, à l'époque des jours gras, elle eut un amant qu'elle vit pour la dernière fois, le 12 avril. Huit jours après, le 20 avril, elle éprouvait une grande fatigue par tout le corps avec fièvre et mal de tête. Ces symptômes persistèrent une semaine environ ; puis, vers la fin du même mois, apparurent Tulcération \ulvaire, ensuite les condylômes et enfin le bubon.

Elle se fît Irai 1er par la méthode Raspail : eau sédative à l'extérieur et camphre à l'intérieur.

Elle avait déjà eu, à l'âge de 25 ans, des boulons à la matrice, lesquels avaient été précédés d'une courbature générale; elle se fit alors soigner à Lourcine, où on la cautérisa; et elle ut guérie en quatre semaines.

L'année dernière, à la suite, dit-elle, d'un coup, il lui est venu un abcès dans l'aine, lequel a été ouvert et parfaitement guéri.

Jamais elle n'a ressenti de symptômes de syphilis, et elle n'en présente aucune trace.

Pour assurer le diagnostic, le pus de l'ulcération vulvaire est inoculé, et il donne un chancre mou.

La malade est traitée par les cautérisations.

Elle sort guérie le 8 juillet 1868.

OBS. X. — Chancre mou de l'anus. — Fissure se transformant en chancre.

Bla... Marie-Louise^ âgée de 24 ans, domestique, entrée le 17 septembre 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n" 33, présente deux ulcérations anales, l'une antérieure l'autre postérieure. Ces deux ulcérations sont de forme triangulaire, à base cutanée, à sommet rectal. La base mesure, lorsque l'anus est déplissé, un centimètre environ, et le haut de l'ulcération se termine au niveau du bord su[)crieur du sphincter. L'antérieure est plus profonde; ses bords sont taillés à pic ; le fond est grisâtre avec quelques stries rouges longitudinales; à sa base est un condylôme dont \a face interne est ulcérée et se continue avec cette ulcération antérieure. La postérieure est beaucoup plus superficielle; ses bords sont à peine saillants; sont fond est rose; elle est, du reste, comme cachée au fond d'un repli anal. Cependant, elle possède à sa base, et c'est ce qui nous l'a fait découvrir, un petit condylôme légèrement pédicule ; ce condylôme présente à sa face interne une petite ulcération qui ne se continue pas avec la fissure. Il est à remarquer que le point où elle siège est en rapport Avec l'ulcération du condylôme antérieur ; il y a de la contracture, de la douleur très-vive, s'exaspérant par le toucher, la défécation, la marche.

Enfin, la malade perd par le fondement du muco-pus; et quand elle va à la selle, ses matières sont striées de sang ; elle est ordinairement très-constipée.

Les organes génitaux ne présentent aucune lésion, si ce n'est une simple leucorrhée vaginale.

Cette malade nous a raconté qu'elle a commencé à souffrir du rectum il y a trois mois, et que le bouton qu'elle a à l'anus (condjlôme) est apparu à cette époque, que les douleurs sonl devenues de plus en plus intolérables; elle ne perd, dit elle, que depuis deux mois. — Comme traitement, elle prenait des lavements et se lotionnait à l'alcool. — A en croire les renseignements qu'on est obligé de lui arracher, elle n'a jamais eu qu'un seul amant, et assure n'avoir eu aucun rapport anti-physique avec lui; elle ne le croit pas malade, et dit n'avoir jamais eu de boutons aux parties, ni aucune autre maladie vénérienne antérieure.

18 septembre. — Inoculation : 1" ds l'ulcéralion antérieure 2° de l'ulcération du condylôme postérieur; 3° de l'ulcération postérieure. — Bains; pas d'autre traitement.

29 septembre. — Deux des inoculations ont réussi; celle de l'ulcération postérieure a seule manqué. Les ulcérations ont même aspect; cependant, la surface de la postérieure est moins rosée et ses bords un peu plus saillants et comme relevés.

Nous ne l'avons pas réinoculée.

Les bains ont beaucoup soulagé la malade.

