LA THEORIE ALTERNANTE DE SARAN
Saran veut établir une métrique spéciale des langues romanes. On ne voit pas bien pourtant en quoi son système alternant se dislingue fondamentalement du système dit acccnluel delà métrique anglaise et allemande.
Pour ce qui est de l'élément temporel, comme base du schéma métrique, Saran y consacre les quelques mots qui suivent : « L'alexandrin a un caractère fondamentalement spondaïque^.. Dans tous les cas, on doit refuser à Talexandrin classique un mouvement iambique ou trochaïque. Bien entendu on ne peut parler que d'un caractère fondamental du vers... le mouvement spondaïque n'est pas... inflexiblement poursuivi *. »
Puis il passe outre 3.
Jl prétend que, lu comme il faut, en faisant largement la part de Taccent éthique et rythmique,' l'alexandrin est toujours congruent\ Tictus s'accorde avec le sens
• Saran, op. cit., p. 326 :
- c Der Alexandrincr... trâgt spondeischen Gnindcharakter... 9
« 76td., p. 327 :
« Auf jeden Fall muss man dem klassische Alexandriner einen iambisch-trochaïschen Rhvihmus abstreiten. Selbstverstândlich kann hier nur von einem spondeischen Grundcharaklerdes Metrums geredet werden. Das spondeische Verhâlinis... ist nichl streng durchgefûhrl. »
' Ici il est en contradiction absolue avec Wuliï.
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et fait ressortir la véritable signiflcation des vers. Il pense ainsi que toutes les incongruences de Wulff peuvent être rythmisées par Taccenl éthique*. Il approuve* Topinion de Wulff que Thabitude de lire les vers français selon l'accent de la prose, tout à fait comme de la prose dramatique animée, est une nouveauté qui doit son origine à des constatations erronées.
Cela s'accorde avec Tavis exprimé au commencement de son livre : « Sa nature essentielle est que ni la longueur des syllabes, ni l'accent (grammatical) des mots ne sont respectés ; au contraire, Tarsis et la thésis, fixées rigoureusement à une syllabe, alternent, régulièrement ^. » (Il parle du système alternant.)
Ces deux citations semblent être en contradiction absolue avec ce qu'il dit sur le conflit entre le mètre et l'accent grammatical (Widerspruch zwischen Melrum und grammatischen Accent)*: « Dansles Aon^ vers dans
* Saran, op. cit., p. 312.
* Ibid., p. 204, 207 :
« Die Gewohnheit, franzôsische Verse ganz nach dem Wortacceni, also wie Prosa zu lesen, bezeichneter (Wulff) als eine Neuerung, die verkehrten Erwâgungen ihren Ursprung danke... Mit Wulff und Tobler ist die Meinung und Forderung von vornherein abzulehnen, franzôsische Verse mûssten ganz wie dramalische, lebhaft bewegte Prosa gelesen werden. » Il ajoute : « Warum sich die ganz sinnlose Fessel anlegen, dergleichen prosaisch-rhylhmische Dichtungen in syntaktischen, gereimten Gruppen von gleicher Silbenzahl abzufassen? » Il ne comprend pas le rôle du mètre qui ajoute justement au rythme déjà existant un nouvel agrément. L'importance du syllabisme pour le mètre français est un fait, le rapport du mètre au rythme est ufie autre chose.
8 Ihid., p. 2. Voir ci-dessus, Introd. (2).
* Saran, op. cit., p. 311 :
a Dass es bei guten Versen aller Sprachen Widersprûche zwischen Melrum und Sprachaccent ûberhaupt nicht giebt. Sie sind nur da, wenn man das Metrum durchweg bloss mit dem grammatischen Accent vergleicht und das Ethische unbeachtet lâsst. Aber gerade auf diesos kommt es in der Poésie an. Schoinbar sohr grosse Ab-
toutes les langues il n'y a pas en général contradiction entre le mètre et Taccenl de la prose (Sprachaccent).Il y en a seulement quand on compare le mètreavec l'accent grammatical en négligeantTaccent éthique... Des incongruences apparentes ne sont le plus souvent rien autre que des indications du poète sur l'accentuation éthique voulue par lui. Aussi les vers français ne sont-ils aucunement mauvais à cause des incongruences fréquentes de cette espèce qu'ils montrent. Au contraire, ils peuvent être excellents. Ils ne sont mauvais que si Tethos du passage ne demande pas cette accentation et que le poète se soit ainsi laissé asservir par le mètre seul. }^
On n'échappe à la contradiction qu'en supposant qu'il comprend par VVioWaccen/ dans la première citation seulement l'accent grammatical, sans tenir compte de l'accent éthique — supposition confirmée par Tintercalationdu moi grammatische dans ma deuxième citation. C'est que Saran semble penser que les vers Qccentuels se lisent selon Vaccent grammatical seulement. Il a l'air de croire que lire des vers comme de la prose veut dire négliger l'élément éthique tout à fait (Verse miissten bei der Rezitation und Deklamation ihres Verscharakters entkleidet, moglichst unversmàssig gesprochen werden, p. 207) et appuyer sur les syllabes frappées par l'accent grammatical. C'est une erreur des plus complètes. La prose môme ne se lit jamais de cette façon. Per-
weichungen des Metrums vom grammatischen Accent sind nichts anderes aïs Hinweise des Diclilers auf die von ihm gewûnschte elhische Accenluierung. Deshalb sind franzôsische Verse auch keineswegs schleclit, wenn sie viele und schwere Widersprùche zwischen Metrum und grammatischen Accent enlhallen. Im Gegenteil, sie konnen dabei ganz vorziiglich sein. Schlecht sind sie nur, wenn solche Wîderspriiche ohne innere, aus dem Ethos der S telle abzuleilende Berechtigung vorkommen, wenn also der Dichter dem Zvvangc des Metrums erlegen ist. »
sonne, en dehors de Charenton, n'a jamais soutenu le contraire. Il est plus qu'évident que a Télénient métrique a sa nature essentielle, il ne suffit pas qu'il se cache derrière la phrase, il doit se faire valoir clairement et inévitablement dans le débit du vers^ ».
