‹ Étude comparée de la versification française et de la versification anglaiseChapitre 17 sur 20 · LA PAUSE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LA PAUSE EN GÉNÉRAL

La pause est un élément très important du vers. Entre chaque groupe accentuel et son voisin il y a une pause soit d'arrôt, soit de suspension, plus ou moins longue selon l'importance logique (ou éthique en anglais) de la division.

Aucun métricien ne s'est occupé du cas général : on s'est borné à indiquer la fonction métrique de certaines catégories de pauses. Patmore seul paraît avoir eu des lueurs. Cotterill néglige la plupart des pauses entre les groupes accentuels pour n'en retenir que celles entre les groupes logiques supérieurs (phrases et membres de phrase). Lanier néglige même la plupart de ces dernières. Il a pourtant très bien compris l'importance dans certains cas de la pause d'arrêt*.

Omond embrouille la question en confondant le mètre avec le rythme. Après avoir très bien dit : « Afin de reconnaître les périodes comme égales il est... nécessaire de tenir compte des silences entre les mots... Scander par syllabes seulement, c'est comme si l'on essayait de lire une page de musique en tenant exclusivement compte des notes, et en ne s'inquiétant point des pauses et soupirs. Il est aussi essentiel pour le

* Voir son explication des vers :

Than the soft myrtle; but man, proud man et Who would believe me? Operilous mouths. Lanier, op, cit., p. 189-198. Gp. p. 137.

432 LA PÉRIODE TBMPORSLLB.

mètre que pour la musique de tenir compte de ces derniers^». . . Il ajoute, fâcheusement : « Ici, toutefois, il faut faire une distinction. Nous nous arrêtons en lisant des vers, pour mettre le sens en évidence ou simplement pour respirer. . . Les pauses que nous faisons en lisant de la poésie sont volontaires et facultatives; un lecteur les fait et un autre les néglige. Le même lecteur les variera à des moments diflférerits.

Celles-ci ne peuvent donc pas être une partie de la structure. Tous les grammairiens reconnaissent la pause à la césure, divisant la ligne en deux, comme dans ces vers:

Warms in ihe sun, refreshes in Uie breeze, GIows in the stars, and blossoms on the trees.

(Pope : Essay on Mon, I.)

Ici nous nous arrêtons naturellement après sun et stars. Le sens le demande et le vers se divise de luimême en deux parties. Cependant même ici nous avons une pause oratoire clnon métrique. C'est quelque chose qui est imposé au vers de l'extérieur ; quelque chose qui en affecte le sens et l'expression et non la substance. La vraie pause métrique fait partie intégrante du vers et la preuve en est que dans d'autres cas elle est remplie par des syllabes. Si nous lisons pour le son au lieu du sens, en scandant plutôt qu'en lisant, nous pouvons négliger la césure dans les vers cités, au détriment du débit sans doute, mais non pas au détriment du mètre. Au lieu que dans By came a blackbird (voir cidessous, p. 170 et suiv.) aucune supercherie de lecture ne changera ce fait que ce vers \^By came a blackbird^ and nipt off her nose] contient un élément autre que ses syllabes. Nous sentons, et nous ne pouvons nous empê-

* Omond, op. ciL, p. 6.

LA PÉRIODE TEMPORBLLEi» 433

cher de sentir, que Ton a suppléé aux périodes par quelque chose autre que les mots. Ce quelque chose, je l'appelle pause, et il n'est d'aucune importance que la voix s'arrête sur ou entre les syllabes. Dans les deux cas, c'est un élément qui forme une partie intégrante du vers et qui est étranger à tous les caprices et à tous les trucs de Télocution.

