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parties, taches sur le corps; elle était alors enceinte et vivait maritalement avec son amant, qu'elle croit sain. Un mois après le début de ces premiers accidents, elle a commencé à souffrir de l'anus, et, depuis trois semaines, la défécation est devenue très-pénible. Elle assure n'avoir subi aucun rapport anli physique, et elle n'a pas éprouvé de constipation remarquable.
Dans ces derniers temps, elle est accouchée à terme, mais d'un enfant mort-né.
Actuellement elle présente: à la commissure droite, des plaques muqueuses fendillées ou en grain d'orge; rien dans la bouche ni aux amygdales. Aux régions inguinales droite et gauche, pléiades ganglionnaires. Au niveau du pli fémorogénital gauche, groupe de végétations de la largeur d'une pièce de cinq francs. A la vulve, plaques muqueuses, multiples, saillantes et végétantes. La fourchette est tapissée de végétations molles vasculaires, s'élendant à quelques centimètres dans le vagin et sur les petites lèvres. La muqueuse vaginale est rouge, mais pas d'écoulement. Le col est volumineux, violacé; son orifice est entr'ouvert et donne issue à du muco-pus(on se rappelle que la malade est accouchée récemment). L'utérus est en position et situation normales ; il est mobile. La région anale présente des végétations et quelques tubercules muqueux. A l'anus, on voit un condylôrnc occupant le sillon interfessier, et mesurant près de 3 centimètres de longueur et 1 centimètre de hauteur ; les plis latéraux sont légèrement épaissis. En déplissant l'anus, on dé-
couvre une ulcération et des végétations; l'ulcération siège au niveau du condylôme ; elle est longue d'environ 2 centimètres, et large de près de 1 centimètre, l'anus étant déplissé ; elle est très-superficielle et ne paraît pas dépasser l'épaisseur des téguments; les bords ne sont point décollés, déchique tés; le fond est rosé et comme végétant. Les végétations occupent les parties latérales de cette ulcération et forment comme deux croissants transversalement placés au milieu de la région sphinctérienne; on n'en retrouve plus au delà de 3 à A centimètres de profondeur. Ces végétations sont assez petites et gris-rosé ; leur base est entourée de petites érosions circulaires analogues aux ulcérations folliculaires. Il y a de la contracture, et la malade se plaint de souffrir pour aller à la selle, et de perdre du sang par le fondement.
Par les cautérisations, les plaques muqueuses disparaissent, mais les végétations persistent ainsi que la fissure, les ulcérations folliculaires et la douleur de la défécation.
La malade ne voulant accepter aucune intervention chirurgicale, sort de Thopital le 9 septembre.
OBS. XXXVI. — Leucorrhée. — Plaques muqueuses vulvaires. — VégétaUons vulvaires el anales, avec ulcérations folliculaires et léger rétrécissement rectal.
Gay... Anne, âgée de 24 ans, entrée le 4 juin 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Sainte-Marie, n» 8, se dit malade depuis un an ; elle avait, à cette époque, des boutons aux parties, boulons qui furent cautérisés avec la pierre infernale, et qui ne
{^iiôriront qu'au bout de deux mois. Depuis quinze jours, sep boulons sont revenus.
Examinée, nous hii trouvons des i)laques muqueuses vulvaires et une pléiade ganglionnaire dans chaque aine; elle a
également des plaques muqueuses buccales. Le col utérin est sain ; la muqueuse vaginale est pâle et laisse suinter un liquide blanc ; de plus, il se présente de nombreuses petites végétations, lesquelles sont plus abondantes au niveau de la fourchette. La région anale est parsemée de végétations, les replis de l'anus sont, pour la plupart, plus volumineux qu'à l'état normal, et c'est principalement sur eux que siègent ces végétations. Parmi ces replis, l'un d'eux, dirigé en bas et à gauche, est plus volumineux que les autres; on dirait un véritable condylôme. A la base de quelques-unes de ces végétations, il existe de petites ulcérations ressemblant assez aux ul
cérations folliculaires; elles varient de dimension entre une tête d'épingle et une lentille; elle sont comme taillées à l'emporte-pièce, à contours réguliers; le fond est d'un rouge assez vif; on en trouve également une ou deux qui ne correspondent pas à des végétations. Il n'existe pas d'ulcérations à l'extrémité du condylôme dont nous parlions plus haut. Le rectum est tapissé,comme le vagin, de végétations qui font sa surface rugueuse, diminuent son calibre et rendent les défécations pénibles. On n'y constate pas d'ulcération.
Les plaques muqueuses sont traitées par les cautérisations; la leucorrhée, par les tampons d'alun. Puis, les plaques muqueuses étant guéries , et la leucorrhée considérablement améliorée, les végétations les plus saillantes, vulvaires et vaginales, anales et rectales, sont excisées avec des ciseaux, et pansées avec de la charpie. Les petites ulcérations anales se cicatrisent spontanément; puis, la malade ne souffrant plus pour aller à la selle, quitte l'hôpital sans attendre sa complète guérison; il existait encore de nombreuses végétations sessiles commençantes, dans la partie inférieure du rectum en particulier.
