TECHNIQUE OPÉRATOIRE
Le Manuel opératoire des greffes est soumis à des règles nettes et précises de l’observation exacle et rigoureuse desquelles dépend tout le succès.
Reverdin, Thiersch, Ollier, Forgues, Lartail,sont les auteurs qui ont le mieux étudié cette question et nous nous permettons à l’occasion de puiser dans leurs travaux.
Les greffes peuvent être empruntées à l’homme où aux animaux. Nous nous proposons donc d'étudier pour chaque cas dans ce chapitre :
1° La préparation de la surface à greffer, en ÿ comprenant : a) l’appareil instrumental et b) l’anesthésie ;
2° La taille des greffes selon les procédés les plus usités et leur transplantation ;
3° Le pansement post-opératoire el les soins consécutifs.
A. — Greîffes humaines
1° PRÉPARATION DE LA SURFACE A GREFFER. — La condition essentielle pour la réussite des greffes est d'obtenir l’asepsie de la surface à greffer. Si le chirurgien se trouve en présence d'une plaie récente, soit traumatique, soil opéraloire, cette
asepsie existe ou peut être facilement obtenue. Il n’en est plus
cepote de même dans les cas plus fréquents, d’une plaie bourgeonnante ou d’un ulcère eu pleine suppuration.
Tout en s'occupant de l’état général qui est souvent mauvais et qu'il faudra relever par des toniques et des reconstituants, le chirurgien aura surtout en vue de mettre la surface à greffer dans des conditions de vitalité et d’asepsie suffisantes pour recevoir des greffes.
Il est évident, en effet, qu'une greffe appliquée sur une plaie en pleine suppuration, où les bacilles se développent à loisir, comme sur un milieu de culture idéal, ne saurait contracter avec nne pareille surface, des connections vasculaires capables d'assurer sa vitalité. Cette greffe jouant vis-à-vis de la plaie le rôle d’un corps étranger et livrée sans défense à des ennemis aussi nombreux et aussi actifs que les bacilles de la suppuration, périrait rapidement.
Il faut donc avant d'appliquer les greffes sur une plaie qui suppure et avant de l’aseptiser faire l’antisepsie de cette plaie c'est-à-dire la débarrasser des germes septiques et de leurs produits de sécrétion.
Dans ce but, le chirurgien aura recours aux agents antiseptiques que la thérapeutique met à sa disposition ; les solutions de sublimé à 0,50 ou 1 pour 1.009, l'acide phénique, en solution faible, le phénosalyl, l'acide salicylique, etc., seront employés avec avantage sous forme de pansements humides chauds, fréquemments renouvelés.
S1 la plaie présente des points sphacélés ces mêmes pansements humides seront tout indiqués ; on aura même recours aux bains antiseptiques chauds pour modifier la surface à greffer et, en cas de besoin, on se servira avantageusement du thermo-cautère pour détruire les points gangrenés.
Un ulcère présente-t-il des bords calleux, indurés, il faut les exciser.