Cautérisation tous les huit jours au crayon de nitrate d'argent. Chaque cautérisation amène une douleur qui dure deux heures environ, et est suivie d'un mieux sensible, augmentant à chaque fois. C'est ainsi qu'après la deuxième cautérisation.

elle ne souffrait plus pour aller à la selle, ne perdait plus de sang, et rendait beaucoup moins de matières muco-purulentes. Enfin, les ulcérations se cicatrisent, les douleurs cessent, la contracture disparaît sans dilatation.

28 octobre. — La malade sort parfaitement guérie. A la place des ulcérations, on voit une surface opaline de cicatrisation.

OBS. XI. — Ulcérations chancreuses de Vanus.

Bouv... Clémentine, âgée de 28 ans, blanchisseuse, entrée le 30 juillet 1868 à Thopital Lourcine, salle Sainte-Marie, n" 7, est atteinte de deux ulcérations anales. Tune antérieure et l'autre postérieure.

L'ulcération antérieure esta bords taillés à pic et à fond grisâtre; à sa base est un condylôme ulcéré et dont l'ulcération se continue avec l'ulcération anale.

L'ulcération postérieure est plus petite, à bords beaucoup moins relevés et à fond presque rosé. A cette ulcération correspond également un condylôme, mais ne siégeant pas directement sur la même ligne que l'ulcération anale; il se trouve à côté; de plus, il est beaucoup plus petit que celui de l'ulcération antérieure ; il n'est pas ulcéré, et on reconnaît par le toucher qu'il se prolonge dans le rectum jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter qu'il dépasse, et que là il se renfle, formant une espèce de condylôme interne, libre dans l'ampoule rectale. A la fourchette est une cicatrice semblable à celle que laissent les chancres. Le col utérin est volumi-

neux, violacé, non ulcéré ; par son orifice, il sort du mucopus en assez grande quantité. A l'uine gauche existe un ganglion assez volumineux et indolent.

Cette femme nous dit être malade depuis six semaines, et avoir eu un bouton à lu fourchette, dont elle s'est guérie avec du vin aromatique. Elle ne souffre de Tanus que depuis peu ; elle assure n'avoir pas subi de rapports anti-physiques ; mais elle nous apprend qu'elle est sujette aux constipations, et que souvent elle rend du sang en allant à la selle.

Aucune maladie antérieure.

La malade n'ayant pas été inoculée, nous ne pouvons pas affirmer la nature chancreuse de l'ulcération, malgré toutes les probabilités.

Traitée par les cautérisations au nitrate d'argent.

26 août. — Sort non complètement guérie. Cependant, grâce aux deux cautérisations qu'elle a subies, les bords ne sont plus décollés ni saillants ; ils sont rouges comme le fond, et commencent à se cicatriser.

OBS. XII. — Chancres de l'anus (1).

Bri.,., Marie, âgée de 28 ans, mécanicienne, entrée le 3 septembre 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n» 15, nous présente l'état suivant :

Les régions vulvaires et anales sont garnies d'ulcérations à divers degrés de développement.

(1) Voir planche II.

Les ulcérations vulvaiies qui se trouvent à la partie inférieure des grandes lèvres ont un diamètre de 2 à 5 millimètres, un fond grisâtre, des bords nettement taillés à pic, un pourtour rouge, mais peu saillant. Celles qui sont au-dessus sont encore plus petites, ont un fond rouge et siègent sur une base rouge faisant saillie au-dessus des téguments. Enfin , plus haut encore, on voit de simples rougeurs saillantes sans ulcération à leur sommel. Entre ces diverses lésions, en existent d'autres intermédiaires formant le passage, dételle * sorte qu'on peut les considérer comme étant les degrés divers d'une même lésion.

