‹ Etude comparée de la situation hospitali 'ere et des subventions municipalesChapitre 5 sur 12 · I. — Les dépenses a Narbonne. Prix de revient bb la · texte numérisé non relu

I. — Les dépenses a Narbonne. Prix de revient bb la

JOURNÉE DANS LES DEUX ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS RÉUNIS DE LA VILLE ET DANS CHAQUE HOSPICE CONSIDÉRÉ SÉPARÉMENT.

A Narbonne, pour un nombre de 110,3U journées de traitement ou de présence, dont 55,355 dans

THôpital, où sont traités les malades , et 54,959 dans l'hospice de la Charité, où sont reçus les vieillards et les enfants, on a dépensé 91 ,960 francs 9 centimes, ou 83 centimes 3/10, par personne et par jour. C'est la dépense relative à Tcnsemble de la population, comprenant les personnes secourues et le personnel de service des deux maisons.

Les journées du personnel de service, au nombre de 14,558, étant à la charge des établissements, il faut nécessairement en appliquer la dépense entière aux indigents secourus, pour obtenir le vrai prix de revient de la journée, au lieu d'attribuer cette dépense indistinctement aux personnes secourues et à celles qui les servent. En appliquant la dépense complète des établissements aux journées du traitement des malades pauvres dans Vhôpital, et aux journées relatives à l'entretien des autres indigents dans la Charité, on a une dépepse de 91 ,960 francs 9 centimes pour 95,756 journées, ce qui fixe la dépense par personne et par jour à 96 centimes.

Tel est le prix de revient de la journée pour le personnel assisté dans les deux maisons réunies, considérées comme n'en faisant qu'une.

Divisée entre les deux établissements, avec un nombre inégal de journées et pour des frais naturel-

lement différents, puisque le traitement des malades est plus coûteux que celui des vieillards, des infirmes et des enfants, la dépense générale des deux établissements est répartie ainsi qu'il suit*

 FHÔtel-Dieu, pour 55,3S5 journées de person-r nés logées, nourries ou employées dans la maison, à des titres divers, c'est-à-dire pour le personnel complet comprenant à la fois les malades, les employés , les sœurs et les servants , on a dépensé 58,8S6 francs 71 centimes ou 1 franc 6 centimes par personne et par jour. Si du nombre général des journées on ôte celles des sœurs, des infirmiers, des infirmières, de toutes les personnes, en un mot, dont le séjour constant pour soigner les malades représente un nombre de 9,068 journées, et que Ton applique la dépense entière de l'Hôtel-Dieu aux seules journées de malades, on a une dépense .de 58,8S6 francs 71 centimes pour un nombre de 46,287 journées, ce qui fixe le prix de revient d'une journée de malade dans l'hôpital à 1 franc 27 centimes. Telle est la dépense moyenne de l'hôpital par personne et par jour.

Est-ce trop y avec le prix élevé de toutes choses, avec le prix élevé du vin et des comestibles divers ? Nous laissons aux esprits pratiques, les plus sérieux

et l6s plus exacts» le soin de répondre, en attendant que Texposé des dépenses plus grandes faites ailleurs, dans les établissements analogues, donne à cet égard, ayec des chifi&es certains, une démonstration péréiDQptoire.

Si, malgré notre assertion affirmative, des doutes s'élevaient dans quelques esprits, nous dirions que dans lés chiffres de dépense indiqués, sont compris non-seulement les frais relatifs à l'achat du pain, de la viande, du vin et des comestibles de toute espèce, mais encore les approvisionnements de la pharmacie, le blanchissage, le chauffage, Véclairage, le renouvellement partiel du linge, de la chaussure et du vêtement, le traitement des employés, Ventretien du mobilier et même les réparations d'entretien, assez importantes, ' cette année, à cause des accidents imprévus du quartier des femmes et des travaux effectués dans les dépendances de deux salles, dont la construction a bim été faite généreusement par la ville, mais dont certains détails accessoires , qui n'avaient pas été compris dans les prévisions primitives du devis, ont dû être payés par l'hôpital. À cette nomenclature exacte, dont tout le monde peut apprécier l'importance au point de vue administratif et la cherté au point de vue des. finances, nous pourrions encore

ajouter les frais des cercueils, si la faible mortalité de l'hôpital de Narbonne ne nous permettait de considérer cette dépense comme trop minime pour être citée, si des soins incomparablement dévoués, si des praticiens habiles et un service exact ne laissaient, chaque année, sans emploi, dans l'article du budget relatif aux cercueils, des sommes relativement considérables, dont nous n'avons pas vu d'exemple dans les nombreux comptes d'hospices que nous avons consultés.

