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Quant aux jurés, Janssens dit à leur sujet : « Quelques-uns étalent leurs infirmités réelles ou imaginaires avec une candeur qui désarme. J’ai vu dernièrement un mélomane distingué dont les œuvres sont appréciées et dont les critiques font autorité dans le monde musical, invoquer bravement à l’appui d’une demande de dispense, sa surdité. Dans la même session, un homme qui occupe une position des plus enviables et des plus enviées produisit modestement, toujours dans le même but, un certificat constatant sa faiblesse intellectuelle (1). »
TARDE résume les défauts dans cette phrase :
« L’ignorance, la peur, la naïveté, la versatilité. l’inconséquence, la partialité tour à tour servile ou frondeuse des jurés sont prouvées surabondamment. Son mérite est dans son incompétence (2). »
L'office de juré est ordinairement réservé aux petits employés, commerçants, agriculteurs et aussi, et surtout, aux gens qui n’ont pas d’occupation. Toutes ces personnes apportent, sans trop s’en rendre compte, leur mentalité, leur manière de juger les hommes et les choses, leur sensibilité, où, souvent, leur sensiblerie.
A l'audience, leur esprit tantôt sollicité par les arguments du ministère public, tantôt atteint par les plaidoiries, reste dans l’indécision. Après l’audience ils lisent les journaux, prennent connaissance de ce qu’on est
(1) Janssens : Le jury criminel.
(2) TARDE : La Philosophie pénale.