« Les pauses facultatives que nous faisons. . . naturellement en lisant un vers semblent rentrer dans une catégorie tout à fait différente. Elles n'altèrent pas le temps du vers. Celui-ci n'est pas plus affecté que le temps d'un morceau de musique ne l'est quand le musicien s'arrête pour tourner la page ou pour ajuster ses lunettes. Nous sommes tous libres de nous arrêter en lisant des vers où nous voulons et quand nous voulons. A chacune de ces pauses le mètre est arrêté et il ne reprend pas avant que nous ne recommencions. Nous pouvons nous arrêter au milieu d'une période et reprendre la mesure où nous l'avons laissée, après une absence de quelques minutes ou de quelques heures. Mais ceci est un fait très différent de cette pause intégrante et qui forme une partie constitutive du vers lui-même, sans laquelle aucune scansion n'est complète », etc.*.

Omond a entièrement tort en distinguant ainsi les pauses de suspension d'avec celles d'arrêt. Toutes les pauses comptent dans le mètre du vers : le poète en tant que métricien doit se servir de tous les éléments temporels du rythme, et la pause en est un. Je relève encore une confusion d'Omond qui consiste à mettre les interruptions accidefitelles sur le même pied que les véritables pauses d'arrêt. Les premières ne sont pas des

* Omond, op. cit., p. 7 et suiv.

pauses*. Elles ne servent en aucune façon à faire ressortir le sens de la phrase. Elles sont tout simplement des interruptions fâcheuses. Il n'y a pas de pauses extramétriques.

Il y a bien une pause au milieu de chacun des vers cités par Omond. Elle est nécessaire pour mettre en évidence le sens des vers : le mètre s'en sert ; sans elle la troisième période de chaque vers boiterait affreusement; ! refresh \ y \ and blos \ ont besoin d'une pause pour suppléer à l'insuffisance quantitative des syllabes.

Wulff tombe dans la même erreur qu'Omond. Quand il s'agit de pause, il confond, malgré la distinction établie par lui-même entre Vdrsschema et Satsschema^ le mètre avec le rythme. « Dans les vers modernes de toute nationalité, dit-il, une pause, logique ou pathétique, syntaxique enfin, peut avoir lieu n'importe où dans le vers, sans que cela dérange notablement l'allure du vers. . . Les pauses syntaxiques et accidentelles ne comptent donc pas *. »

* Rythmidié, p. 9. Gp. ibid., p. 52, note :

f Clair Tisseur a tort de tant parier des pauses phraséologiques, car toute pause phraséologique est libre et permise à tout endroit du vers, pourvu que les pauses schématiques soient respectées en même temps. »

Gp. aussi VdrsbUdning, p. 22-23, à propos de logiska saispauserna. Après avoir expliqué que :

flc Interpunktionen (visserligen icke alUid de :<krivna tecknen !) ràttar sig i vâsantlig grad after de logiskt-syntaktiska pauser som folja pâ huvudord, t. ex. Den som âr nôjd 7 , âr lycklig. Celui qui est content ^ , est heureux. Veni 7 , vidi •f , vici. Ban Kam •f , sâg •f , segrade. I det sista exeraplet màrkes tydligt, att pausens storlek mâllan de koordlnerandc huvudorden ar âtniinstone sa stor som ett akcentlôst smâord (enstavigt aller tvâstavigt), sa att t. ex. avstândet mâllan kom, sâg, segrade irke blir lângre om man inskjuter ordet och, ordet aller o. dyl : Han kom och sâg och segrade ; Han kom och han sâg och han segrade ; Ban hvarken kom aller sâg aller segrade » (jusqu'ici j'abonde dans son sens), il ajoute: «c Dessa logiska

Bien qu'il ne soit pas conséquent, Becq de Fouquières a très bien senti rimporlance de Télémenlde pause dans l'alexandrin*. Selon lui, Talexandrin contient vingtquatre unités de temps, réparties entre quatre périodes égales comme temps, mais inégales comme nombre de syllabes^. « C'est au moyen de douze syllabes que nous devons remplir la durée que nous savons être égale à vingt-quatre croches. Mais les quatre syllabes accentuées étant longues par position et équivalentes à une noire pointée ou trois croches, nos douze syllabes remplissent un minimum de temps égal à vingt croches. Les quatre croches restantes, une par mesure, sont. . . pour le cas où un élément rythnn'que a quatre syllabes. Nous savons, en outre, que la première syllabe d'un élément de cinq syllabes se porle sur le temps fort précédent. Le temps de l'aspiration est pris sur le quatrième temps fort et le repos de l'hémistiche sur le second. Ainsi le vers français remplit le temps normal

och syntaktiska pauseringar som i talet iakttagas dels âfler bufvudord, dels mâllan skilda satsavdolningar, forandra i allroànbet icke vàrsens gang, hvar de an stâ inuti varsen. t> Cp. note, p. 23.

