‹ Étude comparée des différentes méthodes de traitement utilisées dans les ruptures de l'utérusChapitre 25 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Laparotomie sans suture.

Lorsque le ventre est ouvert et vidé de son contenu anormal (fœtus, placenta, membranes, caillots, etc..….), la première précaution à prendre est de faire, avec le plus grand soin, la toilette du péritoine. Il importe, en effet, de ne laisser à la surface de la séreuse aucune des matières si facilement putrescibles qui s'y trouvent épanchées à la suite d’une rupture utérine, sang, liquide amniotique, méconium ou sébum. Cette toilette consiste à laver Ia cavité péritonéale avec de l’eau salée ou boriquée, et à l’éponger ensuite minutieusement avec des compresses de gaze stérilisée chaudes. Toutes les sources d'hémorrhagie, même les plus minimes, sont soigneusement taries, et il ne reste plus, avant de refermer le ventre, qu’à assurer la réunion aussi parfaite que possible des lèvres de la plaie utérine. Laisser la déchirure béante serait exposer la femme à une infection secondaire par passage de lochies dans le péritoine. Deux procédés peuvent être employés pour rapprocher les bords de la rupture : /e tamponnement et la suture. Nous nous occuperons exclusivement du premier procédé dans ce chapitre. :

Pour que le tamponnement remplisse les conditions nécessaires (elles sont souvent insuffisantes) à l'obturation de la plaie utérine, on doit le faire à la fois intra et extrautérin. Une bande de gaze iodoformée remplit l'utérus, et l’une de ses extrémités passe dans le vagin ; une autre

ET ns

bande couvre l'utérus à sa face externe, et vient sortir par la plaie abdominale. On peut même se contenter de tamponner les culs-de-sac du péritoine, à la manière de Mikuliez, sans mtroduire de gaze dans la matrice.

Merz (1) à réuni 15 observations de laparotomie avec traitement de la plaie utérine par le tamponnement ou le drainage sans suture, il y a eu 8 succès ; soit 53,3 0/0 de guérisons.

Notre statistique porte sur 25 cas de rupture de la matrice traitées par la laparotomie sans suture, 14 femmes ont guéri ; soit 56 0/0 de guérisons.

Cette méthode de traitement bénéficie surtout des avantages que lui procure la laparotomie. Elle permet de faire l’hémostase parfaite de la plaie et de s'opposer, dans certaines limites, à la production d’une infection péritonéale par une toilette minutieuse de la grande séreuse abdominale. Ce sont là évidemment des avantages sérieux qui méritent d’être pris en considération, et qui classent la laparotomie sans suture au nombre des quelques interventions de choix dont sont justiciables les so plètes.

Malgré tout, nous ne pensons pas qu'il soit prudent de laisser la plaie utérine sans suture quand on a décidé de conserver l'organe. Le double tamponnement intra et extrautérin, préconisé dans le but d'obturer la solution de continuité accidentelle de la matrice par rapprochement et affrontement mécaniques des deux lèvres, ne nous paraît pas réunir des conditions de sécurité suffisantes : la femme reste exposée à une infection secondaire qu'il faut éviter à

tout prix.

(4) Merz, loc. cit.

IG

Si la suture est impossible à cause du mauvais état des lèvres de la plaie, le devoir de l'opérateur est de pratiquer sans retard l'hystérectome. |

Mais, s'il n’existe aucun délabrement considérable, si les bords de la rupture paraissent susceptibles d’une bonne réunion immédiate, / faut faire la suture utérine, qui, aux avantages de la laparotomie sans suture, joint celui de s'opposer plus efficacement à une infection ultérieure. D'ailleurs, après la suture de la déchirure, rien n'empêche, et il estmême recommandable, de faire en outre Le double tamponnement intra et extra-utérin afin de consolider la réfection de la paroi de l'utérus, et, en même temps, de mieux mettre la cavité péritonéale à l'abri de la pénétration des germes infectants.

se CHAPITRE HI

© Laparotomie avec suture.

La suture de l'utérus après rupture de l’organe fut faite pour la première fois par un chirurgien français, Lebas, de Mouilleron, en 1706, et son essai fut couronné de succès. — En Allemagne, Wrefel, de Gülsenbach, fit le premier des sutures utérines en 1826. — En Amérique, les D* Harris (1) et Mac Cormack (2) suivirent, plus tard, la voie qui leur avait été tracée, en France d’abord et en Allemagne ensuite, par Lebas et Wrefel. # ie

Ces auteurs reconnaissent à la suture utérine un double avantage : celui de s'opposer à la pénétration dans l’abdomen des matières infectieuses, et celui, non moins appréciable, de produire l’hémostase de la plaie. Le D' Harris conseille l'usage des sutures de fil d'argent pour arrêter l’hémorrhagie et en prévenir le retour. Au contraire, le D° Mac Cormack rapporte un cas de laparotomie pour rupture utérine, dans lequel il y avait une hémorrhagie constante provenant d'une déchirure en forme de crotssant, de trois pouces et demi de longueur ; il employa des sutures en soie phéniquée pour réunir les bords de l’ouverture et arrêter l'écoulement sanguin. La malade se remonta rapidement, mais elle mourut d'une pneumonie

accidentelle le vingt-quatrième Jour.

Nous pensons, avec Mac Cormack, que les sutures uté-

(1) Harris, Am. Journ. of med. Sciences, vol. LXXIV, p. 464. (2) Mac Coruack, Am. Journ. of Obst., vol. XII, p. 329.

Page 1