Seulement c'est par la bonne accentuation grammaticale et éthique (comme s'il s'agissait de la prose élevée) que le mètre se fait valoir, non malgré elle"^,
Saran dit catégoriquement : « Je nie de la façon la plus absolue que, dans les bons vers (Racine, Gœthe, Grillparzer, etc.), le moindre conflit des accents puisse se faire sentir, et l'alternative mètre ou accent se poser 3. » Une citation* vient confirmer cette confusion : « Quand l'accentuation de la phrase (grammaticale et éthique) n'offre pas l'égalité (approximative) des syllabes (qu'exige le mètre), c'est le mètre qui la produit
* € Das Metrische macht, wie das Wesen eines jeden Verses, so auch seines aus und muss darum beim Vortrag deuUich hervortrelen. i (Saran, op. du, p. 208.)
* Saran a le tort de fausser les idées de WulfT, qui, sans parler de l'accent éthique, semble le comprendre dans son accent logique, (Voir Rythmidté, p. 9, g 8.) Bien qu'en énumérant les trois causes d'altération de l'accent d'identité dans la phrase il n'en souille mot, il en a compris l'importance. [Vàrsbildning, p. 46, § 33.)
3 Saran, op. cit. y p. 313 :
« Ich leugne aber ganz entschieden, dass bei guten Versen. . . auch nur im geringsten Widerspriiche fûhlbar werden, und die Alternative Metrum oder Accent gestellt werden kann. »
* Ibid., p. 317 :
€ Wenn im Bprachaccent (grammalischen 'und ethischen) die (ungefâhre) Zeitgleichheil der Silben nicht schon gegeben ist, wird sie an solchen Slellen durchs Metrum hergestellt : Vokaldehnung, Konsonantendehnung , Verlàngerung des gehauchten Vokalabsatzes, kleine Pausen dienen diesem Zwecke. Nicht wenig trâgt zur Herstellung des spondeischen Gharakters auch bei, dass so oft accentuelle Hebungen metrisch in die Senkung gedriicki, accentuelle Senkungen (2. B. -e Silben!) zu rhythmischen Hebungen cr/io&en werden. Dies fôrdert die Angleichung der Quantilâten sehr. »
(je souligne) au moyen d'allongements de voyelles, de consonnes, petites pauses, etc.. Le fait que des syllabes accentuées (accentuelle Hebungen) deviennent métriquement des syllabes de lliésis (melrische Sertkungen) et que des syllabes faibles deviennent métriquement des syllabes d'arsis ne contribue pas peu à produire l'effet spondaïque des vers, puisqu'il aide à égaliser les syllabes. »
Saran admet ainsi que le mètre peut dénaturer le Sprachaccent (grammatical et éthique)*.
Encore une contradiction : Saran affirme que d le principe alternant. . . doit s'accorder avec la nature essentielle de la langue... Il ne peut être une règle mécanique, imposée de l'extérieur. Il se base certainement sur une particularité inhérente de l'accentuation française ». Il conGrme cet avis en déclarant que « le principe de ralternation accentuelle des syllabes trouve évidemment déjà son application dans la prose française. La poésie ne fait qu'ériger en règle une tendance prépondérante de la prose. Il en est du principe alternant comme des principes quantitatifs et accentuels : il se base sur la nature essentielle de la langue *. »
Ces deux citations sont cependant en contradiction avec ce qu'il dit sur la nature des formes métriques en
< Saran, p. 282.