Quant aux ulcérations de la région anale, elles forment comme un cercle dont l'anus serait le centre; elles ont un pourlour moins large, moins saillant et moins rouge que les ulcérations vulvaires ; leurs bords sont taillés à pic et décollés; leur fond est franchement grisâtre ; enfin, elles sont beaucoup plus grandes. Il en est une surtout qui est plus étendue que toutes les autres, occupant le sillon interfessier à 2 cen«îmètres environ de l'orifice anal ; comme elle s'étend sur les deux côtés de ce sillon, elle a la forme d'une gouttière et elle mesure de 1 à 2 centimètres de diamètre. A l'anus même, on voit en avant, et sur les côtés, plusieurs tumeurs hémorrhoïdaires; puis en arrière, et un peu à gauche, un volumineux condylôme. En dé[)lissant l'anus, on voit que la face interne de ce condylôme est ulcérée, et que cette ulcération se continue dans le rectum; les bords en sont décollés et taillés à pic ; le fond est grisâtre ; il présente des stries longitudinales

d'un rouge foncé, qui paraissent de nature variqueuse; du reste, celte ulcération saigne facilennent; par le toucher, on la suit jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter, où elle se termine par une espèce de petite saillie, comme un petit condylôme interne ; le toucher est douloureux, le sphincter n'est pas contracturé.

Cette malade ne soulTre de l'anus que depuis deux à trois jours; le mal, dit-elle, a commencé par un petit bouton au fondement, lequel s'est ouvert, et c'est alors que les autres sont venus. Impossible d'obtenir des détails sur l'origine de ces chancres; elle nie tout rapport anli- physique, et nous assure n'avoir jamais eu de maladie vénérienne quelconque.

Avant de commencer le traitement, nous inoculons : l'ulcération anale, l'ulcération inlerfessière, les ulcérations pénanales et vulvaires.

15 septembre. — Les inoculations ont toutes réussi, sauf celles des ulcérations vulvaires. On les inocule de nouveau ; puis, comme elles se sont aggravées, on les cautérise ainsi que celles du pourtour de l'anus. On ne touche pas à l'ulcération anale.

22 septembre. — Les inoculations des ulcérations vulvaires ont réussi; elles sont cautérisées.

29 septembre. — Tous les chancres sont guéris. On commence alors le traitement des ulcérations anales par les mèches enduites de pommade au ratanhia et à la belladone.

iS octobre. — La malade soufifre beaucoup moins de l'anus, surtout pour aller à la selle; le fond de l'ulcération a perdu

son aspect jaunâtre; les bords semblent moins décollés; la région paraît moins variqueuse. L'ulcération chancreuse s'est transformée en ulcération simple.

il novembre. — A la place de l'ulcération, on ne voit plus qu'une surface rouge à bords à peine saillants. La malade ne souffre plus. Le condylôme a disparu presque totalement. Les mèches sont supprimées. Légère cautérisation au crayon de nitrate d'argent, afin d'activer la cautérisation.

2 décembre. — La malade sort parfaitement guérie ; à la place de l'ulcération anale, on ne voit plus qu'une surface opaline; il n'existe pas de rétrécissement rectal.

OBS. XIIL — Ulcérations chancreuses de l'anus.

Cla... Antoinette, 29 ans, entrée le 18 mai 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n° 34, n'a jamais eu de maladie vénérienne. Elle se plaint de souffrir de l'anus depuis un mois environ ; elle avait alors un amant avec lequel elle eut un rapport contre nature ; elle perdit du sang par l'anus, et, à partir de ce jour, elle commença à souffrir en allant à la selle. Six jours après apparaissait un bubon, et le surlendemain, elle entrait à l'hôpital . Elle alla d'abord à la Pitié, puis à l'Hôtel-Dieu, et enfin à Lourcine.

Le col de l'utérus présente au pourtour de son orifice quatre ulcérations à surface grisâtre, et ayant de 3 à4 millimètres de diamètre; toucher douloureux. La muqueuse vaginale est rouge et laisse suinter un liquide séro-purulent.

A la partie postérieure de l'anus est un volumineux condy-

lôme dont la face interne est ulcérée; cette ulcération se proloDge dans le rectum jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter ; les bords en sont taillés à pic, déchiquetés et décollés ; le fond en est grisâtre.

