‹ Étude comparative de l'Échevinage et du JuryChapitre 20 sur 24 · JAI · texte numérisé non relu

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convenu d’appeler l’opinion publique, parfois loin d’être désintéressée.

Les commentaires, les avis des parents, des amis, les influencent. Ils ne sont pas protégés contre ces suggestions par une action et une surveillance directes des autorités publiques.

Ils sont inconnus les uns des autres, parfois méfiants au cours de leur tâche commune.

Le nombre élevé de douze fait des jurés une véritable assemblée impressionnable, où le plus habile arrive à conquérir un ascendant quelquefois fâcheux. C'est ce dernier que Cruppi appelle le meneur de la Cour d’Assises, et que l’expérience a montré être souvent un des jurés les plus déficients au point de vue moral et au point de vue intellectuel.

Tarde a vu justement que ces jurés soumis à de telles conditions psychiques arrivent à perdre le contact avec le sentiment populaire.

L'influence de la conscience publique cesse de s’exercer comme « un peu d’eau de mer recueillie dans un vase cesse de ressentir le mouvement des marées » (1).

On a aussi mis en valeur cette idée que les jurés en matière politique sont encore beaucoup moins impartiaux qu’en toute autre matière. Certains arrêts sont uniquement inspirés par les passions politiques et les agitations d’une époque transparaissent dans les décisions rendues.

(1) Tan»e : La Philosophie pénale, 1890.

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