‹ Étude comparée des différentes méthodes de traitement utilisées dans les ruptures de l'utérusChapitre 12 sur 51 · LÉ NES · texte numérisé non relu

LÉ NES

la déchirure sans la dépasser, c'est-à-dire sans se mettre : en rapport direct avec la séreuse péritonéale. — D’autres accoucheurs vinrent ensuite qui conseillèrent les lavages antiseptiques répétés et le changement fréquent du drain, deux pratiques énergiquement repoussées par Frommel.

On le voit, le drainage est un procédé de traitement peu sûr, dont la technique, en voie d'évolution continüelle, a toujours été fort controversée. Il n’a réellement été pratiqué que de 1880 à 1885 ; mais, si l’on en croit les auteurs qui le conseillèrent, il donna pendant cette courte période des résultats satisfaisants.

Brossard (1) cite dans sa thèse 14 cas de guérison sur un contingent de 20 observations de rupture de la matrice traitées par Le drainage : c'est une mortalité de 30 0/0 que Merz (2) porte à40 0/0 danssonarticle paru dansles « Arch. für Gynäk.» de 1893. Pour notre part (3), nous sommes arrivé au pourcentage de guérisons suivant: 63, 57 0/0, ce qui équivaut à une mortalité de 36, 43 0/0 intermédiaire à celles fournies par les statistiques de Brossard et de Merz.

Nous n’essayerons pas de formuler un jugement en nous basant sur les chiffres qui précèdent; nous craindrions trop de ne pas tomber d'accord avec la réalité générale des faits. Nous admettrons plutôt, pour ne pas trouver trop injuste le discrédit dans lequel le drainage est tombé de nos jours, qu'un nombre notable de cas de mort n’ont pas été publiés.

(4) Brossarb, loc. cut.

(2) Merz, Traitement de la rupture utérine, Arch. für Gynäk., Berlin, 1893, Bd XLV, Heft 2.

(3) Voir {p. 163) notre « tableau rétrospectif général » des 271 cas de rupture de la matrice que nous avons recueillis, FoRNÉ - 3

ES

Le drainage n’a rien à envier à l’expectation ; à peu de chose près, ces deux méthodes de traitement ont eu le même sort: elles sont l’une et l'autre également délaissées aujourd'hui. Pouvait-il en être autrement d'un système thérapeutique basé sur des croyances fausses et étavé par des idées erronées.

Autrefois, on croyait que le séjour prolongé dans la cavité péritonéale de caillots sanguins, de liquide amiotique, de débris placentaires, d'écoulement lochial, était la source certaine d’une péritonite septique rapidement mortelle. Aujourd'hui, se fondant sur des faits cliniques et expérimentaux indiscutables, les auteurs sont d'avis que la séreuse péritonéale tolère très bien le contact de quantités même considérables de substances, pourvu toutefois qu’elles soient parfaitement aseptiques. Orilest avéré que les liquides épanchés dans le péritoine à travers la rupture utérine ne sont pas septiques par eux-mêmes ; ils peuvent le devenir, mais seulement par pénétration et contact d’acgents septiques extérieurs. Les anciens se sont totalement mépris sur l’origine du mal ; ils le croyaient dedans quand il était dehors. Par le drainage, ils voulaient débarrasser l'organisme de germes nocifs non existants et ils ne voyaient pas qu'ils oùûvraient une porte à la cause infectante méconnue.

C'est Felsenreich (1), en 1881, qui entrevit le premier l'erreur commise. Il lança son cri d'alarme, et, après s’être fait un chaud partisan du drainage, il devint, sans hésitalion, son adversaire résolu. Le nouveau mode de traitement lui parut non seulement inutile mais même dangereux. fnutile, out il l'est, et pour deux raisons: d’abord,

(1) Fezsenreicu, Beitrag zur Therapie der DIS RENE Arch. für Gynäk., 1881, Bd XVII, Heft3, S.490.

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