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précédent et reconnaissait le maintien de l'intégrité de l'Empire marocain. Une partie secrète stipulait pour l'Espagne une zône d'influence comprenant toute la côte marocaine de la Méditerranée, et débordant même sur l'Atlantique puisqu'elle allait jusqu'à Larache. Mais pendant quinze ans l'assentiment de la France était nécessaire à l'Espagne pour exercer les droits que nous lui reconnaissions. L'Espagne reprenait sa
- liberté d’action au bout de ce délai, si le régime politique du Maroc se modifiait.
- Malgré les avantages territoriaux concédés à l'Espagne, cet accord complétait l'entente franco-britannique et consacrait notre prépondérance au Maroc. Tout semblait donc désormais
- favoriser notre action.
Mais l'ennemi qui nous avait ravi trente ans avant un large lambeau du sol natal, devait sans invoquer, ni droits historiques, ni droits géographiques, ni intérêts directs, se dresser encore une fois devant nous ; la force brutale dont il se targuait avec tant d’insolence, lui tenant lieu de titre. « N’ou-bliez pas, disait en 1905 le prince de Radolin à M. Rouvier, n'oubliez pas que derrière le Maroc il y a toutes nos forces ».
Tards venus dans la politique coloniale les Allemands trouvérent presque toutes les places prises ; tant que lé Prince de Bismarck garda le pouvoir, la Wislhelmstrasse n'eut pas de grande politique coloniale ; tout au plus fit-elle occuper quelques points d’appui au Cameroun, en Afrique du Sud et au Pacifique. Le Chancelier était favorable aux aspirations
coloniales françaises qu'il estimait devoir contrebalancer
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l'esprit de revanche. Maisla chute de Bismarck laissa le champ libre au jeune parti pangermaniste épris de domination mondiale, rêvant de floîte puissante et d'empire colonial. Guillaume II encourageait ses aspirations. Notre avenir est sur les flots, disait-il quelques années après son ayvène= ment. |
Vers 1890 des coloniaux allemands tournèrent leurs vues vers le Maroc, et parlèrent d’y établir une utile station de charbon et de commerce. Cette même année le comte de Tattenbach obtenait à Fez un traité de commerce avantageux. En 1909, le ministre d'Allemagne à Tanger se doublait d'un Consul à Fez. Enfin une association marocaine allemande se constitua pour développer les relations économiques entre les deux pays. ea
Le chancelier de Bülow, au lendemain de l'accord francoanglais du 8 avril 1904, prétendit du haut de la tribune. du Reïichstag, que l’Allemagne avait été injustement évincée du Maroc. Le 31 mars 1905 Guillaume II s’arrêtait à Tanger, y était reçu par un représentant d'Abd-El-Aziz et exprimait ainsi sa volonté de s'adresser directement au Chérif sans passer par un intermédiaire étranger. ;
Le 8 juin 1905 paraissait une note allemande qui priait tontes les puissances signataires de la Convention de Madrid d'examiner à nouveau la question marocaine, La France dut s’incliner pour éviter la guerre : M. Delcassé quitta les Affaires Etrangères ; M. Rouvier l'y remplaça et consentit à la convovation de la Conférence, qui se réunit à Algésiras le 16 janvier . 1906. L'Allemagne demanda la direction exclusive de la police