4° Les ulcères chroniques que nous avons rencontrés à la période des accidents secondaires ne nous ont poini paru différer de ceux que nous avions observés en dehors de toute manifestation syphilitique ; de sorte que la vérole ne paraît point avoir d'influence sur eux en lantque maladie spécifique; mais, dans le mécanisme de leur production, elle agit probable-
ment par les troubles de nutrition qu'elle détermine. Et, en effet, si on se rappelle ce que nous avons constaté à propos des ulcères chroniques sans syphilis, à savoir que, dans tous les cas, nous avions trouvé des hémorrhoïdes à l'anus, ce qui nous a conduits à regarder ces ulcères comme des ulcères variqueux; si, d'autre part, on remarque que dans les observations d'ulcères chroniques avec syphilis, les hémorrhoïdes sont moins fréquemment constatées, on conviendra que la chronicité qui était attribuée au trouble de nutrition locale engendré par les hémorrhoïdes, peut et doit ici rentrer sur le compte de la maladie diathésique, laquelle s'accompagne d'un trouble de nutrition général. Nous devons dire qu'il existe cependant une légère différence entre les ulcères chroniques sans syphilis et avec hémorrhoïdes, et ceux avec syphilis et sans hémorrhoïdes; c'est que les premiers sont, en général, plus difficiles et plus longs à guérir que les seconds; et cette légère différence, loin d'infirmer notre manière de voir, ne fait que l'affirmer ; car, avec elle, on s'explique parfaitement ce résultat : nous sommes impuissants devant les hémorrhoïdes, tandis que nous pouvons parfaitement venir à Lout de l'anémie et des troubles de nutrition que détermine la syphilis.
Cela nous amène à recommander, à côté du traitement local déjà indiqué , le traitement tonique et antisyphihtique»
OBS. XXXVII. — Plaques muqueuses vulvaires. — Fissure ulcéreuse.
Dum... Louise, 18 ans, est entrée le 6 aoùH868, àLourcine, salle Saint-Louis, n. 27, pour se faire soigner de plaques muqueuses vulvaires et d'une fissure ulcéreuse à l'anus.
Les plaques, cautérisées avec la solution de nitrate d'argent (parties égales), sont guéries en deux semaines après deux cautérisations.
La fissure, traitée par les mêmes moyens', a été beaucoup pins rebelle, et la malade n'a pu sortir que le 6 octobre.
OBS. XXXVUl. — Syphilis. — Vaginite. — Uémorrhoïdes. — Ulcération chronique de l'anus {i).
Eud... Héloïse, âgée de 18 ans, entrée le 27 août 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n» 14, a été précédemment atteinte de vaginite et de plaques muqueuses pour lesquelles elle est allée à Thôpital Saint-Louis, où elle est restée trois semaines.
Aujourd'hui, elle nous arrive dans Tétat suivant : Syphihdes papuleuses disséminées sur le tronc et les membres ; abcès de la glande vulvo-vaginale, vaginite. La lèvre antérieure du col utérin est ulcérée. La marge de l'anus est saine ; on y voit les cicatrices des plaques muqueuses guéries. Les plis de l'anus sont volumineux et légèrement variqueux.
(1) Voir planche I, figure 2.
A la partie poslcrieiiro de l'orifice anal est un condylôme ulcéré par sa face interne, et cette ulcération se continue dans le rectum ; elle a la forme d'un triangle dont le sommet serait dirigé vers le bord supérieur du sphincter anal, et dont la base serait formée par le condylôme; elle mesure 3 centimètres de base et 2 centimètres de hauteur; les bords sont saillants, un peu taillés à pic, mais réguliers et non décollés ; le fond présente quelques stries longitudinales, les unes rouges, les autres grisâtres, ayant de 2 à 5 millimètres de hauteur; ce fond laisse suinter un liquide séreux a^sez abondant : au toucher, on éprouve une légère conslriction.
La malade, cependant, ne souffre que très-peu, aussi ne se prête-t-elle que fort mal au traitement; elle ne se laisse pas cautériser et met ses mèches très-irrégulièrement.
T.e 21 septembre, la vaginite et l'abcès vulvaire étant guéris, la malade sort malgré nous; l'ulcération anale était peu modifiée ; le fond, cependant, était moins grisâtre, plus rosé.
La sérosité de l'ulcération anale a éléinoculée,et n'adonné aucun résultat.
OBS. XXXIX. — Vaginite. — Plaques muqueuses. — Ulcère anal.
Ler... Léonie, âgée de 33 ans, entrée le 5 mai 1868, à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n" 5, a été prise, il y a un mois, d'un écoulement jaune avec douleurs en urinant et déman-
geaisons à la vulve. Elle avait vu son amant la veille et quinze jours avant.
Nous lui trouvons une vaginite et un abcès vulvo-vaginal du côté gauche.
L'abcès est ouvert, et des tampons d'alun sont placés dans le vagin.
d2 mai. — L'abcès est guéri; la vaginite s'améliore ; mais nous apercevons de nombreuses petites taches cuivrées lenticulaires sur le tronc, les membres et la vulve. Ces taches vulvaires, plus nombreuses que les autres, deviennent, de rosées et de sèches qu'elles étaient, quelque peu grisâtres et suintantes (19 mai). Nous nous apercevons aussi d'une ulcération avec condylôme à la partie postérieure de l'anus; cette ulcération, qui est à bords taillés à pic, mais non décollés et à fond rouge, est de date ancienne.
La malade nous dit, en effet, souffrir du fondement depuis très-longtemps; elle n'osait nous l'avouer.
Le 26 tnaî, les plaques muqueuses vulvaires qui ont été cautérisées sont cicatrisées. L'ulcération anale a résisté plus longtemps, et la malade ne sort guérie que le 9 juillet.
OBS. XL. — Leucorrhée. — Syphilis. — Ulcération chronique de l'anus.
Lev... Rosalie, âgée de 18 ans, entrée le 47 septembre 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n° 6, a déjà fait plusieurs séjours à Lourcine. La première fois qu'elle y vint juillet 1867), ce fut pour se faire soigner d'une vaginite ;
on lui nioltait des tampons d'alun doux fois par semaine, et cependant quand elle sortit après six mois de séjour, elle n'était pas complètement guérie ; il lui était venu, de plus, des végétations à la vulve, qui furent coupées et brûlées quelque temps avant son départ.