Cautérisation du chancre anal toutes les semaines, et mèches tous les jours.

Le 1" juillet, la malade ne souffrant plus i)our aller à la selle, sort de l'hôpital sur sa demande. Cependant, l'ulcération n'est pas complètement guérie; il reste encore une ulcération simple, à fond rosé, à bords non décollés.

OBS. XIV. — Chancres mous de la vulve, de la cuisse

et de l'anus.

Do... Justine, 21 ans, entrée le d5 octobre 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n° 17, se dit malade depuis quinze jours; elle avait alors une petite écorehure à la partie inférieure de la grande lèvre droite. A cette écorehure a succédé un bouton blanc, et en même temps est apparue, à l'aine droite, une grosseur douloureuse. Enfin, dans ces derniers temps, elle a commencé à souffrir de l'anus.

Elle avait, quand elle est tombée malade, un amant qu'elle a su depuis avoir du mal aux parties sexuelles ; elle n'a pas eu de rapprochements contre nature, si ce n'est un seul, mais il y a huit mois, et elle n'a éprouvé ni perte de sang, ni souffrance. Au moment où le boulon de la vulve apparaissait,elle avait une constipation très-opiniâtre amenant des selles trèsdouloureuses.

Actuellement, cette malade présente à l'extrémité inférieure (le la grande lèvre droite, et sur la cuisse, du même côté, deux ulcérations à bords irréguliers, à contour saillant et enflammé (plaques muqueuses ulcérées, ou chancre mou?). A la partie postérieure de Tanusest un condylôme; et en déplissant cette région, on voit une ulcération se prolongeant dans le rectum jusqu'au voisinage du bord supérieur du sphincter; le fond est grisâtre, les bords sont taillés à pic, irréguliers; il y a de la contracture.

Les ulcérations vulvaires, crurales et anales, sont inoculées, et toutes donnent des résultats positifs.

Cautérisations à la solution de nitrate d'argent et mèches.

17 novembre. — La malade ne souffre plus pour aller à la selle; les chancres de la vulve et de la cuisse sont guério ; l'ulcération anale n'est plus chancreuse ; ses bords ne sont plus ni taillés à pic ni déchiquetés; son fond n'est plus grisâtre; les bords sont peu saillants, non décollés ; le fond est d'un beau rouge.

2 décembre. — La malade sort parfaitement guérie; à la place de l'ulcération, on ne voit plus qu'une surface rosée, à teinte opaline.

OBS. XV. — Ulcéralion chancreuse de l'anus et du pli

vulvo-crural-

Genev... Pauhne, âgée de 20 ans, entrée le 29 octobre 1868, salle Sainte-Marie, n° 16, est malade depuis deux se-

mnines. Elle avait vu, huit jours avant, un homme qu'elle a su depuis être malade.

Elle nous présente un chancre mou dans le pli vulvocrural, et une ulcération anale chancreuse avec un condylôme.

Elle est traitée par les cautérisations.

23 novembre. — Le chancre vulvo-crural est guéri ; l'ulcération chancreuse de l'anus considérablement améliorée; ce n'est plus qu'une surface rouge et sans bords taillés à pic.

OBS. XVI. — Ulcéralion chancreuse de l'anus. Rétrécissement du rectum.

Lef... Marie, âgée de 21 ans, entrée le 9 avril i868, salle Saint-Louis, n*» 8, est malade depuis quatre mois. 11 lui était survenu des pertes jaunes très-abondantes, sans chaudepisse ; à quelque temps de là, elle éprouva des souffrances à l'anus; elle était très-conslipée, et elle rendait avec ses matières du sang, et parfois, dit-elle, des morceaux de chair ; elle nie tout rapport contre nature, et elle assure n'avoir jamais eu de boulons aux parties, ni de taches sur la poitrine, ni de mal de gorge; ses cheveux sont tombés cependant depuis qu'elle est malade. Elle fut traitée et guérie de son écoulement par des tampons d'alun et des injections de feuilles de noyer.

