‹ Étude comparée de la versification française et de la versification anglaiseChapitre 15 sur 20 · II. La seconde règle est un corollaire logique de la · texte numérisé non relu

II. La seconde règle est un corollaire logique de la

* D'après Bridges, op. cit., p. 12-14. Remarquer que je cite des vers syllabiques à périodes de dettx syllabes. Cette liberté ne se trouve pas dans la pratique dans des vers à périodes d*un plus grand nombre de syllabes.

LA PÉRIODE TBMPORKLLE. 125

première, à savoir, que les accents doivent tous être les véritables accents parlés: c'est-à-dire le rythme ne doit jamais se Ber à la forme métrique pour suppléer à un accent qui n'existe pas dans l'intonation naturelle, mais qui n'est introduit que par les nécessités du mètre ^.. La raison de cette règle est que, puisque c'est l'accent qui détermine le rythme^ le rythme ne peut pas créer l'accent *.

Même la dernière période d'un vers syllabique (par ex. d'un vers de blank verse) peut manquer absolument d'accent :

Par exemple :

The lane is guarded : nothing ronts | us but |

The villainy of our fears...

(Cymbeline, V, 1.)

Thèse,

And your three motives to the baUle, with

I know not how rauch more,...

{Ibid., V, 5.)

Thou shalt not lack

The flower Ihat's like thy face, pale prim [ rose, nor |

The azur*d hare-bell, like thy veins, no, nor

The leaf of eglanUne,... ^

fibid., IV, 2.)

< Bridges, op. cit., p. 91.

* Ibid., p. 92. Voir aussi p. 73-75. Remarquer que par rythme Bridges entend le mouvement m<^trique — mètre, non ce que j'appelle rythme. Le texte anglais est le suivant :

« I. The Stress govems the Rhythm...

« II. The second rule is a logical corollary from the flrst, namely, that the Stresses must ail be true Speech-stresses : i. e. the rhythm must never rely upon the metrical form to supply a stress which is not in the natural speech-intonation, but is introduced only by the necessities of the mètre . . . The reason for the rule is that since it it the stress that détermines the rhythm, the rhythm cannot create the stress. »

3 L'explication des mots no, nor est autre. Ce vers n'est pas strictement syllabique. Ces mots ne forment pas une période. La division

est

... I -bell, like | thy veins | , no | , nor the leaf | . . .

No light ; but rather darkness vis | ible | ^

(Milton P., P., I 63.)

the story

Proud Gleopaira, when she met her Roman,

And Gydnus swell'd above Ihe banks, \ or for \

The press of boats or pride :

{Cymbeline, II, 4.)

[La dernière période d'un vers rimé ne comporte pas cette irrégularité : la rime étant ici la méthode choisie pour marquer le groupement métrique par séries de périodes, doit se faire valoir. Sans cela elle n'a pas de raison d'être. Ainsi, même dans un vers syllabique, la syllabe rimée doit être suffisamment accentuée pour bien marquer le groupement].

Il faut remarquer que ce phénomène n'explique pas tous les vers où deux syllabes sans accent se trouvent juxtaposées.

Par exemple, dans le vers de Marlowe^ :

See where Christ's blood streams in the firmament.

il n'y a pas de « pyrrliique d du tout, ni, malgré Mayor, d'inversion de l'accent : la division étant :

A See I A where Christ's blood | A streams \in tM f^r \ /{ marnent |

Il en est de même du vers suivant ^ :

I do not set m y iife \ /\at a pin's | A fee

On peut comparer avec les conclusions de ce chapitre Topinion de Wulff*: « Le schéma métrique est un

* Bridges prétend, à propos de ces vers (p. 14), que « the close of the Une will give a conventional stress ». C'est un non-sens. Le vers étant syllabique, l'ictus se bat sans accent.

' Cité par Mayor, op. cit.y p. 12. L'accent sur streams étant très fort, cette période peut égaler where ChrisVs blood. 3 Cité par Mayor, p. 13.

