‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 23 sur 96 · II. — Examen microscopique · texte numérisé non relu

II. — Examen microscopique

La roche a contenu uniformément des phénocristaux de quartz, de feldspath et de biotite; mais dans la plupart des échantillons on ne distingue plus que la biotite et le quartz; le feldspath atteint un tel degré d'altération que le plus souvent il disparaît complètement, réduit à l’état de poudre blanche par suite de sa kaolinisation. Dans certains cas on observe au microscope à sa place des sphérolites (positifs)

de biréfringence très faible ou simplement des agrégats très finement grenus, qui l’un et l’autre paraissent une forme de kaolin.

Les biotites sont groupées par deux ou trois cristaux.

Quant aux quartz, ils se présentent différemment suivant la partie de la roche qui les baigne.

On peut en effet distinguer trois types de pâtes :

1° Un type entièrement sériciteux. Dans ce cas Les quartz ont des contours quelconques qui ne rappellent en rien leurs formes cristallines habituelles; il y en a de gros et de petits morceaux.

2° Un type silicifié qui donne à la roche l’aspect d’un véritable quartzite. Les phénocristaux de quartz, parfois corrodés, ont des contours polygonaux. Ils sont bordés de quelques grains d'oxyde de fer et nourris de quartz identique à celui qui compose la pâte. On trouve aussi des zircons soit isolés, soit en inclusions dans les cristaux de quartz.

3° Un type finement grenu, complètement grisâtre en lumière polarisée. Ce troisième type est sériciteux; deux cas sont à distinguer : ou bien la séricite est répandue abondamment en certaines régions et manque totalement dans d’autres, de sorte que la roche revêt un aspect bréchoïde; ou bien la séricite est répartie uniformément dans la pâte à l’état de petites lamelles et la roche est extérieurement compacte. Dans le premier cas les quartz ont les formes géométriques bien connues des quartz des porphyres quartzifères; dans le deuxième cas la pâte s'arrête à des contours géométriques qui sont ceux des formes cristallines du quartz, mais l’espace compris dans ces contours n’est pas tout entier rempli par le quartz; le pourtour est généralement garni de lamelles de séricite, le centre étant occupé par un noyau de quartz souvent très déchiqueté; parfois au lieu d'un seul noyau il y a deux ou trois morceaux.

Ce phénomène est bien visible en lumière polarisée par suite de la différence de biréfringence du quartz, de la séricite et de la pâte. Il s’est produit une véritable dissolution des cristaux de quartz, la silice entraînée étant remplacée par de la séricite.

C'était un fait connu que dans certains échantillons de blaviérite les cristaux de quartz bipyramidés disparaissent et ne laissent que leurs empreintes dans la pâte de la roche.

Les observations microscopiques précédentes aident à se rendre compte de la marche du phénomène. Il y a substitution de la séricite à la silice et dans la suite élimination complète de la séricite, le reste de la pâte résistant mieux aux influences extérieures.

1l s’est donc produit dans la masse de la blaviérite des déplacements importants de silice tendant soit à la rendre moins siliceuse (1°" et 3° types) ou au contraire beaucoup plus siliceuse (2° type) et provoquant comme conséquence la formation de la séricite.

Ces circulations d'éléments secondaires peuvent se reconnaître dans presque tous les échantillons de blaviérite, de sorte que nous arrivons à cette conclusion que dans la plupart des cas la pâte actuelle de la blaviérite n’est plus ce qu’elle a été à l’origine.

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