‹ Etude comparée de la situation hospitali 'ere et des subventions municipalesChapitre 4 sur 12 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Des dépenses des hospices en général. Caractère de ces dépenses. De la prudence et des soins qu'exige leur gestion. Difficultés particulières à Narbonne. Efforts de l'administration des hospices. Résultats. Prix de revient de la journée dans les hospices réunis de Narbonne et dans chaque hospice conn sidéré séparément. Comparaison du prix de revient de la journée dans les établissements hospitaliers du Nord et dans ceux de Narbonne.

Si remploi prudent des ressources financières est utile dans toutes les circonstances, dans toutes les situations, heureuses ou malheureuses de la vie, c'est surtout lorsque ces ressources sont faibles, lorsqu'elles permettent à peine à un homme de yivre au milieu de préoccupations tristes et de travaux constants. La situation des hospices, non moins pénible que celle d'un homme dans le malheur, réclame une attention plus grande encore et plus dévouée, les

- ao -

ressources de ces établissements étant le patriméiné des pauvres, digne de la plus grande sollicitude éf des plus grands soins.

Dans la situation particulière de l'homme, de rbomme pauvre, vivant du produit de son travail, il y a souvent de la gène, de la souffrance ; mais il n'y a qu'une seule responsabilité, la sienne, celle de sa conscience et de son honneur. S'il se trompe, s'il emploie mal, s'il dissipe les modestes épargnes dont il peut disposer, c'est la faute d'un seul, fâcheuse pour lui et pour sa famille, mais n'atteignant les autres que dans une faible proportion.

Dans la gestion financière des hospices, la situation est diflTérento. Ce n'est pas le bien d'un seul qu'il faut administrer, mais celui de tous les pauvres, le produit des libéralités séculaires et des dons spontanés des hommes généreux dans notre pays. Bien plus, dans nos préoccupations administratives, constantes et sérieuses, ce n'est pas seulement aux pauvres existant aujourd'hui dans nos établissements que nous devons penser, mais encore aux pauvres qui viendront après eux et après nous, aux hommes malheureux, que les bienfaiteurs ont eu la pensée de secourir, non dans une époque déterminée, mais dans tous les temps. Les erreurs, les fautes, les me-

sures inconsidérées ne seraient donc pas seulement une atteinte au bon sens, à la prudence d'un seul homme, mais encore à la dignité d'une administra-tion hospitalière et à la mémoire des bienfaiteurs.

Avec la grandeur de l'œuvre, la responsabilité s'accroît. Avec la multiplicité des intérêts en présence et des besoins grandissants, les difficultés augmentent. Le devoir sérieux et grand de l'administration hospitalière est d'y pourvoir efficacement dans le présent, et de conjurer autant que possible dans l'avenir, par la prudence et le caractère judicieusement économique de sa gestion, les conséquences périlleuses d'un état de choses, d'une situation d'autant plus difficile, que les besoins d'une ville agrandie, d'une population hospitalière considérablement augmentée, s'accroissent rapidement, et que les ressources des hospices, jadis considérables, puissantes, dont nous avons indiqué ailleurs l'importance, ne sont plus de nos jours que les faibles restes d'une splendeur éteinte et d'une grandeur passée.

Le revenu des hospices a donc ce double caractère, n est faible et doit être géré avec prudence. Il est le produit du patrimoine des pauvres et doit être administré avec un soin particulièrement attentif, pour que l'emploi en soit utile, avec un sentiment profond

de reconnaissance pour les bienfaiteurs, avec k praisée sérieuse de secourir, conformément à leurs yues et à leurs sentiments sympathiques, les pauvres des hospices, qu'ils ont aimés.

Convaincue de ces vérités, Tadministration hospitalière de Narbonne emploie tous ses soins à la gestion des revenus. Elle s'efforce de concilier la faiblesse des ressources avec l'étendue des besoins, et rend hommage aux bienfaiteurs, en donnant aux produits des libéralités l'emploi le plus satisfaisant pour les pauvres, le plus honorable pour la ville et le plus utile au pays.

Les faits relatifs aux dépenses le démontreront, soit que l'on considère ces dépenses en elles-mêmes, en ce qui concerne les établissements de Narbonne considérés séparément, soit qu'on les compare avec les dépenses faites dans les autres régions.

Qu'a-t-on dépensé à Narbonne? Que dépense-t-on dans les villes du Nord ?

Page 1