Les plis de l'anus, les postérieurs surtout, sont hypertrophiés et forment de véritables condylômes allongés, rayonnant autour de l'orifice anal ; leur surface est légèrement ma-

melonnée; ils sont un peu violacés, comme congestionnés. Pas d'hémorrhoïdes. En arrière, il existe un condylôme plus large, plus saillant que les autres, quoique moins long ; si on déplisse la région, on reconnaît qu'il est ulcéré par sa face anale et que cette ulcération se prolonge dans lerecluni; jusqu'à 2 ou 3 centimètres de l'orifice, c'est-à-dire jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter, lequel est contracturé. Au-dessus, le doigt rencontre une espèce dejsaillie molle, irrégulière, qui rétrécit le canal; en poussant un peu, on dépasse bientôt cette espèce de valvule qui paraît peu épaisse, et on arrive dans une partie beaucouf) plus large et à surface lisse. Cet examen est excessivement douloureux. En retirant le doigt, on voit sortir à sa suite une espèce de grosse larme de matière épaisse et jaunâtre. Ayant endormi la malade, on découvre, avec le spéculum de Sims, l'ulcération dans toute son étendue et la partie inférieure du rétrécissement; l'ulcéraiion estallongée suivant l'axe du rectum, plus large à sa paroi supérieure au voisinage du rétrécissement; les contours sont irréguliers, mamelonnés, comme végétants; les bords sont taillés à pic; le fond est grisâtre, et, dans la partie supérieure surtout, il existe de petites saillies d'un rouge assez vif. Les saillies qui bordent l'ulcéraiion se continuent avec le tissu du rétrécissement ; celui-ci est mameloné, rouge vif, comme végétant.

La malade est sujette à des alternatives de diarrhée et de constipation; dans ce dernier cas, les matières sont effilées, striées de sang et de sanie purulente, et la défécation est

excessivement pénible. De plus, il s'écoule de l'anus une sanie purulente amenant de fréquentes envies d'aller à la selle, tachant en jaune le linge et l'empesant comme l'amidon.

24 avril. — La malade étant chloroformée, M. Péan pratique la dilatation forcée : les tissus qui forment le rétrécissement cèdent assez facilement; des mèches rectales volumineuses sont placées journellement, et l'ulcération anale est cautérisée tous les huit jours. Sous l'influence de ce traitement, la douleur disparaît; le toucher rectal et les selles ne sont plus pénibles. A la place du rétrécissement, on trouve une surface mamelonnée irrégulière, ne faisant pas saillie; rulcération tend à la guérison ; ses bords se continuent avec

le fond qui est d'un beau rouge. Il s'écoule toujours de l'anus une grande quantité de pus jaune crémeux.

La malade nous quitte (28 mai) avant d'attendre sa guérison complète.

Le 3 septembre^ elle se présente à la consultation de l'hôpital : l'anus présente deux condylômes volumineux, et sur l'un d'eux, une ulcération profonde à bords taillés à pic, mais non décollés et sans fond grisâtre. Le rétrécissement n'a pas reparu; l'ulcération est cicatrisée, dans sa partie inférieure du moins; mais là oii était sa partie la plus profonde, immédiatement au-dessous des mamelons, débris du rétrécissement, on trouve une ulcération profonde ayant environ la largeur d'une pièce de 50 centimes. La malade ne soutire plus, mais elle perd toujours beaucoup de pus parle fondement, et se plaint d'avoir souvent de la diarrhée. Pendant tout le temps de son séjour hors riiôpital, elle a mis des mèches très-volumineuses; aussi l'anus est-il fortement dilaté.

Le 8 octobre, la malade rentre à l'hôpital à peu près dans le même état. Nous lui ordonnons des mèches enduites de pommade à l'extrait de ratanhia et de belladone, et nous cautérisons l'ulcération profonde de l'anus.

Un mieux sensible apparaît, les pertes diminuent, l'ulcération se cicatrise en partie; mais la partie la plus profonde persiste encore sous forme de petite cavité en cuUde-sac, et constitue ainsi une véritable fistule borgne interne. Nous enlevons (30 octobre) avec les ciseaux courbes, et à l'aide du spéculum de Sims, le pont qui forme la paroi de cette fistule

borgne interne ; nous continuons les mèclies et les cautérisations.

