‹ Etude combinée de la coagulation et de la sédimentation du sangChapitre 5 sur 18 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L’examen physique du sang en général et la sédimentation des éléments figurés en particulier

Dans ce chapitre, nous rappellerons brièvement les différents bénéfices que l’on peut retirer :

1° des modifications physiques du sang ; 2° des principales réactions mettant en évidence le trouble colloïdal du plasma au cours de certaines affections.

La sédimentation, que nous avons utilisée dans notre technique personelle, nous retiendra plus longtemps.

Examen physique du sang

Au cours de différentes affections on note des variations de couleur, de température, densité...

La couleur présente un intérêt plutôt pronostique que diagnostique :

dans les anémies, les cachexies aqueuses, le sang est pâle, gelée de groseille ;

dans les états asphyxiques, les septicémies, 1l est

noir, boueux ;

dans les leucémies graves, il est pyoïde, laiteux.

La température du sang et son électricité ont été étudiées sans grands avantages par quelques auteurs.

La densité du sang se mesure à l’aide de tubes capillaires (Scamarrz). Le procédé qui met en œuvre des pesées précises et méticuleuses n’est pas pratique. Indiquons néanmoins que la densité est augmentée dans la clavelée et la morve aiguë, d’après CapÉAc, et qu'elle est diminuée dans les hydropisies, l’anémie et l'hydrohémie des moutons.

La réaction du sérum est normalement alcaline; dans ie choléra et l’ictère elle peut devenir neutre et même acide (CADÉAC).

L'appréciation du temps de coagulation se fait in vivo par l'épreuve du temps de saignement obtenu par la piqûre de la lèvre ou de l'oreille et in vitro par l'épreuve du temps de coagulation sur lame, dans l’éprouvette ou dans la seringue de Pravaz.

Ces méthodes sont intimement liées à la teneur en fibrmogène et apparaissent pour certains auteurs (Le BouRDELLES et SÉDALLIAN) comme un à processus réactionnel de défense.

La méthode de résistance globulaire à l’hémolyse consiste à mettre en contact une goutte de sang avec des solutions graduellement hypotoniques. Cette méthode ne trouve son emploi que dans des cas restreints: états subictériques ou hémoglobinuriques.

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Méthode mettant en évidence l'instabilité colloïdale du sang

La réaction de VERNES utilise une solution à 1,25 % de résorcine dans de l’eau bidistillée. La lecture de la floculation se fait au moyen d’un photomètre. Utilisée au cours de ia tuberculose, la réaction s’est montrée également positive dans la syphilis, les néoplasmes malins, certaines maladies infectieuses.

Tandis que À. Bayzis et BRETON admettent que les oscillations de la courbe journalière concordent avec l’évolution de la tuberculose, Rizzi et Moranni, VALLS et GirARDI lui refusent toute valeur.

La réaction de Cosra mesure la labilisation des humeurs à l’opacité de l’anneau nuageux obtenu à l’aide d’une solution citratée de novocaïne et de formol. Il ne semble pas que le fibrinogène intervienne, bien que la réaction ne réussisse pas avec le sérum sanguin. La méthode serait susceptible de traduire l’activité des lésions. Elle présente l'inconvénient d’être difficilement mesurable.

La réaction de FurTon, de spécificité douteuse dans l'anémie infectieuse, mérite les mêmes griefs que la précédente.

La réaction d'ABDERHALDEN est une méthode exclusive de laboratoire, basée sur la recherche délicate de ferments cellulaires.

La formol-gélification ou réaction de « GATÉ-PAPA- COSTAS » serait un « témoin de modifications humorales inconnues déterminées par un processus toxiinfectieux chronique. PANISsET et VERGE, après essai

sur le bœuf, concluent : « La réaction manque de spécificité. Elle ne peut être employée sous sa forme actuelle, au diagnostic de la tuberculose des bovidés. L'opinion doit être réservée en ce qui concerne l'application du procédé à la diagnose d’autres affections. » PLANTUREUX aurait constaté que les dromadaires atteints de Debab depuis au moins cinq semaines donnent tous une réaction positive.

La sédimentation sanguine, préconisée en France dès 1913 par César, est une méthode pratique, à la portée du praticien et se prêtant facilement à la confection des courbes journalières.

