‹ Étude comparée de la versification française et de la versification anglaiseChapitre 5 sur 20 · L*ACCKNT ET LA QUANTITÉ · texte numérisé non relu

L*ACCKNT ET LA QUANTITÉ

Palmore nest pas du même avis. Selon lui* laccenl anglais « n'est cerlainemenl pas une simple question de ton. Quelques écrivains ont identifié noire accent métrique avec la quantité ; d'autres Tout vu dans la force ; d'autres ont imaginé qu'il consistait, comme le grec, simplement dans le ton ; d'autres y ont vu un composé de force et d'élévation de ton ; d'autres, enfin, en ont fait le relief acquis par une syllabe sur une autre par une combinaison quelconque de ces éléments. Or, il me semble que le seul point de vue admissible quant à cet accent qu'on s'accorde avec plus ou moins de netteté à donner comme base au mètre anglais, en contradiction avec le mètre syllabique des anciens, est celui qui lui attaclie la fonction de marquer, par des moyens quelconques, des intervalles isochrones. . . Ces qualités^ que, prises séparément ou réunies d'une façon ou d'autre, on a considérées comme l'accent, sont seulement en réalité les conditions de l'accent. » 11 semble penser que la syllabe accentuée, capable de marquer rictus, est la plus forte, la plus aiguë et la plus longue. « Nos habitudes^ veulent, dit-il, que tout ce qui peut lui donner la prépondérance soit en général concentré sur une seule syllabe, afin de rendre possible le batlernent de l'ictus... Chez nous, ajoute-l-il*, l'accent métri(|ue

Yot thore is one who loves old pews and hoiiiely belongin^s,

Not rosloreii, ivdolont of many agps ago.

Who soniotimes, as a voice, tiigli pitched, iiitones, for a niomonl

Longs for an old parson, peacefully droning above, Three dockers in a line with Ncison's Viclory ranges,

Wonders mou reckon it seemly to wear polticoals.

* Patmore, op. cit., p. 229.

* Ibid., p. 231.

3 Ibid., p. 231.

* Ibid., p. 227.

24 l'accent bt la quantité.

ou ictus et l'accent pris dans le sens d'un changement de Ion, et la quantité, coïncident. » Il n'attache pas cependant beaucoup d'importance à trancher la question de la nature de l'accent. Il se contente de constater que certaines syllabes frappent plus l'esprit et sont ainsi plus capables que d'autres de servir à marquer l'ictus. 11 a raison. Ce qui importe est justement ce fait que certaines syllabes ressortent et frappant ainsi Tesprit peuvent servir à mesurer le temps du vers.

Outre cela, il n'y a, pour moi, qu'une chose importante, c'est de s'entendre sur ce que veut dire la quantité en anglais et en français. Les théories les plus diverses ont été émises, on le voit. Elles se groupent en trois catégories :

(1) Chaque syllabe a une quantité inébranlablement fixe.

(2) La quantité des syllabes est déterminée par leur position accentuelle.

(3) La quantité des syllabes ne se laisse pas déterminer *.

Nous avons vii que la secon<le théorie est la seule valable. La première n'envisage pas les faits ; c'est une théorie académi(|ue*. La troisième néglige une partie

^ ("p., prince Alexandre Bibesco : La Question du Vers Français, Paris, 3- éd., 1895, p. 20:

« Il n'y a point de syllabes longues ni brèves en français, el cela par une raison bien simple, c'est qu'en français, l'accent a tué la quantité, f C'esl vrai, en effet, mais ce n'est pas toute la véritcV L'accent, non content de tuer la quantilt^, l'a recréé !

- Tennyson croyait savoir la quantité de chaque mot anglais, sauf scissors (Slonc, op. cit., p. 25). La théorie de Stone (et de Bridges) s'explique par le fait que les syllabes de chaque mot isolé ont bien

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