‹ Étude comparée de la versification française et de la versification anglaiseChapitre 4 sur 20 · L*ACCRNT ET LA QUANTITÉ · texte numérisé non relu

L*ACCRNT ET LA QUANTITÉ

revanche, il reconnaît que le ton n'est pas un facteur indispensable de Taccenl. «Dans les prières récitées sur une seule noie dans les cathédrales, on peut entendre l'accent (slress) sans le Ion aigu, les mots importants étant mis en valeur sans qu'on élève le diapason de la voix. En musique, l'accent coïncide souvent avec un abaissement du Ion, et ceci peut naturellement être reproduit dans la diction ^ » Il parle de « la tendance à dire une syllabe accentuée sur un Ion plus haut qu'une syllabe non accentuée ^ » : il n'en fait pas une loi. Pour ce qui concerne les rapports entre la quantité et l'accent. Bridges pense que les deux phénomènes so?it indépendants. « On ne peut jamais, ajoute-t-il, en l'accentuant rendre une syllabe brève aussi longue que deux syllabes sans accent 3. »

Stone est aussi (sinon plus) paradoxal que Bridges. A travers le paradoxe on voit percer Topinion des métriciens orthodoxes, comme Mayor, que les mètres modernes, dits accentuels,ne dépendent que de l'accent. « La différence entre les mètres anciens et les modernes est que dans les uns on scande le vers en se basant seulement sur la quantité, l'accent n'étant qu'un ornement' pour jeter de la variété dans un mètre trop monotone, et dans l'autre les fonctions sont retournées, l'accent décide de la façon de scander, la quantité donnant (une partie de) la variété*. »

^ Robert Bridges : Milton's Prosody. Je cite Fédilion de 1901, Oxford, p. 78. Je reviendrai sur les idées de Bridges. Voir plus loin, p. 65.

* Ibid., p. 78.

3 Ibid., p. 72.

* W. Johnson Slone : On the Use of Classical Mètres in English, \" éd., Londres, 1899, p. 6. La brochure a été republiée avec quelques modilioalions dans le même volume que Milton's Prosody, de Bridges, Oxford, 1901. Je cite la 1" éd.

i/accent et la quantité. 21

Stone prétend que l'accent anglais est seulement Ionique. « L'accent ordinaire. . . anglais consiste exactement à élever le Ion de la voix, et rien de plus*. . . Je ne vois. . . pas de différence entre les règles de l'accentuation grecque et celles qu'on pourrait formuler pour l'anglais 2. » Il cite ^ un passage de Blass {Pronunciation of Ancient Greek) : « En ce qui concerne l'accent des mots, on sait qu'en grec il consistait en une élévation de la voix, non en un accroissement d'intensilé et bien moins encore en l'allongement de la durée, bien que dans les deux langues (latine et grecque) ce denn'er phénomène fût uni à l'élévation de la voix dans la période de décadence. . . La versificalion de la période classique ne tient nul compte de Taccenl (word-accenl), et de fait, puisque Taccent était musical, il n'y avait aucune raison de le faire. » Pour Slone ainsi l'accent n'a rien à faire avec la quantité. Il affirme que, «pour qui y fait attention et s'ils sont bien prononcés, les mots anglais ont une quantité dislincle* ». Mais il ajoute: « l'accent en anglais n'allonge pas du tout la syllabe^. » 11 parle, à

' W. Johnson Stone : o^. cit.^ p. 32.

3 Ibid., p. 34.

3 Ibid., p. 31. Le toxte anglais des citai ions est :

« The ordinary iineraphalic Eiiglish accent is exaclly a raising of

pitch, and nothing more I do not see any essenlial différence

between Ihe rules of Greek accenluaUon and such as might be

formulated for English Wilh rega»d to the accent of woids il is

well known thatinCireek Ihis consisled in voice-pitch,not voice-slress, and slill less voice-duration, although in both langnages the laller was iiniled with the voice-pitch in ine period of thoir degeneration. . . the versification of the classical period niakes no account whalever of a word-accent, and indoed, since the accent was musical, there was not the slightest reason why it should. »

5 Ibidy p. 4. Gp.,p. 36:

« Accent does not lengthena syllable : . . .ils function is to préserve

22 l'accent kt la quantité.

propos de Slanihurst,de « Tinipression désastreuse que les voyelles anglaises n'ont pas de quantité fixe et invariable* ». Il qualifie Putlenham d'homme « qui croit de bonne foi que le seul critérium de la longueur d'une syllabe est son accent, qui de fait ne soupçonne aucune différence entre lonffueur de ton, force de (on et hauteur de ton^ ».

a syllable from conversational shorlening, and I wouïd go further and say that it préserves it a!so from lengthenlng. w

* W. Johnson Stone : op. ctï., p. 12.

« Ibid., p. 16.

Slone préconise remploi du système métrique quantitatif en anglais, exactement comme en grec. Je donne à titre de curiosité les vers suivants composés par son père d'après ses règles. E. D. Stone : A spécimen of elegiacs, Academy, le 1" avril 189î).

IIo ! jolly old parsons, who smoked long pipes of an evening.

Smoked long churchwardens, sipped at a beady rummer : JackbootedjStout-cobbed, at a meel seen oft on a Monday,

Or gaitered for a tramp through slubble after a bird ; Just, and kwown to be just, yet prone to be merciful also,

Lifting a grain of wheat out of a bushel o' chalT; Friendly to ail, sharing port wine wilh needy retainers,

Welcome in ail cottages, welcome alike to the Hall. Of neighbours shrewd, kindly critics, shrewd judges of horsellesh,

Worldly perhaps, yet not guiltily slaves to the world, (Ile made it very good, 'lis an ingrale's trick to abuse it:

Using aright His gift, worlhily praise the Giver.) What's to be said ? Their place is a blank ; is none to regret them ?

Were Ihey merely rubbish, fit to be carted away ? Twice in the week preaching set sermons, decked in a black gown,

Droning an old, old taie slupidly accredited. Say, is it ail to the good that a priest stalks, Irimly biretled,

Down the village main slreet frocked in a seed\ cassock? Qioir boys, vested aright, now chant where once wasa chorus

Of loud-lunged voces led by a wheezy flddie.

No dilTerenceof sex-young men with fresh, pretly maidens ;

Old men with children, rustical antiphones.

Tis belter, o doubUess, this Ghurch of a new génération,

Rod-tiled, sinarlly bannered, made to a tidy patlern ;

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