II. — Action sur les diabases
Cas du gisement des Dames de Meuse. — On trouve aux Dames de Meuse (gîte 13) une diabase située immédiatement au-dessous du microgranite.
Dans sa masse elle est identique à la diabase qui vient d'être décrite.
Si l’on se rapproche du microgranite, on trouve en certains endroits une roche verte schisteuse en contact immédiat avec le microgranite, qui possède une structure identique à celle de la diabase et contient non seulement les mêmes feldspaths etles mêmes leucoxènes que celle-ci, mais en outre de la biotite.
Les produits chloriteux dont l'orientation donne à la roche son aspect schisteux proviennent vraisemblablement de l’altération de l’amphibole, dont il n’y a plus trace.
Cette roche est donc le résultat de la modification de la diabase par le microgranite.
En un point particulier, le contact se fait par l’intermédiaire de 1° à 2 d'une roche massive composée de grands microlites d’albite, de très peu de quartz et de produits titanifères, ces derniers venant de l’altération de biotites dont cà et là on retrouve quelques individus. Cette roche confine à la diabase, par l'intermédiaire d'une autre roche très altérée où l’on ne distingue que des squelettes de feldspaths avec de la chlorite et des oxydes de fer; cette dernière roche est verte, c'est la diabase modifiée puis altérée.
La roche à grands microlites d’albite, dont la structure est identique à la structure doléritique des auteurs allemands, est peu altérée. Ses feldspaths sont parfaitement intacts; il n'y a place nulle part pour ce qui aurait été de l’amphibole ou des fers titanés. Ce n’est ni la diabase ni le porphyre, mais une roche spéciale, dont la présence ici paraît purement accidentelle et sur laquelle je reviendrai.
À son contact avec l’une ou l’autre de ces roches le microgranite possède la même structure et la même composition que dans sa masse; d'où l’on peut conclure que la diabase n’a exercé sur le microgranite aucune action de contact, mais qu'elle à été précisément modifiée par celui-ci,
Les schistes superposés au microgranite ont une structure et une composition minéralogique identique à la roche de contact de la diabase de la Commune étudiée plus haut, à cela près qu’ils contiennent ça et là d'assez gros cristaux de quartz et d’albite motivés par le voisinage du microgranite même. De sorte que nous somme conduits à admettre que le microgranite postérieur à la diabase a fait intrusion entre la diabase et sa roche de contact superposant son métamorphisme à celui déja provoqué par la diabase et modifiant cette dernière à son contact.
Cas du gisement des forges de Mairus (gite 1 de Gosselet). — Immédiatement au contact du microgranite on trouve une roche schisteuse de tonalité verdâtre qui contient des phénocristaux de quartz et d'albite.
Au microscope, on voit, en plus du leucoxène, des feldspaths de forme identique à ceux de la diabase de la Commune, moins altérés, mais contenant cependant quelques grains d’épidote. En dehors des feldspaths on voit aussi des produits chloriteux dont quelques lamelles ont l’aspect de biotites transformées.
Gette roche qu'on trouve maintenant en place au contact même du microgranite est fort altérée, mais on peut trouver son équivalent plus frais dans lés blocs qui ont servi à la construction du mur de soutènement de la voie du chemin de fer.
Ceux-ci sont essentiellement composés de leucoxène, de feldspath et de biotite. On ne voit pas trace d’amphibole ; peut-être en existait-il quelques cristaux aujourd'hui disparus par suite de leurs transformations en chlorite, mais assurément très peu, car la réparlition abondante de la biotite laissait peu de place à leur développement. On voit à l'œil nu des phénocristaux de quartz et d’albite.
La présence de leucoxène, qui n’existe jamais dans le microgranite, mais se trouve toujours dans la diabase, nous induit à considérer cette roche comme une diabase extrêmement modifiée par le microgranite. D'ailleurs, on peut recueillir d’autres blocs d’une roche verte massive contenant encore des phénocristaux de quartz et d’albite dans la pâte typique de la diabase au sein de laquelle nagent à côté de l’amphibole des lamelles de biotite.
Les phénocristaux dalbite produits dans la diabase sont riches en lamelles de séricite. Dans les parties qui manifestent avec évidence tous les caractères d’une diabase, on constate que les noyaux de quartz sont entourés d’une bordure de petits cristaux d’amphibole implantés normalement à sa surface. Dans les parties schisteuses plus voisines du contact, cette couronne est chloritisée ; ce qui permet de conclure que l’amphibole, ou le minéral dont elle est un produit d’ouralitisation, a cristallisé postérieurement au quartz.
En d’autres termes, l’action métamorphisante du microgranite sur la diabase s’est produite avant la consolidation complète de celle-ci.