Depuis, elle est rentrée deux fois (janvier et mars 1868), les deux fois avec une vaginite et de nouvelles végétations, et les deux fois elle sortit débarrassée de ses végétations, mais gardant encore de la leucorrhée.
Cette fois, elle nous revient dans l'état suivant :
Syphilides papulo-squammeuses disséminées sur le corps, ganglion mastoïdien, mal de gorge et plaques muqueuses à la vulve et à l'anus ; à la fourchette, cicatrice qui pourrait bien être celle d'un chancre j muqueuse vaginale pâle, écoulement blanc et séreux; sur les deux lèvres du col, petites plaques saillantes plus blanches que le tissu utérin; ulcération anale à bords taillés à i)ic, à fond gris rosé.
Elle nous raconte qu'elle souffre de l'anus depuis longtemps, qu'il lui est venu un chancre à la fourchette il y a trois mois, qu'à quelque temps de là, elle a éprouvé une fatigue générale par tout le corps, si bien qu'elle croyait faire une maladie. C'est alors qu'elle s'est aperçue de grosseurs dans l'aine; quant aux taches, elles n'existent que depuis quinze jours, ainsi que les croûtes dans les-cheveux; le mal de gorge depuis huit jours seulement.
Tampons, mèches, sirop mercuriel, cautérisations.
Le 11 novembre, elle sort guérie de l'ulcération anale, mais
seulement améliorée de sa leucorrhée et de ses syplillides.
OBS. XLÏ. — Plaques muqueuses anales. — Fissures et ulcère chronique de Vanus.
Schu... Christine, âgé de 23 ans, entrée le 6 août 1868, à Lourcine, salle Sainte-Marie, n" 5, s'est aperçue, il y a cinq mois environ, d'un boulon qui lui était venu à la matrice. Quinze jours après, elle était prise d'une courbature générale^ il lui venait ensuite des taches sur le corps et des boutons à ranus, et c'est peu après qu'elle a commencé à souffrir du fondement. Ajoutons qu'il y a un mois elle est accouchée d'un enfant mort-né. Elle nous raconte que lorsqu'elle est tombée malade, son amanl avait des plaques muqueuses sur les côtés des bourses, et que, quelque temps avant, il avait essayé plusieurs fois des rapports contre nature, lesquels n'avaient pas été consommés. Quand elle commença à souffrir de l'anus, elle était extrêmement constipée depuis quelque temps, et même elle perdait du sang en allant à la selle. Enfin, elle a beaucoup plus souffert depuis sa couche.
Le col et le vagin sont sains; la vulve présente des rougeurs érythémateuses sur les deux lèvres; les deux aines sont le siège de pléiades ganglionnaires. Toute la région anale est garnie de larges plaques muqueuses qui se continuent les unes avec les autres, et s'étendent jusqu'à l'orifice rectal; là on découvre, entre les plis de la région, plusieurs fissures, et par le toucher reclal on trouve deux ulcérations situées, Tune sur la paroi antérieure, et l'autre sur la paroi postérieure; en
haut, elles ne dépassent pas le sphincter; en bas, elles se terminent par un petit condylôme ; elles sont de forme allongée; les bords sont taillés à pic, non décollés; le fond est rouge vers le bord, un peu grisâtre au centre.
Cautérisations à la solution de nitrate d'argent, sirop de Gibert.
Le 30 août, les plaques muqueuses sont cicatrisées, il ne reste plus à leur place qu'une surface rouge; les fissures ont disparu, les ulcérations anales se cicatrisent lentement.
Le 29 septembre, elles ne sont pas encore guéries, mais la malade ne souffre plus pour aller à la selle.
Enfin, le 21 octobre, la malade sort de l'hôpital; à la place des ulcérations, il existe une surface rose opaline ; les condylômes ont disparu ; on ne voit plus que les traces des plaques muqueuses. La guérison est complète.
5° Les chancres mous de l'anus, que l'on rencontre avec la syphilis, peuventnaître en même temps qu'elle, et même dans le même lieu ; mais comme l'incubation du chancre mou est peu longue, tandis que celle de la syphilis l'est beaucoup plus, on voit apparaître celle-ci un certain temps après celui-là. Le chancre mou a-t-il alors des caractères spéciaux qui permettent de faire supposer l'invasion syphilitique ? Nous ne saurions l'affirmer.
Nous ne savons pas non plus si un chancre mou développé avant l'infection syphihtique est modifié par l'arrivée de cette
maladie. Il faudrait, pour pouvoir répondre, avoir observé des cas simples et précis, ce que nous n'avons pas eu le bonheur de rencontrer. La plupart du temps, les malades nous arrivaient à Lourcine portant à la fois un chancre mou et des plaques muqueuses.
Quoi qu'il en soit, ces chancres mous coïncidant avec la syphilis,nous ont paru différer très-peu, quant aux caractères physiques et fonctionnels, de ceux que nous observions en même temps sur des sujets non dialhésiques. La principale différence avait trait à la marche, qui nous a paru être quelque peu chronique, ce qui est en rapport avec ce que nous disions plus haut; et s'il existait simultanément des hémorrhoïdes, la chronicité atteignait son maximum.
Ajoutons que c'est dans ces cas de chancres mous avec syphiUs que les rétrécissements dits syphilitiques du rectum ont le plus de tendance à se produire. Nous reviendrons spécialement sur ce sujet dans la seconde partie de ce travail.