* Je relève deux passages dont la signiflcalion exacte n*est pas trop claire. Par temps réel, il entend, paraît-il, le temps des syllabes, sans compter les pauses théoriques, soit remplies par un prolongement de l'arsis ou non: « Si nous comparons... les trois formules 2433, 3333 et 4233, nous verrons que, par rapport à la seconde, la première a un léger relard, tandis que la troisième a, au contraire, une légère avance. Le temps réel de ces trois vers est sensiblement différent; il y a discordance entre les temps réels de ces trois formes de vers, ce qui, d'ailleurs, ne détruit pas l'équidistance des rimes (p. 65)... Le vers qui commence par un élément rythmique de quatre syllabes remplit exactement le temps théorique. Quand cet élément rythmique est de trois s>llabes, le vers est plus court d'une unité de temps ; quand il n'en a que deux, la diirérence entre le temps réel et le temps théorique est de deux unités de temps (p. 78). » On sait vaguement ce qu'il veut dire ; seulement il ne l'a pas dit.

* Becq de Fouquières : Traité Général de Versification Française, Paris, 1879, p. 46.

de la période mélodique, soit en prolongeant la syllabe rythmique de Tarsis, soit, quand la construction et le sens le permettent, en remplaçant les syllabes absentes de la thésis par des silences équivalents ^ »

11 fait ainsi une large part aux pauses, qui peuvent être remplies ou non par des syllabes. Seulement, vu qu'il adopte le système musical de division en mesures, avec rictus par conséquent sur la première syllabe de chaque mesure, la prolongation de « la syllabe rythmique de Tarsis » dans la Ihésis suivante équivaut à la prolongation d'une période"^ dans une autre dont la durée est ainsi diminuée.

Prenons un exemple ^ (je divise en périodes pour mieux éclaircir la question ; les lignes de division pointillées sont celles des mesures selon Becq de Fouquières) :

Lieux I char mants où mon ! cœur

vous a ! vaii

a dorl ée

Les syllabes rythmiques -mants^ -vait sont prolongées dans la période suivante faute d'une pause dans le sens suffisant pour remplir la mesure.

Par exemple :

charmants

où mon cour

Il est évidemment impossible que toutes les syllabes non accentuées aient la même valeur. Cependant c'est justement cela qu'entraîne ce système de répartition; les

> Bec de Fouquières, op, cit.^ p. 185.

* Dans l'acception que je donne à ce mot.

« Ibid., p. 188.

syllabes de la thésis gardant toujours la valeur d'une croche sans la possibilité de se prolonger aux dépens de la pause. Ainsi dans les vers cités les syllabes charm-y a-, 'do-y sont, selon Becq, égales.

S'il avait adopté un autre système de division en mesures que le musical, et qu'il eût affirmé tout simplement que la mesure avait telle durée qui pouvait être remplie ou non par des syllabes, sans préconiser précisément cette méthode déconcertante — presque la seule inadmissible — de les remplir, il aurait eu pleinement raison.

Il faut supposer une pause dans chaque période de beaucoup d'alexandrins.