Hais, si la dépense est faible à l'hôpital, et si les finances y sont prudemment conduites, est-ce à la Charité que nous trouverons les grandes dépenses? Nullement.

Dans l'hospice de la Charité, pour un nombre de 54,959 journées concernant le personnel secouru et le personnel occupé à servir les pauvres , on a dépensé 33,133 francs 38 centimes^ ou 60 centimes par personne et par jour. Si du nombre général des journées on ôte celles qui se rattachent au personnel de service, au nombre de 5,490, et que Ton applique la dépense entière aux seules journées du personnel secouru, pour avoir la dépense réelle des administrés, soit dans l'ensemble, soit en ce qui conCéifhe la dépense individuelle par journée, on a le résultat suivant.

Pour un nombre de 49,469 journées se rattachant au personnel secouru, on a dépensé 33,133 francs 38 centimes, ou 67 centimes par personne et par jour.

Voilà les faits démontrant avec exactitude la modération de la dépense faite à la Charité.

Les résultats de la dépense individuelle journalière ou du prix de revient de la journée, à Narbonne, sont donc indiqués par les chiffres suivants.

Dans les deux établissements réunis, considérés comme un seul, quatre-vingt-seize centimes par personne et par jour^

Dans THÔtel-Dieu, pour le traitement et le soin des malades, un franc vingt-sept centimes par personne et par jour.

Dans la Charité, pour l'entretien des vieillards et des enfants, soixante-sept centimes par personne et par jour (0,66 c. 9).

Si Ton songe qu'avec ces chiffres modestes de dépense individuelle, on a pourvu à un traitement scientifique, médical ou chirurgical, si rationnel et si exact, que nul ménage riche dans la ville ne peut se flatter de l'avoir aussi complet ; au service compliq[ud des bains sulfureux de toutes sortes , coûteux pour les personnes riches, peu accessibles aux personnes pauvres, mais donnés largement dans l'hôpital;

— Si Ton songe que les classes d'instruction primaire à la Charité, Téritables modèles d'éducation gratmlB perfectionnée, malgré la faiblesse des ressources et dos crédits, ont été établies et sont maintenues sur un tel pied, avec cartes, plans, livres d'histoire, de géographie, d'arithmétique et de morale, que M. le comte de Fiers, inspecteur général des établissements de bienfaisance, appréciateur judicieux et grave, observateur profond et exact, arrivé à Narbonne dans le courant du mois d'août 1880, après avoir dressé une statistique générale de toutes les écoles hospitalières en France, a déclaré, en séance, à notre administration des hospices, que le niveau des études et de l'instruction à la Charité de Narbonne dépasse le niveau des études et de l'instruction de toutes les écoles hospitalières de notre nation, si féconde cependant en jeunes intelligences et en talents précoces, nobles précurseurs d'un avenir de gloire, de liberté et de grandeur ; — Si l'on songe que, dans un autre ordre d'idées, on pourvoit à l'entretien complet des jardins intérieurs, de la grande prairie de l'Hôpital et du vaste enclos de la Charité : à tous les soins utiles de propreté générale et d'assainissement, si essentiels dans les hôpitaux, où le moindre atome, le moindre miasme délétère , le moindre ferment

atmosphérique vicie Tair, s'étend, se propage, se multiplie, envenime les plaies, aggrave les maladies et cause la mort, on restera confondu en présence d'un résultat étonnant au point de vue purement économique;' sublime et consolant au point de vue deThumanilé.

Hais, ce résultat n'est pas le seul. Si l'on compare les chiffres de la dépense individuelle par journée, à Narbonne, avec les résultats obtenus dans les établissements hospitaliers de la région septentrionale, le mérite supérieur de nos hospices ressortira clairement de l'examen des faits. On verra combien l'ordre, le dévouement et les soins assidus sont puissants pour réduire les dépenses sans nuire au bien-être, pour améliorer tous les services administratifs et contribuer à un succès frappant, qui honore les hospices et les recommande à l'attention sympathique du pays.

IL — Comparaison du prix de retient de la journée dans

Page 1