Quant au traitement, il doit être surtout local ; mais si Ton veut guérir promptement, il ne faut pas non plus oublier le traitement général antisyphilitique, alors même qu'il n'existerait pas de manifestations actuelles.
OBS. XLII. — Plaques muqueuses anales. —Ulcération chancreuse de Vanus.
Dupr. .. Marie, âgée de 39 ans, entrée à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n° 6, le 7 mai 1868, est tombée malade en novembre 1867. Elle nous raconte qu'elle a un mari dé-
bauché qui, en un jour d'ivresse, la força à subir un rapprochement contre nature; elle ressentit alors une vive douleur et perdit un peu de sang ; elle était déchirée, dit-elle; et, depuis, elle continua àsoufTrir de l'anus, surtout pour aller à la selle; bientôt après, elle commença à perdre par le fondement. En décembre, il lui survint une courbature générale, et des boutons apparurent à l'anus; puis, en janvier, il lui en vint à la bouche; des croûtes se montrèrent dans les cheveux, des grosseurs au cou, et elle commença à souffrir de la gorge.
Le 21 janvier, elle entra à Cochin, service de M. le docteur Lefort;là, elle fut cautérisée et prit une hqueur dont elle ne sait pas le nom.
Le l*"- février, elle sortit de l'hôpital sur sa demande; elle y rentra le 8, et fut encore obligée d'en sortir avant d'être complètement guérie.
Pendant quelque temps, elle continua à suivre encore les consultations de l'hôpital Cochin; enfin, ne se sentant pas mieux, elle se décida à entrer à l'hôpital Lourcine; et voici ce que nous constatons :
A la face interne de la grande lèvre gauche et louchant le clitoris,est une érosion ayant la forme et la dimension d'une pièce de 1 fr., de couleur rouge et de consistance un peu résistante. Dans les deux aines, pléiades gangUonnaires. Le vagin paraît normal; le col utérin est rouge et légèrement saignant, et laisse sortir par son orifice un peu de mnco-pus. A l'anus, il existe des plaques muqueuses siégeant sur les
plis radiés légèrement liypeitroi)hiés. Puis, en déplissant la région, on voit une ulcération à bords taillés à pic, à fond grisâtre et se prolongeant dans le rect.uni jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter anal. Par le toucher, il semble exister une petite ulcération en un point plus élevé. Cet examen est très-douloureux; la malade est, du reste, extrêmement impressionnable.
Traitement mercuriel, cautérisations au nitrate d'argent et mèches.
Le 19 mai, l'érosion vulvaire est devenue rosée et opaline. Les plaques muqueuses anales sont peu modifiées ; l'ulcération anale est améliorée ; le fond est devenu d'un rouge vif, et les douleurs sont moins vives.
Le 26 mai, l'érosion vulvaire est guérie; les plaques muqueuses se dessèchent, l'ulcération anale se cicatrise j les bords sont moins saillants, et les parties du fond qui avoisinent ces bords ont pris une teinte opaline.
Le 8 jinn, l'ulcération anale est presque complètement guérie ; il ne reste plus que la partie la plus profonde qui n'est pas encore cicatrisée. La malade ne souffre plus et veut sortir.
Nous la gardons jusqu'au 9 juillet, et, cette fois, la guérison est complète.
Le 3 septembre, la malade revient nous voir à la consultation pour se faire traiter de plaques muqueuses buccales. Rien n'est revenu à la vulve. La guérison s'est parfaitement maintenue à l'anus.
OBS. XLlIl. — Chancre anal. — Syphilis antérieure.
Dupu... Louise, âgée de 21 ans, est entrée une première ois à Lourcine, salle Saint-Louis, n» 3, le 14 février 1868, pour se faire traiter d'une vaginite et de plaques muqueuses, affections qui disparurent rapidement.
Le 24 septembre, elle revient salle Saint-Ferdinand, n" 1, et cette fois pour un mal à l'anus.
Elle nous raconte qu'il lui est venu, il y a un mois, un gros bouton à la fourchette, bouton qui s'est ouvert, et auquel ont succédé un grand nombre d'autres aux lèvres et à la partie interne du haut des cuisses.
Le médecin qui la vit la traita par les cautérisations et la guérit. Cependant, elle conserva une douleur dans le fondement, qui alla sans cesse en s'aggravant, et elle s'aperçut qu'elle perdait par cette voie des matières muco-purulentes.
Nous constatons aujourd'hui des cicatrices à la fourchette ; et à l'anus, un volumineux condylôme et une ulcération ayant ous les caractères des chancres mous. L'inoculation donne, en effet, des résultats positifs,
La malade est d'abord traitée par les cautérisations au nirate d'argent, et avec succès; mais la douleur étant trop forte, on fait appliquer seulement des mèches avec la pommade au ralanhia et à la belladone. Les douleurs disparaissent peu à peu, et l'ulcération continue sa marche heureuse. Un condylôme interne siégeant au niveau du bord sudérieur du sphincter, à l'extrémité supérieure de l'ulcé-
— VSi —
ralion, et qui faisait souffrir la malade lorsqu'elle allait à la selle, est enlevé avec l'écraseur.
La malade ne souffrant plus, quitte l'hôpital avant d'être complètement guérie. A la place de Tulcération, il n'existait plus qu'une fissure à moitié cicatrisée.
OBS. XLIV . — Plaques muqueuses vulvaires.— Chancre mou de la fourchette. — Ulcération chancreuse de l'anus.
