‹ Étude comparée de la versification française et de la versification anglaiseChapitre 3 sur 20 · L*ACCENT KT LA QUANTITÉ · texte numérisé non relu

L*ACCENT KT LA QUANTITÉ

totale, la même quantité, etc. . . Le timbre, etc. . . des sons constitutifs n'y est pour rien ^ >

Guyau ^ pense (pour le français) que « les syllabes sur lesquelles on veut insister en lisant ou en parlant » sont les plus fortes, les plus longues et les plus aiguës. Les syllabes « qui n'ont pas grande importance au point de vue de la pensée » sont faibles, brèves et moins aiguës. Les syllabes n'ont ainsi pas de quantité fixe une fois pour toutes. « La quantité, telle que nous la concevons aujourd'hui, est variable, subordonnée à l'importance du mot et au sens de la phrase 3. » De la Grasserie est d'avis que « l'accentuation a en français ceci de particulier, qu'elle n'élève pas seulement la voix et n'en augmente pas seulement l'intensité, mais en prolonge aussi la durée*. »

Brunetière s'exprime catégoriquement dans un sens opposé. « En français nous n'avons ni de longues ni de brèves... mais seulement des syllabes accentuées ; et l'accentuation n'est pas la « quantité ». L'accentuation est l'élévation ou l'abaissement de la voix sur une syllabe donnée : la quantité est ou était, dit-on, dans les

* Wultr: Om VùrsbUdning, p. 13 :

« Del ar en viklig sak, denna, ail alla huvudstavelser ha samma intenlionelle langd vid lika starkt frainliàvende, d. v. s. de ha, vid samraa akcenttcyrk, alldeles samma lotala tidsmâtl, uUalsdryghet, stavelseulrymm, exspiralions-exiensilel, Kvantitet, De ingâende Ijudens klangfôrj och arlikuialions-oiikhet ha darpâ inlet inflylande. »

Gp. ibid., p. 6:

« l*â det intenlionelle slavelselryckel beror direkt hvarje slavelses totale Itingd i salsen (ullalsulrymmet). »

Cp. ibid., p. 13, 4, et en général pages 12 à 15.

2 Guyau : Les Problèmes de VEsthétique Contemporaine, Paris, 1897, p. 183.

3 Ibid., p. 188.

* De la (irasserie, op. cit., p. 365.

l'accent bt la quantité. 19

langues anciennes, la tenue de la voix sur la même syllabe*. »

Selon Liddell les syllabes accentuées (en anglais) sont ou plus longues ou plus brèves, avec ou sans une plus ou moins grande acuité de ton. « Comment donc décrirons-nous les concomitants physiques de l'emphase d'émotion ? Nous ne pouvons le faire qu'en appelant l'attention sur deux éléments de son résultat vocal ; le premier est une contraction ou un prolongement de la durée de l'onde syllabique, et le second est un effet que l'on a appelé ton en phonétique ; quelquefois le premier de ces phénomènes est seul sensible, quelquefois le dernier seulement ou bien quelquefois les deux à la fois *. »

Saran prétend que l'impression du relief d'un son ou d'une syllabe n'est pas physiologiquement simple. Elle est, selon lui, le résultat de l'opération de plusieurs facteurs dont les principaux sont la force, la durée, le ton, etc. ^. Bridges sépare l'accent de la quantité ; en

* Histoire de la Littérature Française Classique, p. '.04.

' Liddeil, op. ctt., p. 214:

« How, then, shall we describe the physical concomitants of emolion-slress. We can only do so by calling allenlion to two cléments in its vocal efîect the first a contraction or a prolongation of the lime of a syllable-impulse and the second an efTect which in phonetics is called tone ; sometimes only the former of thèse two kinds of speech phenomena is conspicuously présent, sometimes only the latter, sometimes both. »

3 Saran. op. cit., p. 294.

«... der Eindruck des Hervorragens von Lauten und Silben nie psychologischeinheitlich ist. Er ist immer das Ergebnis des Zusammenwirkens mehrerer Faktoren. Als solche kommen in Betracht : Stârke, Dauer, Tonhôhe, Tonartikulation, Schallfiille, Regislerverwendung u. a. m. » Saran a probablement raison. Tout ce qui concerne le but de cette étude, c'est le relief et la quantité (durée) ; le reste peut avoir son importance phonétique et môme poétique ; il n'en a pas moins rien à dire pour la métrique (la science de la charpente des vers).

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