Guyau critique vivement cette théorie de Becq de Fouquières*. « Rien ne nous semble plus étrange, ditil, que la notation musicale adoptée par M. Becq de Fouquières, qui représente l'alexandrin classique par vingt- quatre croches ; il se voit ainsi forcé d'introduire dans ce vers des temps de repos considérables que rien ne justifie, et qu'il supprime ensuite sans plus de raison dans sa notation du vers romantique. »

Sans accepter la notation de Becq — j'ai expliqué pourquoi — je ne vois pas comment Guyau aurait expliqué, sans tenir compte d'un élément de pause, le fait que l'alexandrin, qui, même selon lui (il lui donne la durée de douze croches au lieu des vingt-quatre de Becq), garde toujours la même longueur, peut contenir une suite de syllabes dont la durée et la plénitude varient entre de si grandes limites que, par exemple, ces deux vers de Victor Hugo :

Du poème inouï de la créaUon. . .

Lorsque entre deux grands vers un mot passe en dansant ?

* Op. cit., p. 189, noie.

138 LA përtode temporelle.

Les métriciens orthodoxes anglais ignorent en général tout à fait la pause (malgré quelques inconséquences à son endroit).

Bridges critique le vers de Longfellow :

And they rode | slowly a | long through the | wood con | versing

[to I getber. . .

« Ce vers enfreint la règle II dans son premier pied

(ce qui est vrai) et la règ,le IV dans son troisième pied (je souligne) ^. . . La syllabe pesante through est en rapport grammatical avec wood ; mais, si en lisant on la subordonne à cette syllabe accentuée, le vers boitera. On ne peut pourtant l'attacher à along*^. » Il a tort. Le vers est mauvais parce que la pause entre along et through n'a pas été respectée par le poète. La période -long f\ through the est trop longue ; la syllabe through étant assez importante ne laisse pas dans la période le temps d'une pause.

Faute de reconnaître Timportance de la pause, et surtout de la pause de suspension, les théoriciens orthodoxes ont été amenés à admettre beaucoup d'exceptions à leurs théories, qui ont Tair d*aulant d'inconséquences; et les théoriciens hétérodoxes, comme Lanier, Dabney,

* Voir ci-dessus, p. 81 et suiv.

' Bridges, op. cit., p. 108. H ajoute :

« In order to exhibit plainly thaï the reason why this Une halts in Ihat place is not because there is a heavy syllgible where Ihere may not be one, but only because it is coIh)cated by grammar with a wrong stress (as ruled by law V), compare the following Une (again Longfellow), where thtr third place is identical in quantity ; and yet the verse reads well :

So is it I best, John | Estaugh, we | will not | speak of il | furthcr.

And observe that 11 reads well because the heavy syllable -taugh is attached to ils contiguous stress. » Non, c'est parce que la syllabe -taiigh n'est pas heavy et qu'ainsi la période, malgré la pause, n'est pas trop longue.

LA PEKIODE TEMPORELLE. 139

CoUerill, Becq de Fouquières, d'Eichthal, de la Grasserie, etc., ont été amenés à attribuer aux syllabes des longueurs fausses.

Par exemple :

Por I, the chiefest lamp of ail the earih^...

r r r rr r r r r r

That touches Gaesar nearer. Read it, great Gaesar...*

r r r r r rr : : r rr

Than the soft myrtie; but man, prond man^

The flower that's like thy face, pale primrose, nor The azured hare-bell like thy veins, no, nor...

Dans ces vers Lanier * attribue la même durée à la syllabe Jior (dans les deux vers) qu'aux syllabes flower, like, face, prim-, etc., et aux syllabes /?a/e et bell seulement la moitié de cette durée.

D'Ëichlhal néglige moins que les métriciens anglais et les autres métriciens français les pauses de suspension. 11 reconnaît^ par exemple la pause entre les

groupes :

Je viens, suivant l'usage ; Célébrer, avec vous

dans les vers célèbres A'Athalie.

Malheureusement, adoptant la division musicale en mesures avec Taccent sur la première syllabe de chaque mesure, il n'attribue pas ces pauses aux périodes auxquelles elles appartiennent, faussant ainsi, pour rem-

* Dabney : The Musical Basis of Verse, Londres, 1901 (livre presque sans valeur), p. 214.

« Ibid., p. 215.

3 Lanier, op, cit., p. 190.

* Ibid., p. 203.