Fran... Ernestine, âgée de 29 ans, est entrée le 9 avril 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Sainte-Marie, n° 12. Elle a eu, il y a sept mois, une vaginite pour laquelle elle est restée près de deuxmoisàl'liôpilal Lourcine; elle en était sortie parfaitement guérie, n'ayant plus que quelques flueurs blanches, comme avant de tomber malade. Mais elle revoit son ancien amant, lequel est encore malade; son écoulement revient, et des boutons apparaissent à la vulve.
Nous lui trouvons, en effet, outre une vaginite intense, des plaques muqueuses aux grandes lèvres, des pléiades ganglionnaires de chaque côté, un chancre mou de la fourchette, et à l'anus un condylôme et une ulcération. Cette ulcération est allongée, à bords taillés à pic, à fond grisâtre, mou et suppurant.
11 mai. — Les plaques muqueuses vulvaires et le chancre de hi fourchette, traités par les cautérisations, sont guéris. L'ulcération persiste avec tous ses caractères; elle n'avait pas été cautérisée; ou s'ci^t conlciilc de faire appliquer des
mèches et d'ordonner des lavements. La guérison marche lentement, et la malade ne sort que le 16 août. La muqueuse anale est d'une teinte rouge violacée, et non pas rose et opaline, là où siégeait l'ulcération. Le canal est parfaitement souple; il n'y a ni rétrécissement ni contracture.
OBS. XLV. — Plaques muqueuses. — Ulcéralion du col utérin. — Ulcéralion chancrcuse de l'anus.
Gag... Juhe, âgée de 34 ans, entrée le 13 mai 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n»!, est malade depuis Irois semaines; il lui est venu alors des boulons à la vulve, et en même temps une grande courbature ; enfin, depuis huit jours, elle souffre pour aller à la selle; elle nie tout rapport antiphysique.
Or, voici ce que nous constatons :
Le col utérin présente une ulcération à son orifice; il n'est pas hypertrophié. Le vagin est parfaitement sain. A la vulve sont de petites surfaces lenticulaires rosées, que nous supposons être des plaques muqueuses au début. A la marge de l'anus, on trouve des plaques muqueuses en assez grande quantité; et, à l'orifice, existe une ulcération peu étendue, d'aspect chancreux, que nous n'avons pas inoculée.
29 mai. — Les plaques muqueuses analeset vulvaires son* parfaitement guéries, grâce aux cautérisations; à leur place, ^1 ne reste plus qu'une surface opaline teintée en rose. L'ulcération anale se cicatrise.
Depuis quelques jours est apparue sur le tronc et lesmeni-
bres une éruption confluente de sypliilides lenticulaires; les cheveux commencent à tomber.
^juin. — L'ulcération anale est guérie; celle du col ne l'est pas complètement.
^3 juin. — La guérison de l'ulcération du col est complète. Les syphilides persistent et la malade ne sort que le 3 juillet.
OBS. XL VI. — Syphilis. — Chancres mous vulvaires. — Chancre mou de l'anus suivi de rétrécissement.
Grand... Marianne, âgée de 22 ans, entrée le 13 août 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Sainl-Louis, n" 29, a déjà fait un séjour à l'hôpital pour se faire soigner d'une vaginite.
Elle nous revient cette fois avec un chancre mou à la fourchette et un autre à la partie inférieure de la grande lèvre droite; de plus, elle porte à l'anus deux volumineux condylômes : l'un, antérieur et situé sur la ligne médiane, mesure 1 centimètre de hauteur et 2 de longueur; il n'est pas ulcéré. L'autrCj postérieur, également situé sur la ligne médiane, est long de près de 4 centimètres; en arrière, il se perd sur les téguments; en avant, on voit, en déplissant l'anus, qu'il est ulcéré. Cette ulcération se prolonge dans le rectum jusqu'au niveau du bord supérieur du sphincter ; et là, elle s'étend à droite et à gauche ; de sorte que, n'ayan* que 1/2 centimètre de largeur à la marge de l'anus, elle occupe en haut la majeure partie du pourtour du canal rectal; les bords en sont décollés et taillés à pic; le fond est grisâtre; dans sa partie inférieure, il présente des stries
longitudinales, rouges ou rosées, avec des parties jaunâtres dans leur intervalle; dans la portion supérieure, il existe des mamelons rouges se détachant sur le fond gris jaunâtre ; un de ces mamelons, plus développé, est comme pédicule. Celte ulcération saigne facilement; du reste, toute la région
anale est congestionnée, comme variqueuse. Enfin, il existe un écoulement de muco-pus s'accompagnant parfois de ténesme ; les selles sont pénibles et sanguinolentes ; le sphincter est contracturé.
De plus, la malade présente, sur la poitrine principale-
ment, de petites taches cuivrées, des croûtes dans le cuir chevelu, et de Talopécie.
Au dire de la malade, les chancres vulvaires sont apparus il y a un mois environ, quatre jours après un coït suspect. Comme traitement, on Ta fait se cautériser avec une pierre bleue. Elle souffrait de l'anus avant l'apparition des chancres, mais ce n'était que peu de chose; la douleur n'est devenue ce qu'elle est, et les pertes ne sont apparues que depuis la venue de ces chancres. Elle assure n'avoir jamais subi de rapports contre nature ; mais elle était très-constipée au moment où elle est tombée malade, et c'est à cela qu'elle attribuait ses premières douleurs anales. Elle s'est traitée avec une pommade camphrée.
Les chancres mous sont cautérisés avec la solution au nitrate d'argent, au dixième ; des mèches anales et des lavements sont ordonnés. L'ulcération anale est inoculée.
i^^ septembre. — L'inoculation a donné un résultat positif. Les chancres mous vulvaires sont en voie de guérison, tandis que celui de l'anus n'a pas changé d'aspect, et la douleur qu'il occasionne est devenue insupportable.
