FEMMES
Anus.
Autres régions.
Anus.
A ulres régions
Bassereau.
Fou''Dier.
Glei'J
Martin.
Carrier.
Total
On voit donc, d'après cela, que le chancre induré de l'anus, qui d'une façon générale est assez rare (1/68), est beaucoup plus fréquent chez les femmes (1/13) que chez les hommes (1/177).
Le chancre induré, ne se développant pas par auto-inoculation, comme le chancre mou, résulte donc d'une contamination directe. Il ne faudrait cependant pas en conclure qu'il soit toujours produit par un rapport contre nature. On conçoit, sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans plus de détails, que le simple contact des parties génitales de l'homme suffise pour infecter, non-seulement la vulve, mais encore les parties circonvoisines; et, comme ce mode de contagion se-
•-ail à peu près impossible de femme à homme, on pourrait peut-être s'expliquer ainsi la différence considérable qui existe entre la fréquence du chancre d'infection à l'anus chez Thomme et chez la femme.
Le chancre d'infection se rencontre ordinairement à la marge de l'anus ; cependant, on en aurait rencontré dans le conduit anal. Il est solitaire d'habitude, et quand il en existe plusieurs, il y aurait eu plusieurs inoculations simultanées.
A Tanus, comme partout ailleurs, il se présente sous la orme d'une ulcération à bords non taillés à pic, de teinte plus ou moins foncée, et donnant au toucher une induration spéciale dite parcheminée, bien différente de l'induration inflammatoire, laquelle est moins nettement limitée et moins résistante. Peu de suppuration; inoculable sur un individu vierge de syphilis, non inoculable sur le sujet porteur du chancre. Pléiade ganglionnaire constante. Peu ou pas douloureux quand il siège à la marge. Nous ne savons si, quand il existe dans le conduit anal, il détermine de la douleur et des troubles de défécation.
La marche est lente. Ordinairement, il se termine spontanément, par cicatrisation de l'ulcération, et résolution de l'induration. Il peut se transformer en plaque muqueuse. Ajoutons enfin que les autres manifestations syphilitiques ne tardent pas à se montrer.
On ne pourrait confondre le chancre d'infection qu'avec
une érosion simple enflammée, un chancre mou, et même une plaque muqueuse.
1° Dans l'érosion simple, il peut exister une induration, mais qui sera inflammatoire, et par conséquent différente de celle du chancre infectant. L'érosion simple est rarement accompagnée de ganghons, se guérit rapidement lorsqu'elle est soignée méthodiquement, et enfin n'est pas suivie de manifestations syphiUtiques.
2° Le chancre mou débute sans incubation, signe important si les commémoratifs sont dignes de foi. Les bords taillés à pic, son fond grisâtre, lui donnent un aspect tout différent. Sa marche est d'ordinaire plus rapide, et il est rarement suivi de manifestations syphilitiques ; en effet, le chancre mou ne peut être, pour le virus syphihtique, qu'une porte d'entrée, tandis que le chancre d'infection en est la première manifestation.
Nous ferons, dans le chapitre suivant, le diagnostic avec les plaques muqueuses.
A ne considérer que la lésion locale, le pronostic est trèspeu grave, tandis qu'il est très -sérieux si on considère les accidents généraux qui pourront survenir.
Le traitement local consistera surtout en soins de propreté. On pourra commencer le traitement anti-syphilitique, à moins qu'on ne préfère attendre les premières manifestations secondaires, dans le but de contrôler le diagnostic porté.