' Ihid.t p. 28'i. Le texte allemand est le suivant :
« Das alternierende Prinzip... muss mit der Natur der Sprache ûbereinstimmen... Es kann keine mechanische, âusseiiiche Regel sein. Es haut sich gewis auf einer wesentlichen Eigenschaft des franzosischen Sprachaccents auf... Offenbar ist... das metrische Prinzip der Silbenalternation schon in der franzosischen Prosa angelegt. Die Poésie erhebt nur zura Gesetzt, was in der Prosa als vorherrschende Neigung lebt. Es verhàlt sich bei der Alternation nicht grundsâtzlich anders, als beim quantitierenden oder accentuierenden Prinzip : auch sie stûlzt sich auf die Natur der Sprache. »
général. « Les formes métriques rigidement déterminées. . . ne se basent pas, en tout cas, sur la nature de la langue ou de la musique. . . Elles sont imposées de dehors, non évoluées d'en dedans *. » Puis, après avoir donné des exemples (p. 278-80) de la déformation des vers sur la scène par la prononciation de prose, il résume l'argument en ces mots : « Ainsi par Tintroduction de l'accent de prose (Sprachaccent) le mouvement alternant de l'alexandrin est dans plusieurs endroits détruit ou tout au moins altéré *. »
Évidemment, l'ictus métrique ne peut pas en même temps s'accorder et ne pas s'accorder avec le Sprachaccent (cette fois il n'y a pas do doute possible I).
C'est que Saran, pour prouver une hypothèse insoutenable, postule une accentuation impossible, dont l'impossibilité ressort à tout moment. Il tâche de résoudre le problème du Widerspruch apparent en niant qu'il existe. C'est comme si un homme d'État voulait résoudre la question sociale en déclarant : «Question sociale : il n'y en a pas ! »
Ainsi Saran semble avoir voulu distinguer le mètre d'avec le rythme ; seulement, à cause d'une conception assez déconcertante du mètre français, il n'a pas réussi à en mettre en lumière les qualités distinctives.
Saran divise le vers (die Kette) alexandrin en deux hémistiches (Reihe), et chaque hémistiche en trois Glieder, qui se groupent, selon lui, le plus souvent en
< Saran, p. 211 :
« Fest geschlossene metrische Form... ist jedenfalls nicht imWesen der Sprache oder der Musik begrûndet... Sie ist i m mer von aussen hineingelragen, nIcht von innen entwickelt. »
'^ « So wird durch Kinfûhrung des Sprachaccents der alternierende Alexandrinerrhythmus an vielen Stellen zerstôrl oder doch gestôrt. » (P. 280.)
deux Blinde. Établir ainsi une division rythmique obli gatoire — car il s'agit, on le voit bien *, d'une division purement rythmique, c'est-à-dire en groupes accentuels* — c'est confondre la division .temporelle en périodes avec la division accentuelle en groupes. Il divise le vers
Je viens, selon Tusage antique et solennel
de la façon suivante :
Je viens ; selon Tu, sage ; antique ; et solen, nei
(je mets ; entre les Blinde et , entre les Giieder),
Ces Bunde se conforment, selon lui, à un des types suivants (p. 340) :
[/ = rhythmische Hebung; sj = rhythmische Senkung]
^J I yj I
yj I \J lu KJ I sj I \J / \J I \J
à part quelques types très rares de vers oii l'hémistiche se décomposant immédiatement en Giieder, il n'y a pas de Blinde.
Ces Bunde correspondent, on le voit, d'une façon générale ^ — confusion à part — aux groupes accentuels. Quand le ifwnrf contient deux accents, le premier est le plus souvent faible et peut être regardé comme un accent secondaire. Saran admet même que les Blinde de Talexandrin sont maffer — c'est-à-dire qu'un Glied y
* Voir p. 334 et (en général) 329, 336, 403 et suiv.
* Il conçoit cette division autrement que moi, il est vrai.
3 Sauf dans le cas où il n'y a pas correspondance du mètre avec le rythme à la césure et à la fin du vers.
est subordonné à l'autre ^ et que des deux Glieder le second l'emporte presque toujours sur le premier*. Cela revient à admettre que l'accent du second Glied est plus fort que celui du premier et que les deux Glieder ne forment ainsi (\\xun seul groupe accentuel.
Par exemple ^ :
ai-Je be, soin (du sang)
où sur le, mont (Sina)
(/) / d'adora, leurs (zélés) .
Bien qu'il soutienne que les Spreckverse (vers déclamés par opposition aux vers chantés) ne sont jamais griesurés, Saran admet que : « Les schwere Hebungen sont quelque peu plus longues que la Senkung qui suit immédiatement et que les leichtere Hebungen^ (ici je n'ose pas traduire). C'est là l'explication du fait que la voix semble passer plus vite sur les leichtere Hebungen et les syllabes voisines. » De plus, il admet que les Blinde à un accent sont en général schwer — c'est-àdire contiennent une syllabe forte^.