Pour remédier à cette douleur, M. Péan, après avoir endormi la malade, pratique la dilatation anale, afin de combattre la contracture, cause probable de la douleur : le tissus cèdent facilement et donnent lieu à un léger écoulement de sang; on patise avec une mèche enduite de cérat.
septembre. — La malade ne soutire presque plus. Cepen-
dant, les snllos sont encore pénibles quand les matières sont dures. — Rhubarbe aux repas.
!29 septembre. — Les selles sont devenues presque aussi douloureuses qu'autrefois ; l'aspect du chancre a peu changé, le doigt pénètre difficilement dans le rectum ; il y a de la contracture et, en arrière, au niveau du bord supérieur du sphincter et au-dessus de l'ulcération, existe une surface saillante, irrégulière, mamelonnée. On ordonne des mèclies enduites de pommade à l'extrait de ratanhia et de belladone. Des plaques muqueuses étant apparues à la face interne de la lèvre supérieure, on les cautérise. Sous l'influence de ce traitement, la douleur et la contraction ont disparu; l'ulcération est devenue d'un rouge vif; elle n'est plus inoculable; la saillie mamelonnée persiste toujours.
27 octobre. — Depuis quelque temps, la malade a recommencé à soufîrir pour aller à la selle ; il n'y a i)lus de contracture ; mais là où était la saillie irrégulière, il existe un véritable rétrécissement formé comme par deux brides résistantes situées l'une au-dessous de l'autre; l'ulcération ne se cicatrise que lentement.
Une nouvelle dilatation (demandée par la malade) est pratiquée, et cette fois encore elle est suivie d'un grand soulagement.
28 décembre. — La malade ne souffrant plus, et allant parfaitement à la selle, sort de l'hôpital. L'ulcération est cicatrisée en partie; le rectum est parfaitement souple dans ses 3/4 antérieurs, mais son 1/4- postérieur présente encore
une partie mainelonnée, résistante, douloureuse à la pression ; au-dessous de ces mamelons sont des parties déprimées en forme de fistules borgnes, et il existe toujours un léger écoulement muco-purulent.
OBS. XLVIl. — Vaginite. — Plaques muqueuses ulcérées à la vulve. — Ulcération chancreuse de Vanus.
Gue... Annelle, âgée de 28 ans, entrée le i6 avril 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n» 37, est tombée malade une première fois il y a deux ans ; il lui était venu un écoulement jaune avec chaudepisse, puis des boutons à la vulve qui furent guéris en ville en huit jours; on la brûlait avec une eau ; elle s'appliquait une pommade et prenait des pilules. L'année dernière, les boulons sont revenus; elle est entrée à Lourcine, où on diagnostiqua des plaques muqueuses; elles furent cautérisées et guéries en quinze jours.
Celte fois, elle est malade depuis trois semaines; elle a une blennorrhagie intense et des plaques muqueuses ulcérées à la vulve; de plus elle a, en arrière de la marge de l'anus, une ulcération d'apparence chancreuse.
Tampons d'aiun ; cautérisation des plaques muqueuses et de l'ulcération.
Le 27 mai, la malade sort parfaitement guérie.
OBS. XLVIII. — Syphilis — Chancre mou de la fotirchclie
et de l'anus.
Lagl... Marie, âgée de 25 ans, entrée le 3 septembre 1868 à Lourcine, salle Saint-Louis, n° 22, s'est aperçue, il y a ijuatre mois, qu'il lui venait des taches sur la poitrine et les cuisses, et quelque temps après un boulon à la vulve. Enfin, il y a deux mois, un chancre (à ce qu'on lui a dit) est apparu à la fourchette, et quinze jours après elle commençait à souffrir de l'anus; elle était alors très-constipée; elle assure n'avoir pas subi de rapprochement contre nature ; elle avait, du reste, quitté son amant dès qu'elle s'était aperçue de son chancre. Elle assure qu'il est allé à l'hôpital du Midi.
Actuellement, elle nous présente à la lèvre gauche une large plaque muqueuse tuberculeuse; c'est là le bouton qui est apparu il y a quatre mois; à la fourchette, trois ulcérations à bords irréguUers, décollés, taillés à pic, à fond grisâtre et suintant; ce sont bien évidemment des chancres mous. Le col et le vagin sont sains. A l'anus, deux ulcérations chancreuses, l'une antérieure, l'autre postérieure, remontant toutes deux dans le rectum. A la base de l'ulcération postérieure est un condylôme en partie détruit par l'ulcération; il n'en existe plus à l'ulcération antérieure. Dans les aines, pléiades ganglionnaires et bubon ; sur la peau des membres, surtout, quelques syphiUdes papuleuses rares et disséminées, et à la bouche des plaques muqueuses.
Les deux ulcérations anales sont inoculées à chacune des
cuisses, et donnent lieu à des chancres mous (1 septembre).
Les chancres de la fourchette et de Tanus sont cautérisés avec la solution de nitrate d'argent; des mèches enduites de pommade au ratanhia et à la belladone sont placées journellement. Le traitement mercuriel est administré. Sous l'influence de ce traitement, les ulcérations se sont cicatrisées rapidement, et la malade sort le 28 octobre^ parfaitement guérie et sans rétrécissement.
OBS. XLIX. — Vaginite. — Plaques muqueuses vulvaircs et anales. — Ulcération chancreuse du col et de l'anus.
Lerou... Octavie, âgée de 34 ans, entrée le 23 avril ISLlS à l'hôpital Lourcine, salle Sainle-Marie, n" 18, a été prise, il y a six semaines, d'uu écoulement jaune vert, de douleurs eu lu'inant, et de démangeaisons à la vulve. Elle avait eu, six jours avant, un dernier rapport avec son amant, qu'elle a su depuis être allé au Midi.
