‹ Étude Comparative Des Résultats Fournis Par Les Diverses Méthodes D'Exploration Clinique De La Tension ArtérielleChapitre 9 sur 17 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

La courbe oscillométrique

Le culte que vouent les malades à leurs chiffres de tension et principalement à la maxima, est admirable. Cette foi n'est évidemment pas à dédaigner en vue de la guérison ; et cependant ! quelle faible valeur possède ce chiffre par lui-même. Ce chiffre isolé. Une tension prise une fois en passant va souvent orienter la thérapeutique dans une direction dont elle n’eut jamais, sans cela, franchi le seuil. Et pourtant, même si la tension a été bien prise, rien n’est moins sûr, moins définitif qu’elle. |

S'en tenir à une seule tension équivaut à ne prendre la température qu’une fois au cours d’une maladie.

Par contre, le praticien mettra de son côté toutes les chances, s’il prend chaque jour la tension de ceux qu'il soigne et prend la peine de tracer chaque fois la courbe oscillométrique correspondante.

Cette courbe (voir fig. 1} contient, d’une part, les graduations du Pachon (cm. de mercure) de 1 à 35 que nous inscrivons aux abscisses, et la hauteur des oscillations de l'aiguille à chaque pulsation aux ordonnées.

L'indice oscillométrique d’une courbe égale la hauteur de la plus forte oscillation.

Pour prendre un tracé, il suffit de noter par un point la hauteur de chaque oscillation vraie à mesure qu’on diminue la pression de centimètre en centimètre, et de poursuivre jusqu'au lysis complet vers le zéro, puis on réunira les points par un trait de crayon et on lira le tracé à la manière d’une feuille de température, mais à rebours.

LE Ne

Le premier coup d'œil renseigne sur l'allure générale de la courbe ; hypertension ou défaillance cardiaque, arythmie de tension, clochers violents des scléreux, indice modéré des adolescents, etc. Tout cela est aisément reconnaissable. De la comparaison de ces courbes oscillométriques entre elles, au jour le jour, émane une idée générale sur la maladie actuelle, sur son évolution, sur le relèvement cardiaque progressif par exemple, qu'aucune autre méthode ne peut inscrire aussi fidèlement.

Voulant étendre ce procédé à la méthode auscultatoire, certains auteurs sont arrivés à réaliser des courbes auscultatoires en assimilant la force du « Ton » urtériel à l'indice oscillométrique, en lui attribuant divers degrés selon le timbre et la force perçus et en les distribuant fidèlement le long des zones classiques des sons cinglants et soufflants en allant de Mx à Mn.

Mais les limites en hauteur de la tonalité artérielle nous : semblent impossibles à contrôler scientifiquement, étant trop sujettes aux fluctuations de facteurs personnels.

Ainsi modifié, l'appareil Pachon-Gallavardin facilite beaucoup les prises de tension, grâce à la sobriété des oscillations et à leur netteté, on peut saisir avec le minimum d’erreur le seuil de Mx et très vite. Il semblerait alors que le tracé oscillométrique si utile pour fixer Mx et Mn par son profil, devienne, de ce fait, moins indispensable : il n’en est rien.

Nous savons bien que ce document doit être conservé comme terme de comparaison avec les chiffres auscultatoires, comme témoin, et enfin pour tous les autre éléments précieux qu'il renferme dont certains — tel l'indice oscillométrique — n'ont pas encore livré tous leurs secrets.

Page 1