» D'Eichthal, op. cit., p. 32.

plir ces mesures, la durée des syllabes ; par exemple, dans la notation suivante :

sage an

rr r

Uque, etc.

Je viens suivant l'u

r r rr r

où la durée relative de -vant est diminuée et celle de an- (et peut-être de -sage) est augmentée. La division naturelle est la suivante :

A Je viens | A suivant l'usage | A antique. . . A 2 1 I A 5* 4* 5* 1» I A 5« 1« . . .

Sans cet élément de pause entre les groupes accentuels il serait difficile de concilier dans un même schéma métrique des vers très remplis de syllabes importantes comme :

(1) anglais :

Rocks, caves, laites, fens, bogs, dens, and shades of death...

(MiltoniP.P., ii,621.)

Say, muse, tbeir names then known, who flrst, who last. . .

[Ibid., 1. 376.)

Stains the dead, blank, cold air with a warm shade. . .

(Shelley : Epipsychidion,)

Part shame, part spiril renew'd : that some, turn'd coward.

(Cymbeline, V, 3.)

(2) français :

Avant qu'un sang plus chaud brûlât mon cœur viril. ..

(Leconte de Lisle : Barb.y p. 13.)

Sauf aux yeux dont un lourd baiser tient la paupière. . .

(Verlaine: Choix, p. 181.)

Errer un grand chion noir qui hurle aux mornes cieux...

(Leconte de Lisle : Trag,, p. 142.)

Tendre ou farouche, immonde ou splendide, humble ou grande. . .

(Hugo : Cont., p. 271.)

Les faux beaux jours ont lui tout le jour, ma pauvre âme. . .

(Verlaine : Choix, p. 158.)

Que poussent les gardiens du seuil, les deux chiens pâles. . .

(Leconte de Lisle : Antiq., p. 5.)

avec des vers apparemment très courts comme :

(1) anglais :

But, by example, (O, a sin in war),.. .

{Cymbeline, V, 3.)

In his study of imagination. . .

{Much Ado, IV, 1.)

Out of my way : uniess he bid 'em ; but For every trlfle are they set upon me: . . .

(Tempête, II, 2.)

A plague upon the tyrant that I serve.

^ (Ibid.)

Be not afraid ; the isie is fuil of noises. . .

(Ibid., III, 2.)

(2) français :

Du poème inouï de la création. . .

Racine regardait ces marauds de travers. . .

Je suis rbabitué de rorchestre divin...

L'éternel écolier et l'éternel pédant. .. Ni l'importunité des sinistres oiseaux...

(Hugo : Contemplations,)

Et sa chair et ses os furent vannés au vent. . .

(Leconte de Lisie : Trag., p. 76.)

Prenons les deux vers anglais :

Say, Muse | , their names | then known | , who first | , who last... Be not I afraid | ; the isle | is fuU | of noises. . .

Comment la période who first^ par exemple, pourrait-elle avoir la même durée que la période is full sans qu'on tînt compte d'un élément de pause plus grand dans celle-ci que dans celle-là ? La syllabe who est évidemment plus longue que la syllabe is. De même dans les deux vers français de Leconte de Lisle :

Que poussent | les gardiens | du seuil | , les deux chiens pâles. .. Et sa chair | et ses os | furent vannés | au vent.

les deux périodes les deux chiens pâles, au vent doivent avoir la même durée.

Il faut supposer un élément de pause plus long dans celle-ci que dans celle-là.

C'est justement ce que justifie le schéma rythmique (accentuel) de ces vers (et d'autres pareils) : il faut en effet, pour bien mettre en valeur les nuances du sens dans les deux vers anglais, s'arrêter davantage entre les groupes accentuels dans le vers :

Be not afraid ; the isie is full of noises. . .

que dans le vers :

8ay, Muse, tbeir names then known, who first, wbo last...

Il en est de même des deux vers français*.

^ Ces pauses peuvent être absolument très courtes, tout en restant relativement très longues. Il s*agit Justement de pauses si courtes qu'une mauvaise lecture les escamote trop souvent.

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