Celte malade nous présente des plaques muqueuses vulvaires et anales, de l'anénopatliie bi-inguinale, de la vaginite, de l'uréthrite, une ulcération du col et une ulcération anale. L'ulcération du col siège sur la lèvre antérieure ; elle est de forme circulaire, à fond déprimé et bords légèreuient saillants ; elle a les dimensions d'une pièce de 50 centimes, et est de couleur gris rosé. L'ulcération anale occupe la partie droite et postérieure de l'orifice anal, et présente tous les caractères des chancres mous de l'anus ; une plaque muqueuse voisine de cette ulcération est ulcérée.
Les plaques muqueuses et les ulcérations sont cautérisées ; (les mèches sont placées dans le recturn et des tampons d'alun dans le vagin.
La vaginite se guérit; récoulement devient pâle (H mai], puis cesse complètement (17 mai). Les plaques muqueuses se cicatrisent, les vulvaires d'abord (17 mai), les anales plus tard, surtout celle qui était ulcérée et qui se trouvait au voisinage de l'ulcération anale. L'ulcération du col a également demandé un certain temps-, celle de l'anus s'est d'abord transformée en ulcération simple (25 mai) ; mais la guérison complète n'a été obtenue que bien plus tard, et la malade n'a pu sortir que le 5 juillet.
OBS. L. — Chancres mous delà vulve. — Ulcération chancreuse de Vanus. — Syphilis. — Léger rétrécissement consécutif.
Mér... Léonie, âgée de 20 ans, entrée le 6 mai 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Saint-Louis, n" 32, soufiTre depuis trois semaines pour aller à la selle ; quelque temps avant, elle avait subi à deux reprises différentes des rapprochements contre nature ; puis, il y a quatre ou cinq jours, elle s'est aperçue qu'il lui venait des boutons aux grandes lèvres. Elle n'a subi aucun traitement.
Les grandes lèvres sont volumineuses, dures, parsemées de pustules, dont quelques-unes, les plus élevées, sont ulcérées, à fond grisâtre, abords taillés à pic; plusieurs sont recouvertes d'tme croûte. Les ganglions inguinaux sont pris
des deux côtés. Au niveau du méat, on voit un paquet de végétations; il en existe également plusieurs petites au périnée, en avant de l'anus. A la fourchette on découvre, en écartant les lèvres, un chancre ayant tous les caractères du chancre mou. L'anus présente plusieurs tumeurs hémorrhoïdaires, et deux condylômes, l'un en avant, l'autre en arrière de l'orifice; ce dernier, beaucoup plus volumineux, porte sur sa face anale une ulcération à fond grisâtre et suintant, à bords déchiquetés; cette ulcération ne remonte pas dans le rectum. Quant au condylôme antérieur, il semble avoir été détruit en majeure partie par une ulcéi-ation qui se prolonge dans le rectum, jusque vers le milieu de lu région sphinctérienne, c'est-à-dire à près de 1 centimètre 1 /2. Le toucher rectal est très-douloureux; les selles sont également très-pénibles, et la malade perd un peu de muco-pus par le fondement.
x\yant inoculé le pus de chacune des deux ulcérations anales sur les cuisses de la malade, nous obtenons deux chancres mous.
Les pustules vulvaires, les chancres de la fourchette et de l'anus sont cautérisés une fois toutes les semaines avec la solution de nitrate d'argent; des mèches anales sont appliquées tous les jours.
Sous l'influence de ce traitement, les chancres de la fourchette et de l'anus s'améhorent considérablement, tandis (jue les pustules vulvaires font peu de progrès ; quelquesunes seulement sont en voie de guérison; il semble que ce
soit celles qui étaient ulcérées et dépourvues de croùUis.
16 août. — Depuis près d'un mois, des syphilides ont apparu sur le corps, des croûtes dans les cheveux, et des plaques muqueuses sur les amygdales. Un Iraileinenl mercuriel est donné.
Les pustules vulvaires qu'on a continué à cautériser sont presque totalement guéries; le chancre de la fourchette est cicatrisé; les condylômes ont en majeure partie disparu; mais les ulcérations anales, tout en ayant perdu depuis longtemps leurs caractères chancreux, persistent encore; il faut dire que dans ces derniers temps elles n'ont pas été cautérisées, des mèches seules ont été appliquées. Par le toucher, on perçoit une certaine contracture du sphincter, et au niveau de la partie moyenne de cette portion, là où se termine l'ulcération antérieure, le doigt rencontre une petite bride qui rétrécit un peu le canal. La malade souffre pour aller à la selle.
Le rectum est dilaté avec les doigts, au niveau de la bride (jui cède ; les cautérisations sont reprises, les mèches continuées,
45 septembre. — Les ulcérations ont une teinte opaline et sont presque complètement cicatrisées ; la malade va trèsfacilement à la selle et ne perd plus par le fondement.
18 novembre. — La malade sort guérie; cependant les syphilides n'étaient pas complètement éteintes; la malade avait négligé beaucoup son traitement mercuriel.
OBS. Lï. — Syphilis antérieure. — Chancre mou de la fourchette. — Ulcération chancreuse de l'anus et rétî^écissemenl rectal (1).
Sim... Berthe, âgée de 20 ans, entrée le 23 avril 1868 à l'hôpital Lourcine, salle Sainte-Marie, n" 15, a été atteinte, il y a près de deux ans, d'une vaginite et de boutons à la vulve ; elle se fit soigner à liiospice Rothschild, où elle resta sept mois ; on lui fit prendre de la salsepareille et des pilules de mercure, et on la cautérisait. C'est à partir de cette époque qu'elle a commencé à souffrir de l'anus.