La malade allait de mieux en mieux quand, le 19 novembre, elle fut obligée de quitter l'hôpilal pour cause d'insubordination.

Le 16 août 1869, l'un de nous retrouve la malade à la Pitié, salle Saint-Jean, no 10 (service de M. le docteur Trélat). Elle y était entrée pour se faire soigner d'une hydarthrose du genou droit. Elle nous raconte qu'elle a continué à mettre des mèches après sa sortie de Lourcine, qu'elle ne souffre presque plus du fondement, que ses défécations sont faciles^ si bien qu'elle n'a point voulu parler de son accident antérieur dans le service. Elle perd cependant encore un peu de mucopus; par le toucher, on arrive à 3 centimètre 1/2 de l'orifice sur une bride résistante siégeant sur la paroi postérieure et gauche du rectum ; elle ne produit pas, à vrai dire, de rétrécissement, mais plutôt une simple diminution dans la dilatabilité du rectum en ce point.

Ajoutons qu'il ne lui est arrivé aucune affection qu'on puisse attribuer à la syphilis, et qu'actuellement elle n'en présente aucune trace.

OBS. XVU. — Ulcération chancreuse de l'anus.

Mich... Marie, âgée de 17 ans, entrée le 9 avril 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n° 22, a déjà eu un écoulement il y a neuf mois environ, lequel a été guéri en quinze jours. Elle est retombée malade il y a un mois, quatre jours

après un coït suspect; elle ne s'est pas soignée, et a continué cependant à voir des hommes; elle avoue avoir subi plusieurs rapprochements contre nature ; et depuis, elle souffre de l'anus.

Aujourd'hui, elle présente un œdème vulvaire considérable, lié à une vulvile intense; il n'existe pas d'ulcération à la vulve; le vagin est rouge, et le siège d'un écoulement jaune vert. A la partie postérieure de l'anus, condylôme et ulcération remontant dans le rectum, à bords taillés à pic déchiquetés et décollés, à fond grisâtre et rouge par places.

Lavages, tampons d'alun, cautérisations et mèches.

19 avril. L'œdème vulvaire a disparu, l'écoulement a diminué. L'ulcération anale a son fond rouge en voie de cicatrisation.

iO juin.— La malade ne perd plus; le condylôme est devenu très-peu volumineux. L'ulcération anale est en partie cicatrisée.

20 juin. — Sort guérie.

OBS. XVill. — Chancres mous de la vulve et de l'anus (1).

Paill... Marie, âgée de 33 ans, entrée le 12 septembre 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n» 38, est tombée malade, pour la première fois, à l'âge de 24 ans ; il lui était venu un chancre et des végétations. L'année suivante, elle passa trois mois à Saint-Louis pour s'y faire soigner de syphilides

1) Voir planche III.

papuleuses. Depuis, aucun accident. Mais il y a trois semaines environ, elle s'est aperçue d'un boulon h la fourchette; d'autres ont ensuite apparu à la vulve ; et depuis quelques jours, elle souffre de l'anus, surtout pour aller à la selle; elle était, du reste, très-constipée ; et elle nous raconte que son amant, après un coït normal, avait essayé de « pénétrer en arrière,» mais sans succès.

Nous lui trouvons [)lusieurs chancres mous sur les grandes lèvres; à la fourchette, deux autres chancres mous situés l'un au-devant de l'autre et séparés par un petit pont de peau décollée, sous lequel les deux chancres sonten communication. En avant de l'anus, sur la ligne médiane, un petit chancre mou mesurant 3 millimètres de diamètre environ ; latéralement, trois tumeurs variqueuses, une à gauche et deux à droite. En arrière, deux condylômes, l'un plus petit et portant plus à gauche, l'autre plus volumineux et tout à fait en arrière. En déphssant la région, on reconnaît que ces deux condylômes sont ulcérés par leur face anale; l'ulcération du plus petit condylôme est plus étendue, tandis que celle du plus volumineux remonte dans le rectum jusqu'au bord supérieur du sphincter; à sa terminaison, on perçoit une petite tumeur, véritable condylôme interne, faisant saillie dans la portion ampullaire du rectum.