La sédimentation sanguine

La méthode est basée sur le fait que l’addition de certains sels au sang (fluorure et citrate de soude, sels d'or, novarsénol...) en proportions déterminées, le rendant incoagulable, permet aux éléments figurés de se sédimenter. En plus de l’indice de vitesse de chute

chute en 1/2 heure (V. Ch. = rapport —— chute en 24 heures et de l'indice volumétrique hauteur du sédiment rouge Œ V. = rapport ——— x 100) hauteur totale les renseignements apportés par l’examen de caractères secondaires ne sont pas négligeables :

1° Le plasma, dont la couleur varie normalement

du jaune paille à la teinte ambrée, se présente tantôt

EEE | LEE

incolore (entre les crises de l’anémie infectieuse), tantôt très coloré (dans les crises de l’anémie infectieuse, dans la gourme, les coliques, au cours de diverses suppurations...). La coloration traduit toujours une grande défense de l’organisme

2° L’auréole d’hémoglobine parfois constituée audessus de l’anneau blanc est due à une destruction des hématies rendues fragiles.

3° Le sédiment blanc qui atteint normalement quelques millimètres, peut atteindre 1 cm. Formé inférieurement de polynucléaires et de quelques mononucléaires et supérieurement de lymphocytes, il est l'indice d’une forte réaction de l'organisme et de bon augure.

Variations de l’I. V. : l’1. V. traduit la richesse globulaire. Dans l’anémie infectieuse on enregistre une baisse lors des accès thermiques et un accroissement dans les intervalles.

Les anémies, de nombreuses affections pyrétiques aglobulisantes font baisser l'indice.

Variations de la V. Ch. : la V. Ch. traduit l'intensité de la rupture colloïdale. Dans un travail récent, Ra- POnNsKky a étudié les variations expérimentales et physiologiques de la méthode. Contrairement à l'opinion généralement admise il a montré l'importance du tube de sédimentation ou sédimentimètre : toute modification apportée au calibre du tube, à la hauteur de la colonne sanguine, à la forme, à la position du tube, amène un changement de la vitesse de chute. De même le choix de l’anticoagulant, la concentration de sa solution, le taux de sa dilution dans le sang jouent un grand rôle. Et il n’est pas jusqu'aux facteurs mé-

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téorologiques, géographiques et climatériques qui n'aient leur importance. Physiologiquement, la digestion, le travail, la période menstruelle et gravidique semblent s'accompagner d'augmentation de la V. Ch.

En pathologie, la méthode n’est spécifique d'aucune maladie {FAuREe, Gosser, en médecine vétérinaire...) et les variations journalières ne permettent pas de tirer une déduction diagnostique ou pronostique de l’exament d’une sédimentation isolée.

Dans j’anémie. infectieuse, d’après LAMARRE, la V. Ch. serait la même, que l’animal soit en hyperthermie ou non. On enregistrerait des variations assez étendues pendant les premières semaines de la maladie.

Dans la tuberculose, la V. Ch., stationnaire dans les formes stabilisées, augmenterait dans les formes évolutives. On a associé en vue d'améliorer le diagnostic, l'injection de tuberculine à la sédimentation, mais pour STARCKE, l’accroissement de la V. Ch. dépendrait plus de la dose de tuberculine injectée que de l'état du malade.

Le mécanisme de la sédimentation est encore obscur et a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Deux théories sont en présence :

La théorie électrophysique attribue la sédimentation à la perte par les globules de leur électricité qui normalement les tient éloignés les uns des autres.

La théorie colloïdo-chimique recueille le plus de faveurs : l'augmentation de globuline et de fibrinogène (FARHOENS et LiNzENMEIER), le cholestérol (Kur- TEN) se sont vu attribuer longtemps la cause de l'accélération de la V. Ch., à l'exclusion des autres

sérine facteurs, comme l’inversion du rapport

globuline

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Mais une chose reste certaine : le mécanisme intime de la sédimentation siège au sein du plasma ; des globuies sanguins lavés et mis dans du sérum physiologique, sédimentent beaucoup plus lentement que dans le plasma (Laxzenmeier et Bucuer) et dans un temps sensiblement égal, quelle que soit leur origine (MAcca- BRUNI).

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