Dans le mois de janvier 1868, elle entra à Lourcine, dans le service de M. Liégeois ; sa vaginite et des plaques muqueuses étaient revenues ; elle sortit au bout de six semaines guérie de sa vaginite et de ses plaques muqueuses, mais souffrant toujours du fondement.
Deux mois après sa sortie, il lui vint un chancre et un bubon ; et, le 3 août, elle entra à Lourcine, chez M. Desprès. Là, on lui trouva un chancre phagédénique du rectum, que l'on cautérisa avec la solution de chlorure de zinc, et on lui fit mettre des mèches enduites d'une pommade dont elle ne sait pas le nom. Au bout de trois mois, elle sortit de l'hôpital non complètement guérie de son chancre vulvaire, mais souffrant encore de l'anus, beaucoup moins cependant qu'à son entrée.
(1) Voir |)lancbe IV.
Elle coiilinua d'aller pendant quelque temps aux consultations de l'hôpital, puis elle cessa.
Enfin, depuis quinze jours elle souffre en urinant et perd en jaune; de plus, il lui est venu, il y a huit jours, un bouton à la fourchette.
Nous lui trouvons, en effet, une vaginite et une uréthrilc, un chancre mou de la fourchette avec un bubon dans chaque aine, et, à l'anus, un volumineux condylôme, ou plutôt plusieurs condylômes réunis en un seul et occupant toute la partie antérieure et latérale droite de la marge de l'anus; sur ce condylôme on voit quelques dilatations variqueuses; les autres plis de l'anus sont très-volumineux. En les écartant, on découvre deux larges ulcérations, l'une antérieure, Tau- Ire postérieure; celle-ci semble avoir détruit la partie du condylôme qui devait lui correspondre, tandis que l'autre a simplement rougi la face anale de la tumeur condylomateuse. De là, les deux ulcérations s'étendent dans le rectum jusque vers le bord supérieur du sphincter anal, c'est-à-dire à 3 centimètres environ de la marge de l'anus; dans la portion la plus élevée, elles sont plus larges, et se rejoignent presque, du côté droit surtout; en profondeur, elles semblent avoir détruit, en certains points, la muqueuse dans toute son épaisseur; car on voit à ces points les fibres du sphincter. Les bords de ces ulcérations sont irréguliers, taillés à pic, décollés en certains points. Le fond est jouge ou rosé, en d'autres parties, grisâtre. Si; on essaye d introduire le doigt au delà de l'ulcération, on arrive aussitôt sur une
partie rétrécie, mamelonnée, dans laquelle le doigt ne pénètre que Irès-difficilemcnt. Cet examen est excessivement douloureux, et on ne peut déterminer la hauteur du rétrécissement; en retirant le doigt, il s'écoule à sa suite une certaine quantité de matière muco-purulente. A l'aide du spéculum de Sims, on peut voir, outre les deux ulcéralions précédemment décrites, la partie inférieure du rétrécissement qui se présente sous l'aspect d'une masse mamelonnée d'un rouge plus vif, avec quelques parties plus blanches, presque cicatricielles ; il ne semble pas y avoir d'ulcération à proprement parler, mais plutôt une surface exulcérée et bourgeonnante. Comme symptômes fonctionnels, la malade éprouve de vives douleurs pour aller à la selle; ses matières sont effilées, striées de muco-pus et de sang; elle est sujette à des alternatives de diarrhée et de conslipalion ; elle perd sans cesse du pus par le fondement. Malgré tout, sa santé générale s'est maintenue excellente.
Ajoutons enfin qu'on lui trouve sur le tronc, principalement, des taches d'un rouge cuivré, indices de sa syphilis antérieure.
La vaginite est traitée par les tampons d'alun; les bubons par les vésicatoires répétés; le chancre de la fourchette et les ulcérations analis par les cautérisations à la solution de nitrate d'argent. Sous l'influence de ce traitement, l'écoulement vaginal se modifie, les bubons se résolvent; le chancre vulvaire perd ses caractères et se convertit bientôt en une ulcération simple; l'ulcération anale perd également
Taspecl grisâtre qu'elle avait en certains points, et semble tendre vers la cicatrisation.
Le 5 mai, la malade étant chloroformée, on explore de nouveau le rétrécissement avec le doigt et le spéculum; il paraît avoir |)lusieurs centimètres de haut et le même aspect dans les différents points de sa hauteur. M. Péan pratique en même temps la dilatation forcée en se servant des doigts et du spéculum de Sims. Les tissus offrent une certaine résistance, et il s'écoule un peu de sang. Comme pansement, on applique une mèche enduite de ccrat , laquelle est ensuite renouvelée chaque jour.
La malade éprouve dans la journée quelque douleur ; mais cette douleur disparaît et fait bientôt place à un mieux sensible; elle souffre beaucoup moins pour aller à la selle; elle supporte plus facilement et sans se plaindre l'introduction du doigt et des mèches, dont on augmente le volume chaque jour.
Le 30 juin, le traitement ayant été négligé, l'amélioration s'arrêta, et la malade quitta l'hôpital ; elle était alors parfaitement guérie de sa vaginite, de son chancre vulvaire et de ses bubons; quanta l'ulcération anale, sa surface était rosée et paraissait en bonne voie de cicatrisation; les condylômes avaient presque totalement disparu, et le rétrécissement, quoique étant resté stationnaire depuis quelque temps, était considérablement amélioré, et la malade allait beaucoup mieux à la selle.