Les caractères de ces ulcérations ne diffèrent en rien de ceux des chancres mous : bords taillés à pic, irréguliers, décollés, fond grisâtre et suintant.

Avec le suintement de l'ulcération anale, on i>ralique deux

noculations au voisinage de l'anus; une seule réussit et donne lieu à un chancre mou.

Les chancres mous de la fourchette et ceux de l'anus sont cautérisés avec la solution de nitrate d'argent, une fois toutes les semaines; des mèches anales sont introduites chaque jour. Bientôt les chancres de la fourchette^ comme ceux de Tanus^ perdent leurs caractères pour se convertir en ulcérations simples ; mais tandis que ceux de la fourchette se cicatrisent rapidement, ceux de l'anus ne progressent que lentement, et ce n'est que le 2 janvier 1869 que la malade peut sortir parfaitement guérie ; l'ulcération était remplacée par une cicatrice rosée; les parois rectales étaient souples et non rétrécies.

OBS. XIX. — Ulcération chancreuse de Vanus.

Plas... Marie, âgée de 22 ans, entrée le 23 avril 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Ferdinand, n» 14, est malade depuis 10 mois. A cette époque, il lui est venu de la cuisson en urinant, des démangeaisons, des ulcérations et du gonflement des grosses lèvres, des douleurs au fondement. Elle vivait alors avec un amant qu'elle a su être malade, et elle avoue avoir subi de lui un rapprochement contre nature ; elle perdit un peu de sang sur le moment, et c'est depuis cet acte qu'elle soufTre de l'anus.

Elle alla à la Pitié, y resta deux mois, pendant lesquels elle fil une fausse couche de trois mois ; elle en sortit non guérie* Elle se rendit alors à Lourcine ; là, on lui diagnostiqua,

dit-elle, un chancre qui fut cautérisé au chlorure de zinc; elle sortit au bout de huit semaines environ ; elle souffrait encore pour aller à la selle. Pendant les deux mois qu'elle est restée hors de l'hôpital, les douleurs du fondement n'ont fait qu'augmenter, et c'est pour s'en guérir qu'elle entre dans le service.

Nous lui trouvons, en effet, une ulcération occupant le bord postérieur de l'anus et toute la paroi correspondante de la portion sphinclérienne du rectum. Cette ulcération a tous les caractères d'un chancre mou, et à sa base est un condylôme.

La malade est cautérisée à la solution de nitrate d'argent.

L'ulcération cUancreuse prend peu à peu les caractères d'une ulcération simple, et le 2 juin, voici ce que nous constatons :

En déplissant l'anus, on voit, au niveau du condylôme, lequel a été détruit en partie par l'ulcération chancreuse, une petite ulcération se dirigeant vers le rectum et se terminant en pointe au niveau du bord de l'anus. Par le toucher, on trouve au-dessus de ce bord une autre ulcération qui cesse au niveau du bord supérieur du sphincter. A l'aide du spéculum de Sims, on constate que ces deux ulcérations sont situées sur une même ligne et sont réunies par une petite cicatrice longitudinale; elles ont mêmes caractères ; bords peu élevés, non décollés, fond rouge. On peut donc dire que ces deux ulcérations proviennent de l'ulcération chancreuse primitive, laquelle s'est cicatrisée au niveau du bord de l'anus.

Le 10 juin, les deux ulcérations sont cicatrisées, et la

malade sort le 17 parfaitement guérie. Le rectum a conservé son calibre normal et ne présente pas de rétrécissement en aucun point.

OBS. XX. — Ulcéralion chancrense de la fourchetlc

et de l'anus.

