‹ Étude comparée des différentes méthodes de traitement utilisées dans les ruptures de l'utérusChapitre 20 sur 51 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Hystérectomie vagiaale.

On donne le nom d’hystérectomie vaginale à l’ablation de l'utérus seul ou de l'utérus avec les annexes, par le vagin.

L'hystérectomie vaginale est une opération ancienne. On trouve, en effet, cette opération mentionnée dès le deuxième siècle. |

La première observation authentique est due à Ambroise Paré, qui fit l'opération en 1575. La technique fut étudiée plus tard par Sauter (1822), Récamier (1828), Blundell (1828), Clément (1830), dans tous ses détails.

Sauter insista sur la marche générale de l’opération, conseilla l'abaissement de l'organe, etla bascule en avant, Récamier alla plus loin ; il étudia l’hémostase, non seulement au moyen de ligatures, mais aussi au moyen d’une lame de plomb, avec laquelle il voulait faire la forcipressure des vaisseaux. Enfin, pour faciliter l'abaissement de l'utérus, il conseilla les débridements vaginaux. Blundell eut recours au décubitus latéral et à la bascule du corps de l'utérus en arrière. Enfin Clément fit des ligatures à élages successifs sur les ligaments larges.

L'opération, {elle qu'on la pratique aujourd’hui, a donc été élaborée par cesquatre auteurs, dont on ne saurait taire le nom sans injustice. Les gynécologistes modernes ont perfectionné les détails, vulgarisé l'opération, grâce à la découverte de l’antisepsie.

L'opération, tombée dans l'oubli, fut reprise en 1878, en Allemagne, par Czerny, Billroth, Schræder, A.Martin, Olshausen. En France, Péan en 1882, Demons, Bæœckel, M. Terrier un peu plus tard, pratiquèrent l'opération.

Péan enleva l'utérus par tranches successives ; Muller, pour faciliter Le traitement des ligaments larges, pratiqua l’hémisection médiane ; M. Doyen, l’incision médiane, antérieure, pour faciliter la bascule en avant de Sauter.

Jusqu'en 1894, l'hystérectomie vaginale avait été à peu près exclusivement réservée aux affections utérines suivantes : métrite hémorrhagique, rebelle à tout traitement ; cancer du col ou du corps de la matrice, lorsque ni Le vagin, ni la vessie, ni le rectum n'étaient envahis par le néoplasme ; tuberculose de l'utérus, lorsque l'état des poumons ne s’opposait pas à toute intervention radicale ; fibrome utérin intra-ligamentaire auquel on ne pouvait appliquer les procédés d’énucléation, ou de myomotomie vaginale par morcellement, mais qui néanmoins ne dépassait pas l’ombilic ; métrite chronique avec suppurations annexielles (Péan).

En 1894, Neugebauer ajouta à la liste précédente des affections utérines qui peuvent réclamer l’hystérectomie vaginale, une lésion accidentelle de la matrice qu'il jugea justiciable aussi de l'opération qui nous occupe : nous voulons parler de la rupture utérine, ou plutôt de certains cas particuliers de rupture utérine.

C'est donc Neugebauer (1) qui, sur la fin de ce siècle, pratiqua la première hystéreclomie vaginale pour rupture de l'utérus (1894). Il fut suivi de près, dans cette voie inau-

(A) NeuceBauEr, Verhandl. der deutschen Gesellschaft f. Gyn. 6 Congress, S. 356.

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