* Vdrsbildning, p. 33 :

a Skaldens metriska schéma àr en sak ; en annan sak âr den stôrre aller mindre grad av Kvalitativ Kongruens (malien taxtens

fait ; le plus ou moins de congruence entre les syllabes du texte et les endroits du schéma qui se produit dans les vers factices que le poète fait, d'après ce schéma, est une autre chose; le schéma est ou bien tout à fait libre et souple, ou bien strict et étroit. Plus le schéma est strict, plus il est nécessaire que la congruence ne soit pas trop rigoureuse entre les exigences du schéma et la répartition des accents dans la phrase qui constitue le vers; et plus le schéma est variable et lâche (p. ex. celui du knittel)^ plus il convient que quelque forme fondamentale revienne assez souvent, surtout au commencement de la pièce. »

Pour en finir avec cette question du syllabismeet du non-syllabisme (y compris les problèmes suscités par rictus), je vais citer quelques vers de Shakespeare, de Tennyson etdeShelley en indiquant leur scansion :

(1) I know I Us I frotn Gordel (ia)

{ia} A TT/io haXh \ raost for | lunate | ly A ^^^^ \ informel | Of my I obscured | course | ; and shall fînd.l Urne | Frora Ihis | enor | mous state | — seek | ing to give | Loss I es their rem | edies | .— Ail wear | y and o'er-walch'd | Take van | tage, heav | y eyes, | not | to behold | This shame | fui lodg | (ing.) (ing) Fort | une, good night | ,sraile once | more, turn | thy wheel |

{Koi Leary II, 2.)

Le passage, tout en s'npprochant du syllabisme, n'est pas syllabique. Les périodes (ia) wAo hath, -lybeen^ pour

stavelser och schemats platser) som fôreflnnes 1 de faktiska vârser, som skalden gjort âfter detta schéma ; schéma t âr an helt fritt och medgôrligt, an strângt och stramt. Ju mera strarat sjàlva schemat âr, des nodvândigare âr det att kongruensen icke gores for stràng emâllan schemats fordringar och den vàrsbildande satsens akcentfôrdôlning ; och ju mera lost aller variabelt sjftlva schemat ar (t. ex. Knittelns) ; dess làmpligare âr det att nâgon ânklare grundform tillràckligt ofta âlerkommer, sârdeles i styckets bôijan. » Gp. Stone, op, cit., 2" édition, p, 147-8, pour des avis contraires aux miens.

dépourvues d'accent qu'elles semblent, contiennentpourtant bien une syllabe plus accentuée que l'autre.

(2) So ail day long the noise of baUle roU'd Among the moun | tains A by \ the winter sea Until king Arthur's Table, raan by man Had fall'n in Lyonnesse about their lord, King Arthur. Then because his wound was deep, The bold sir Bedivere upUfted him And bore | himti to \ a chapel nigh the field A broken chan | cel A v^Hh \ a broken cross, That stood | A on a | dark strait of barren land : On one side lay the O | cean A o>nd \ on one Lay I a great wa | icr A ût^d | the moon was full.

Tennyson : Idylles du Roi (éd. compl., p. 469).

Le passage est syllabique, môme (sauf deux périodes dans le dernier vers lat/ et a great wa-) strictement syllabique. 11 y a six périodes sans syllabe spécialement accentuée.

Remarquons que dans chacune de ces périodes une pause assez importante supplée à la durée insuffisante des syllabes non accentuées.

(3) ... God I is law | , say the wise | ; O Soûl | , and let | us rejoice | (,) (,) For I if He thun | der by law | the thun | der is yet | thisvoice | (.) ( . ) Law I is God | , say some | : no God | at ail | , says the fool | ( ; ) ( ; ) For ail | we hâve pow | er to see | is a straight | stafT bent | In a

pool I ...

Tennyson : TheHigher Pantheism(^. 239).

La répartition des syllabes entre les périodes est la suivante :

La répartition dans toute la pièce est la suivante :

LA

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