Rib... Marie, âgée de 27 ans, entrée le 19 novembre à l'hôpital Lourcine, salle Sainte-Marie, n^SQ, souffre depuis quinze jours de la matrice, et depuis dix jours de l'anus ; elle a subi plusieurs fois des tentatives infructueuses de rapprochement contre nature; mais c'était bien avant d'avoir mal à la vulve.

Actuellement, elle porte à la fourchette un petit chancre mou, et à Tanus deux condylômes, l'un antérieur, l'autre postérieur, tous les deux ulcérés par leur face interne. Ces ulcérations à fond grisâtre, à bords taillés à pic et décollés se prolongent jusqu'à l'ampoule rectale.

Cautérisations et mèches.

Le chancre mou de la fourchette se guérit complètement; les ulcérations chancreuses de l'anus se transforment en ulcérations simples.

Le 17 janvier, à la place des ulcérations, on ne voit plus qu'une surface rosée opaline, hmitée par un petit rebord à peine saillant; le rectum est souple et sans rétrécissement. La malade ne souffre plus; elle est vraiment guérie.

OBS. XXI. — Ulcération chancreuse de l'anus et de la fourchette.

Sim... Adèle, âgée de 17 ans, entrée le 27 mai 4868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Ferdinand, n" 12, a depuis six mois un chancre à la fourchette, à la suite duquel il lui est venu du mal au fondement; elle était alors très-constipée; elle assure n'avoir jamais subi de rapport anti-physique.

Outre son chancre à la fourchette, nous lui trouvons une ulcération chancreuse de l'anus avec condvlôme et hémorrhoïdes.

Les chancres de la fourchette et de l'anus sont cautérisés toutes les semaines ; des mèches sont introduites chaque matin.

27 août. — La malade est renvoyée pour inconduite. Le chancre de la fourchette était cicatrisé depuis longtemps ; mais l'ulcération anale, tout en ayant perdu son caractère chancreux, persistait encore.

OBS. XXII. — Ulcération chancreuse du col utérin. —

Chancre anal.

Wuit... Valentine, âgée de 21 ans, entrée le 15 octobre 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint- Ferdinand, n" 6, est malade depuis six semaines environ; elle perd et souffre de l'anus et du ventre; elle avoue un rapport contre nature, mais cela près de deux mois avant de tomber malade.

Elle n'a pas de leucorrhée; sur la lèvre antérieure

du col utérin, elle présente une ulcération probablement chancreuse; à l'anus, ulcération chancreuse que nous avons inoculée, et qui nous a donné un résultat positif. Cautérisations, mèches cératées.

dS novembre. — La malade sort: l'ulcération du col est guérie, mais le chancre anal ne l'est pas complètement. Cependant, les bords ne sont plus taillés à pic, ni décollés ; ils se continuent presque insensiblement avec le fond qui est opalin à la périphérie, rouge vif au centre; en somme, ce n'est plus qu'une ulcération simple en bonne voie de réparation.

m. ULCÉRATIONS SYPHILITIQUES.

Les ulcérations syphilitiques se divisent naturellement en trois groupes : ulcérations primaires, secondaires, tertiaires.

1 — Ulcérations primaires.

Les ulcéralioiis primaires se rapportent à une seule variété, constituée par ce qu'on appelle : chancre induré, chancre infectant, chancre d'infection, chancre syphiUtique. Nous préférons ces deux dernières dénominations, à celle du chancre induré qui est sujette à conteste, et à celle de chancre infectant, car ce chancre n'infecte pas; il indique, au contraire, que l'individu est infecté ; il est la première manifestation de l'infection syphilitique.

Pendant l'année 1868, nous n'avons pas eu à l'hôpital Lourcine un seul cas de chancre d'infection à l'anus. Cette

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rareté nous paraît Icnir à ce (lue les malades, pe rendant librement à cet hôpital, n'y entrent pas pour des lésions si bénii^nesen apparence. Aussi, faute d'expérience, nous contenterons-nous de résumer en quelques mots ce que l'on sait à ce sujet. Voici un relevé que nous avons fait sur le nombre des chancres indurés de Tanus, et de ceux des autres régions, chez l'homme et chez la femme.

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