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l'accident ne modifie pas la situation du fœtus’; la rupture se produit, et l'enfant reste en place de la matrice. Pendant longtemps et presque jusqu'à nos jours, les accoucheurs ont été unanim es à déclarer qu’il n’y avait dans ce cas là qu'un seul parti à prendre: procéder sans retard à l’extraction du produit de conception par les voies naturelles.
Et cependant, a-t-on le droit d'être si affirmatif ?
S'il est vrai que le traitement immédiat préconisé par la plupart s'impose quelquefois dans les cas d’utérus rompu avec fœtus inclus dans la matrice, nous sommes persuadé que dans ces mêmes cas il est souvent préférable d’avoir recours à l'extraction par l'incision abdominale.
Soit un cas de rupture utérine complète, large, pouvant permettre, entre ses bords, le passage de l'enfant situé dans l'utérus.
. Outre qu’il. paraît très difficile de pouvoir extraire ce fœtus, par voie vaginale, de cet utérus largement déchiré sans porter atteinte à la vitalité maternelle, nous ne voyons pas la nécessité, étant donné que la laparotomie s'impose de plus en plus dans ces sortes d'accidents très graves, de pratiquer coup sur coup, sur la même femme, deux interventions successives, en réservant imprudemment pour la fin celle qui, selon toute apparence, devrait être particulièrement favorable à la malade. Ne serait-il pas plus sage, au lieu de perdre un temps précieux en manœuvres d'une utilité douteuse, d'aborder immédiatement, par l’incision abdominale, l'utérus lésé, et, une fois sur le lieu même de la lésion, de procéder en connaissance de cause à la fois au double traitement immédiat et consécunf. Ainsi, ayant scrupuleusement satisfait, en se hdtant, à la plus essentielle des indications fournies par la rupture utérine en général, on pourrait avoir le sérieux espoir
d'arrêter, en cas de besoin, les deux complications les plus redoutables de l'accident qui nous occupe : l'hémorrhagie et l'infection.
Nous pensons donc qu'il y à des cas nombreux en présence désquels la laparotomie s'impose, méme quand l'enfant est resté en entier dans l'utérus. L'incision abdominale est devenue, grâce à l’antisepsie, une pratique de choix à laquelle il faudra toujours sérieusement songer.On ne sera réellement autorisé à l’écarter de parti pris que :
4° Dans les cas de rupture utérine incomplète, sous-péritonéale, dépourvue de toute complication hémorrhagique ou infectieuse ; cas qui ne justifient certainement pas l'ouverture de l'abdomen ;
2 Dans ceux, très rares, où le fetus apparaissant à la vulve se montre d'une extraction facile pour l'accoucheur et sans danger pour la mère.
Ajoutons que, d’une façon générale, l'extraction par l'incision abdominale a toujours donné de bien meilleurs résultats que l'extraction par le vagin. Il suffit pour s’en convaincre de consulter les deux statistiques suivantes de Trask et de Jolly, dressées à une époque où les dangers d’une intervention chirurgicale n'étaient pas, ou guère encore, diminués par les bienfaits de l’antisepsie.
1° Trasx (loc. cit.).
Abandonnées, Mortes 35. Guéries 43 Mortalité 38 0/0 Ex. vag. » 80. » 38 » 68 0/0 Gastrotomie » Fe » 22 » 24 0/0
2% Jouy (loc. cit.).
Expectation, 144. Mortes 142. Guéries 2 Guérison 1,45 0/0 Ex. vag. 382, » 310. » 72 » 29 0/0 Gastrotomie 38. » 412. » 26 » 68,4 0/0
Après ces considérations rapides sur le traitement immédiat, nous allons aborder sans plus tarder le traitement consécutif. Tant que la laparotomie n'eut pas définitivement conquis la place d'honneur qu’elle occupe aujourd’hui dans le traitement des ruptures de l'utérus, c’est presque toujours à l'extraction du fœtus par les voies naturelles qu’on avait recours, de même que c’est aussi par la filière génitale qu’on traitait Le plus souvent la plaie utérine. Les divers procédés de traitement par le vagin employés sont :
Le drainage ;
Les injections anliseptiques ;
Le tamponnement ;
La suture de la déchirure par voie vaginale ;
L’hystérectomie vaginale.
Nous allons les étudier successivement dans cet ordre.