‹ Étude clinique sur les ulcérations analesChapitre 19 sur 24 · Ulcérations tertiaires · texte numérisé non relu

Ulcérations tertiaires

La syphilis tertiaire est rare à Lourcine^ et nous n'avons pas eu l'occasion d'observer à la région anale de ces syphilides tardives circonscrites et profondes, désignées sous le nom générique de lupus syphilitique. Il est à présumer qu'elles ont là les caractères qu'elles ont partout ailleurs : fond grisâtre, comme recouvert d'une pseudo-membrane; bords plus ou moins élevés, taillés à pic ; suppuration assez abondante ; cicatrices déprimées, non vascularîsées, brunes d'abord, puis blanches et lisses ensuite.

Nous en dirons autant sur les ulcérations, suites de syphilides gommeuses (hydrosadénites syphilitiques de Bazin), que Ton saura reconnaître aux signes suivants : au début, petites tumeurs mobiles, arrondies, dures, indolentes, s'immobilisant en augmentant de volume et en se ramollissant; puis, ulcérations fistuleuses taillées comme à l'emportepièce, laissant écouler un pus sanieux très-plastique; enfin, guérison avec cicatrice nummulaire fortement déprimée, lisse et blanchâtre.

Nous verrons plus loin à quels caractères on pourrait distinguer la première de ces deux affections du lupus scrofulcux, et la seconde, de Thydrosadénite scrofuleuse.

Au moment de mettre sous presse, M. le docteur Just Lucas-Championnièrc a l'obligeance de nous communiquer une observation de « maladie syphilitique du rectum, » ex-

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Iraile du The lirilisli médical journal (15 février 1870), cl recueillie à la cliiiiqiu' de M. Pagel. En voici le résumé :

OBS. LU. — Il s'a{,Mt d'une femme misérable, épuisée, ayant de l'incontinence des matières fécales et de l'écoulernenl muqueux par l'anus. Il n'y avait pas d'antécédents syphilitiques certains, mais elle portait, sur les grandes lèvres et au pourtour de l'orifice vaginal, des cicatrices analogues à celles que laissent après elles les ulcérations syphilitiques tertiaires. Au pourtour de l'anus existaient, non pas des végétations ou des condylômes, mais des produclions cutanées^ molles, humides, s'appliquant l'une sur Tautre. L'anus est ulcéré, et il existe un rétrécissement du rectum à une profondeur de 4 pouce 1/5 environ; les parois de ce canal sont épaissies el indurées, et la muqueuse est ulcérée. Il y avait enfin des signes de tuberculose en voie de guérison, au scuunet de l'un des pommons. Celte femme affaiblie ne larda pas à succomber.

A l'aulopsie on trouva, entre les lésions reconnues pendant la vie, des ulccralions occupant le rectum, s'étcudant dans rs iliaque, le côlon, et environ dans les six derniers nonces de l'iléon. Les ulcérations les plus élevées sont, de forme circulaire ou ovale, abords nets, non dentelés, non surélevés, reposant sur le tissu sous-muqueux, et présentant une base molle au toucher; dans TS iliaque et dans le rectum, faspect des ulcères était assez confus, comme s'il résultait de la réunion de plusieurs |ielilos ulcéralions.

M. Paget fait remarquer que ces lésions n'ont pas les caractères du cancer, que ce ne sont pas non plus des ulcérations tuberculeuses, parce qu'il n'existe pas de dépôt de tubercules à la base des ulcères, ni dans les ganglions mésentériques; il les compare aux syphilides tertiaires ulcérées, et il les regarde comme de même nature.

Un point de doute cependant. En effet, chez celte femme, il n'y avait pas d'antécédents syphilitiques certains, et les cicatrices vulvaires qu'elle présentait peuvent parfaitement être attribuées à des chancres mous multiples; que si l'on compare ces lésions à certaines formes d'esthiomènc décrites par M. Huguier, on trouvera de grands points de ressemblance. Au pourtour de l'anus, productions molles et humides, induration et épaississement du rectum, ulcérations multiples du gros inteslin. Mais, comme nous le discuterons plus loin, nous n'admettons pas ces formes d'eslhioniène, et nous pensons que, dans ce cas, comme dans les cas semblables de M. Huguier, il faut voir un chancre mou de l'anus ayant amené à sa suite un rétrécissement du rectum, rétrécissement ayant été cause, à son tour, des ulcérations sus-jacentes.

ULCÉRATIONS TUBERCULEUSES ET SCROFULEUSES.

(, Nous réunissons dans un même chapitre ces deux familles d'ulcérations, en raison des rapports nombreux qui existent entre les deux diathèses auxquelles elles appartiennent : la tuberculose et la scrofule.

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