‹ Étude comparée des différentes méthodes de traitement utilisées dans les ruptures de l'utérusChapitre 22 sur 51 · ARS, NE · texte numérisé non relu

ARS, NE

porte surtout de faire accepter parce qu’elle est susceptible de donner les meilleurs résultats dans les cas de rupture de l'utérus, c’est l'hystérectomie vaginale. Il peut être difficile de faire un choix entre une thérapeutique conservatrice et l’extirpation. Mais le plus souvent, il vaut mieux pencher pour la deuxième alternative, et cela pour les raisons suivantes : le traitement conservateur n’est pas facile et ne peut être pratiqué dans tous les milieux ; par contre, l'opération est aisée, l’extirpation étant plus facile que dans les cas de myomes. Les sutures sont plus difficiles à placer que dans l'opération césarienne, et si celle-ci peut donner lieu à des ruptures dans les accouchements postérieurs, à plus forte raison serait-ce le cas ici.

Bref, Schrœder estime qu'il est bon, dans les cas de rupture utérine, d’enlever l'organe lésé. Ce point acquis ; il commence par écarter l’opération de Porro qu'il juge trop souvent insuffisante, etil ne se trouve plus en présence que des deux hystérectomies totales : l’abdominale et la vaginale. Il se prononce en faveur de l'hystérectomie vaginale pour la raison, par trop générale, que le pronostic des opérations pratiquées par voie abdominale est généralement plus grave que celui des opérations pratiquées par le vagin. |

Qui ne voit immédiatement tout ce qu'il y a d’outré dans une pareille thèse ? Mais, avant de nous prononcer nousmême, nous allons laisser à Solowig le soin de faire ressortir l'exagération de l’idée précédente.A l'opinion de Schræder, basée sur une argumentation purement théorique, Solowig oppose la sienne,basée sur un cas Lypique de rupture utérine qu’il a voulu traiter par l’hystérectomie vaginale.

Voici ce cas (1) en deux mots:

(4) Centralblatt für Gynäk., 13 novembre 1899.

Une femme, mère de deux enfants, âgée de 34 ans, entre à l'hôpital pour une rupture de l'utérus. Solowig examine la malade et se résout à tenter l'extirpation totale de la matrice et des annexes par le vagin. Le lendemain du jour de l'opération la malade meurt.

Ainsi que le prouve l’autopsie de façon péremptoire, la mort doit être attribuée à l'existence d’une vaste déchirure du péritoine que le genre d'intervention choisie n'avait même pas permis de soupconner. Ce cas, dit avec quelque exagération Solowig, est un frappant exemple de ce fait que les ruptures de l'utérus ne doivent jamais être traitées par le vagin, mais toujours après l'ouverture du ventre pour qu'on puisse voir de ses yeux toutes les lésions.

Quant à nous, nous ne partageons pas plus l'exclusivisme de Solowig, que nous n'avons partagé celui de Schræder, Celui-ciramène tout à l'hystérectomie vaginale, celui-là à la laparotomie. Nous croyons que Solowig est plus près de la vérité que Schrœder, mais nous ne sommes en conformité absolue d'idées avec aucun des deux. Nous ne nous déclarons nullement partisan de l’hystérectomie vaginale, mais nous pensons qu’il est des ruptures incomplètes sous-péritonéales de l'utérus, à pronostic bénin, quine sauraient réclamer nécessairement l'incision abdominale. Nous dirons, dans nos conclusions générales, de quel traitement sont justiciables, à notre avis, ces cas particuliers de rupture incomplète, et, dans cette fin de chapitre, nous nous bornons à émettre notre opinion sur la valeur réelle de l’hystérectomie vaginale dans les ruptures de l'utérus.

: Cette opération, déjà assez peu pratiquée jusqu'ici pour le genre d'accident qui nous intéresse (elle l'a été 6 fois en tout), sera encore de moins en moins utilisée à l'avenir,

not

et elle finira par disparaître complètement de la liste des traitements rationnels susceptibles d'être mis en usage pour un cas de rupture utérine. Sans doute, en des mains habiles, l'hystérectomie vaginale a pu donner quelques bons résultats (voir le tableau qui suit), mais, le cas rapporté par Solowig est bien fait pour faire perdre toutes les illusions que d'aucuns commençaient à fonder sur cette nouvelle thérapeutique opératoire. Nous pensons, en somme, que d'une part les ruptures incomplètes, relativement bénignes d'ordinaire, ne justifient en aucune sorte une opération aussi grave, et que d'autre part les ruptures complètes réclament avant tout un examen direct, une analyse de visu de la lésion qui, nécessitant l'opération préalable de la laparotomie, exclut, par suite, l'ablation de l'utérus par le vagin. #

Ruptures utérines traité

rs

Date Opérateur | Age

ue Dr NEUGEBAUER »

1894-95|D' CHroBAK... »

1896 |D' DURHSSEN.. »

1898 |Dr WINTER..., »

14899 |D'Iwaxow....| 93 ans.

1899 [Dr Socowic...| 34 ans.

Age

de la grossesse

Temps écoulé

Etat de la femme

entre la rupture 3 au moment de l’opérati

et l'opération

9 mois.

12 heures.

sac postérieur, pr!

pagée au col utéri!

?. Collapsus.

Opération pratiquée aussitôt après l'accouchement, |

État relativement

2 heures 1/2.

bon.

État relativement:

3 heures {/2. bon.

| » Faiblesse extrême Pouls presque im perceptible. Extré

mités froides,

Bassin rachitique.

bar l’hystérectomie vaginale.

Résultat Résultat Cause Durée pour Renseignements bibliographiques pour la mère . de la mort de la mère | de l'opération l'enfant | ne IMort 20 minutes, Mort. Epuisement. Quelques [Neucerauer, Verhandl. der après l’opéra- minutes ? | Deulschen Gesellschaft f. | tion. Gyn. 6 Congress, S. 356 — \ . Et Zeitsch. [. Geburtsch, u.

Gynäk., 1898, xXXIX, p. à, | article Schræder.

Hort immédiate-| Mort. Epuisement, 48 minutes. [CroBak, Verhandl.der Deuts- | ment après l'o- chen Gesellschaft f. Gyn.

; pération. 6 Congress, S. 359, — Et | Zeitsch. f. Geburtsch. u.

Gynäk., 1898, xXXIX, P. 3, | article Schræder.

auérison malgré Mort. » Peu Durssuen, Der vaginale, Kat- | une hémorrha- de temps. serschmilt. (Nebst Bericht | gie secondaire über eine erfolgreiche vagi- | survenue64heu- nale Extirpation derruptu- | res après l’opé- rinten Ulerus unmittelbar ration, à l'occa- postpartum. Berlin. 1896, sion de l’enlève- S. Karger.

ment des pinces.

Guérison. Mort. ) 55 minutes.|Scunosner. De l'hystérecto-

mie vaginale totale dans les cas de cancer ou de rupture. Zeilsch. f. Geburish, u. Gynäk., xxxIx* année 1898, p. 5.

Guérison. Mort. » 30 minutes, [[wanow. Totale vaginale Extirpation einer während der Geburt rupturirten Gebärmutter. Centralblatt f, Gynäk.. Leïpz., 1899, xxrnr,

pp. 33-36.

Mort. Mort. |L'autopsie a prouvé, » Centlralblatt für Gynæk., de facon péremp- 13 nov. 1899,

toire, que la mort devait être attribuée à une vaste déchirure du péritoine dont l’opération choisie n'avait méme pas permis de soupçonner l’existence.

Solowig pense qu'il aurait pu sauver la malade par l’hystérectomie abdominale totale.

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