* Saran, p. 410.
« IWd.. p. 412.
3 Ibid., p. 368.
* nid., p. 317 :
« Schwere Hebungen werden... meisl etwas langer genommen als eine nicht gedriickte darauf folgende Senkung und auch als die leichteren Hebungen. So erklàrl sich der Eindruck, dass in vielen Versen schneller ûber leichtere Hebungen und die herumliegenden Silben hinweggegliiten wird. »
* Ibid.y p. 41G. Il ajoute :
« Sind die Hebungen leicht ...dann enthâlt das Glied gewôhnlich beschwerte Senkung und wird dadurch gewichtig. » Mais Taccenluation ose dés prem- (n* 61, p. 364) est, par exemple, évidemment impossible ; il en est de môme de beaucoup de ses exemples de ce phénomène. D*autre part, dans ou je viens, vous sortes? (n" 63 et 71) la seconde syllabe est bien accentuée, mais la troisième n'en reste pas moins la plus forte ; c'est un cas de recul.
Il admet encore que les Blinde à deux accents ont en général ein leichtes Glied et sont eng ^ — c'est-àdire que la division en Glieder ne se fait pas remarquer par une division phonétique marquée (par une pause soit d'arrêt, soit de suspension). Il n'y a ainsi dans ces Biinde qu'un accent fort et toutes les autres syllabes se subordonnent à la syllabe frappée par cet accent-là.
Voici son admission capitale : « Cette différenciation des Blinde IX apparemment le but de produire un certain balancement des parties constitutives du vers. Le Bund à un accent ne doit pas être opprimé par le Bund à deux accents, mais doit autant que possible lui faire contre-poids 2. »
Sans me livrer à une critique de détail, je constate que Saran admet, sinon en principe, du moins dans la pratique, la division temporelle de Talexandrin. Il admet que dans le Voyage de Charlemagne aussi bien que dans Y Athalie de Racine « le type le plus commun d'hémistiche est B [X / X ; ^ X, / (x) ou très rarement X J^X\ L,X J (x)] parce que dans ce type les deux Blinde sont le mieux balancés : trois syllabes contre trois (ou quatre) ». (p. 415.)
Aussi son système revient-il à dire que l'hémistiche de l'alexandrin se divise en deux périodes temporelles égales, correspondant aux groupes accenluels — • mais que Vaccent ne tombe pas nécessairement sur la dernière syllabe du groupe.
* Saran, p. 416.
« Dièse Verschiedenheit der Blinde hat sichtlich den Zweck ein gewisses Gleichgewicht der Reihenteile herzustellen. Das einhebige Bund soll vom zweihebigen nicht unterdrûckl werden, sondern ihm soweit als môglich die Wage halten. »
Selon lui les groupes seraient accentués ainsi qu'il suit :
Il 1 II 2 ; 3 4 5 6
(/ = accent secondaire, // = accent primaire)
Saran s'efforce ainsi de garder intact le rythme et le mètre ; de concilier une théorie purement accentuelle avec une théorie purement temporelle. Il échoue. On ferme son livre avec une idée assez confuse d'un mètre arbitraire qui vient s'imposer sur une matière rythmique rebelle ; mètre où toutes les syllabes s'égalisent accentuellement et temporellement pour que l'ictus métrique puisse, sans rencontrer d'obstacle, se battre d'une façon alternée. Il a beau protester, s'expliquer ; c'est là l'impression définitive qu'on garde de la lecture de son livre. Voici l'explication :
(1) Saran fut frappé par le fait que les vers français se lisent beaucoup plus d'un trait, beaucoup plus sur une ligne, que les vers allemands ou anglais. (2) Il se rendit compte de l'effet de l'accent éthique sur un mot français. Il exagéra même l'importance de ce fait, pensant que lorsque l'accent recule sous l'influence de l'accent éthique, la syllabe sur laquelle il recule devient aussi forte que la dernière syllabe , frappée par l'accent grammatical. Le recul avait ainsi pour lui un effet nivelant, bien plus égalisateur qu'il n'est en vérité. Il avait bien raison de penser que l'accent de la dernière syllabe restait toujours aussi fort que celui de la syllabe
affectée par le recul — il ne voyait pas qu'il restait non seulement aussi fort mais plus fort.
L'ictus ne trouvait pas toujours — il était plus qu'évident — un accent grammatical pour le marquer. Saran s'imagina alors que toutes les fois que, selon son système métrique^ l'ictus tombait sur une syllabe sans accent grammatical (même d'identité secondaire) Vethos des paroles exigeait un recul de l'accent. C'était faire vraiment trop la part de l'accent éthique I
La période temporelle et ses éléments
constitutifs.