‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 25 sur 96 · V. — Nature chimique de la pâte · texte numérisé non relu

V. — Nature chimique de la pâte

Nous avons admis & priori que le mica blanc composant la pâte de la blaviérite est de la séricite.

Dans une Note publiée dans le Bulletin de la Société de Minéralogie (1880) Jannetaz a donné une analyse de blaviérite dans laquelle la potasse atteint 8 pour 100 et la soude

4 pour 100. C'est la substance correspondant à cette analyse qu'il avait appelée pinitoide.

Dans une seconde Note publiée alors dans le Bulletin de la Société géologique (1882), il indique l'existence de veines d’une substance qui lui parait plus pure, située dans la masses des parties pinitoïdes. Elle est, dit-il, plus compacte. L'analyse chimique lui fournit 3,6 pour 100 de K?0 et 6,4 pour 100 de Na?0. Jannetaz en conclut que cette matière est de la paragonite.

Il y a là une anomalie; car si, comme je l'ai indiqué plus haut, la séricite de la pâte de la blaviérite résulte de l’action d'eaux chargées de sels de potasse sur le verre sodique en voie de dévitrification de la rhyolite, c’est qu'il y a élimination de soude, élimination qui est en contradiction avec la fixation qui a lieu dans la formalion de la paragonite.

Pour éclairer la question, j'ai recommencé moi-même quelques dosages d’alcalis, dont voici les résultats :

K20. Na?0.

4. Blaviérite compacte verte avec quartz en voie de dis- PArITont ll asBIOCDe LE) ere ee eee ne 735 1.8 2. Blaviérite compacte, cirreuse, vert jaunâtre (échantlONMprovenantiMUSEUM) EPP EPA EEE. 0. 8,1 LE 3. Blaviérite blanche très schisteuse.................. ESS OUT

Les analyses { et 2 sont assez semblables et ne permettent pas de considérer le mica qui constitue la pâte comme autre chose que de la séricite. Quant à l'échantillon 3, les alcalis y sont en petite quantité; mais on constate au microscope que la transformation de la pâte en mica est faible, la proportion des parties siliceuses étant assez forte. Il y a encore eu élimination de soude, mais elle n'a pas été remplacée par de la potasse.

Je ferai remarquer que les deux premières analyses portent

précisément sur des échantillons compacts comme celui dans lequel Jannetaz à trouvé de la paragonite, et que l’échantillon 2 dont l’aspect correspond à la description donnée par Jannetaz est peut-être bien, puisqu'il provient du Muséum, un de ceux qu’il a analysés (t).

De sorte que je crois bien qu’il n’y a pas lieu de croire à l'existence de paragonite dans la blaviérite et que le seul mica secondaire produit est un mica surtout potassique, tel que la séricite.

Page 1